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Full text of "Découverte de la véritable cause des flux & reflux des mers : basée sur la force centrifuge des corps, contradictoirement au système d'attraction"

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DECOUVERTE DE LA 
VERITABLE CAUSE DES 
FLUX ET REFLUX DES 
MERS BASEE SUR LA 
FORCE CENTRIFUGE 
DES CORPS, ... 

Antoine Déryaux 


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DÉCOUVERTE 

De la vcriuDle eaase des 

FLUX & REFLUX 

DES MERS. 


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viKNNf;. — iwi'RiMEiiir £T i.nHocn.uiirF. i 


. TIMON. 


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3 

DÉCOUVERTE 

DE LA VÉRITABLE CAUSE DES 


FLUX & REFLUX 


DES MERS 

Basée sur la force centrifage des corps, contradictoirement 
au système d'attraction, 

PAR 

Antoine DERYAUX. 

QE VIENNE 

CETTE IMPORTANTE DECOUVERTE OUVRIRA DES VOIES 
NOUVEI.UES A LA SCIENCE ET AURA d'uTILITÉ POUR LA 
SÉCURITÉ DE LA NAVIGATION. 


PRIX : 2 francs. 


PARIS 

CHEZ I 

(.AlTHIEB-VIllARD, S' de Hallet-Bacbelier, | 

Quai des Craods-.VugusIins, 5j. 


CUEZ 

Tenve JULES REliOlARI 

Rue de Tournon, 6. 


yl O UT 1871. 


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• 1 



Le dépôt des exemplaires voulu ayant été fait, cet ouvrage 
est la propriété de l'auteur. Les contrefacteurs, ou débitants de 
contrefaçons, seront rigoureusement poursuivis d'après la loi. 


V 



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PRÉFACE. 




M’étant aperçu que les systèmes usités pour expliquer 
la gravitation universelle des corps laissaient beaucoup 
à désirer, j’ai pensé que, malgré le respect qu’on doit 
avoir pour les règles établies par d’illustres prédéces- 
seurs, il est permis de chercher s’il n’existe pas des 
moyens propres à mieux faire connaître qu’on ne l’a 
fait jusqu’à ce jour par quelle loi les corps célestes con- 
servent entre eux leurs distances respectives, tout en ayant 
une tendance à se précipiter les uns contre les autres. 

A force d’études, en me basant sur les mouvements 
qu’on voit effectuer aux planètes par rapport au soleil, 
qui est leur centre de gravitation, ainsi que sur ceux 
qu’on voit exécuter à la lune par rapport à la terre, qui 
est également le point d’appui du globe lunaire, j’ai cru 
reconnaître que le premier et véritable mobile de la 
matière, c’est la force centrifuge des corps en général. 

Par cette force, tous les corps, grands et petits, ten- 
dent à prendre le plus de dévelop])ement possible, et 

1 


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— 0 — 


l’ensemble de la matière agissant par réaction tend cons- 
tamment à diminuer les grandeurs de place qu’occupent 
dans l’espace les corps particuliers. 

Par la force centrifuge des corps, qu’on peut appeler 
répulsive ou impulsive, on se rend compte comment les 
corps célestes inférieurs sont tenus à distance de leurs 
supérieurs, tout en étant constamment poussés vers leur 
centre de grvaité. 

Lorsque la chute d’une pomme fit imaginer à Newton 
une puissance attractive universelle, par laquelle les gros 
corps attiraient les petits, le célèbre mathématicien anglais 
ne tarda pas à s’apercevoir que cette puissance d’attraction 
réunirait toutes les planètes au, soleil et ne formerait plus 
qu’une seule masse. 

Pour remédier à cet inconvénient. Newton imagina 
aux planètes une force de projection qui tendrait 
à leur faire suivre ime ligne droite , et que cette 
ligne serait déviée par l’attraction du soleil, qui ferait 
décrire des curvilignes aux planètes. 

Ce système très-ingénieux séduisit tous les penseurs, 
et les fit dévier de la voie qu’ils auraient pu suivre pour 
découvrir la vérité. i 

La force de projection en ligne droite que Newton a 
supposée aux planètes n’étant démontrée par aucune 
raison plausible, cette force, ainsi que beaucoup d’autres 
imaginations pour faire concorder les causes avec les 
faits, sont des œuvres dignes d’un génie supérieur, mais 


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I 


— 7 — 

'elles ne peuvent pas prévaloir contre la vérité, surtout 
lorsque cette vérité se nianifeste dans tous les corps 
célestes et terrestres. ’ 

Ce qui a fait imaginer que les corps possédaient la * 
propriété de s’attirer mutuellement, c’est parce qu’on a 
remarqué que ceux placés entre la terre et son atmos- 
phère avaient tous une tendance à rejoindre le sol ter- 
restre ; alors on a dit : la terre, qui est lé Corps le plus 
gros, attirant tous ceux qui l'environnent, ce doit être une ' 
règle générale pour tous les corps célestes et terrestres : 
les gros corps doivent nécessairement attirer les petits’. 

J 

On a dit cela parce qu’on n’a pas pensé à la compression 
de l’ensemble de la matièrej qui tend constamment à 
diminuer les grandeurs de place qu’occupent dans l’es- 
pace les corps particuliers, et que, par ce fait, les centres 
de gravité, au lieu d’avoir la propriété d’attirer à eux les 
corps inférieurs qui les entourent, ont celle de les tenir à 
l’écart par leur force centrifuge, expansive ou répulsive. 

Pour être dans le vrai, au lieu de poser comme prin- 
cipe que les corps s’attirent généralement, c’est l’inverse 
que Newton aurait dû dire, parce qu’en examinant la loi 
immuable de la nature on voit que, au lieu de s’attirer 
mutuellement, tous les corps, grands et petits, ont une 
tendance à se repousser plus ou moins, suivant leur orga- 
nisation physique, et cela d’après leur force centrifuge, 
(ju’ou peut appeler, comme je l’ai dit plus haut, expan- 
sive ou répulsive. 


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i 


— 8 — 

Pour bien faire comprendre <%tte vérité, je vais expli- 
quer succinctement comment agissent dans la matière, 
d'après les positions respectives des corps terrestres et 
célestes, les deux forces opposées connues sous les noms 
de force centrifuge et force centripète. 

Après ces explications, je démontrerai quelles sont les 
véritables causes des flux et reflux des mers, et j’epère 
que s’il restait quelques doutes en faveur du système 
d’attraction, la démonstration des véritables causes des 
marées fera totalement disparaître ces doutes. 

Je dis cela parce que la cause des flux et reflux des 
mers dépendant des corps étrangers au globe terrestre, 
on peut matériellement vérifier sur la terre quelle est la 
véritable influence qu’exercent ces corps pour faire sou- 
lever et abaisser alternativement les eaux des mers des 
deux côtés de la terre à la fois. 


I 


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_ 0 — 


DISSERTATION SUR LES DEUX FORCES OPPOSÉES CONNUES SOUS 

LES NOMS DE FORCE CENTRIFUGE ET FORCE CENTRIPÈTE. 

En examinant les deux forces centrifuge et centripète, 
on voit qu’il y en a une qui n’est que la conséquence de 
l’autre, parce que la matière ne peut pas exercer deux 
puissances opposées ; elle ne peut avoir qu’un mobile, 
qui s’étend jusqu’à ce qu’il roncontre une résistance 
suIBsante pour le renvoyer par réaction. 

En observant comment s’effectue le premier mobile 
de la matière, on voit que l’agent primitif qui provoque 
l’expansion et les mouvements, c’est la force centrifuge 
partant du centre des corps à leur extérieur. 

Ainsi que je l’ai dit dans ma préface, cette force cen- 
trifuge, qu’on peut appeler expansive ou répulsive, est 
cause que, généralement, dans la nature entière, tous 
les corps, grands et petits, tendent à prendre le plus de 
développement possible, suivant leur organisation phy- 
sique, et l’ensemble de la matière, agissant par réaction, 
tend constamment à' diminuer ou à' comprimer les 
places qu’occupent dans l’espace les corps particuliers. 

La force centrifuge des corps dépend d’un agent actif 
composé de diverses matières impondérables connues 
sous différents noms, tels que fluide calorique, lumière, 
fluide électrique, fluide magnétique, etc., etc. Je n’ai , 
pas assez de connaissances en physique et en chimie 


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lü — 


pour énumérer tout ce qui compose la matière subtile et 
inflammable qui, en provoquant la dilatation des corps, 
en augmente considérablement et rapidement les vo- 
lumes. 

La force centrifuge ou expansive des corps agit en tous 
sens, de bas en haut comme de haut en bas, à droite 
comme à gauche, et elle se trouve limitée par la résis- 
tance de la force centripète, qui la comprime également 
dans tous les sens. 

On se rend compte de cela par de simples expériences. 
Comme, par exemple, lorsque, par une chaleur sufTisante, 
un volume d’eau renfermé dans une chaudière se trouve 
dilaté et converti en vapeur, le développement que cette 
vapeur tend à prendre s’effectue dans tous les sens ; 
elle s’échappe par le tube qu’on lui a préparé, et si la 
force centrifuge de la vapeur est suffisante pour faire 
éclater la chaudière, faute d’issue pour l’épanchement, les 
éclats de ladite chaudière sont lancés dans tous les sens, 
à droite comme à gauche, en haut comme en bas, et ce 
n’est qu’aux endroits où ils éproüvent trop de résistance 
qu’ils ne vont pas. 

Il en est de même d’une bombe qui éclate, on de la 
décharge d’une arme à feu. Si quelques obstacles empê- 
chent le projectile de prendre son essor par l’ouverture 
du canon de l’arme, il s’ensuit que la charge, tendant à 
prendre son élan dans tous les sens, repousse violemment 
la main ou l’affût qui la porte, et qu’elle éclate vers sa 


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partie la plus faible, dessus ou dessous, à droite comme 
à gauche. 

La force centrifuge ou expansive agissant dans tous 
les sens, il s’ensuit que, en s’agrandissant, les corps pren- 
nent tous une forme sphérique lorsque leur entourage est 
d’une égale flexibilité. 

On a la preuve évidente de cela par une expérience 
bien simple : lancez un globule de savon dans l’espace, 
ce globule prend une forme ronde parce que l’ex- 
pansion de la matière qui le remplit agit en tous sens 
contre une matière d’égale flexibilité, et les molécules de 
l’atmosphère qui le compriment lui opposent aussi une 
résistance égale de toutes parts. 

Cette simple expérience explique pourquoi les corps 
célestes ont tous une forme sphérique, et il est certain 
que, comme pour les ballons, leur intérieur est composé 
de matières inflammables, et leur enveloppe de matières 
solides plus ou moins denses. 

force centrifuge ou expansive n’ayant pas deux 
manières d’agir, elle produirait les mêmes effets pour le 
développement des corps terrestres que pour celui des 
corps célestes si les corps terrestres ne rencontraient 
pas des inégalités dans la résistance qui s’oppose à leur 
développement. 

On voit cela par les fruits suspendus librement par 
leur tige, les troncs des arbiv», etc., etc. ; tous les corps 
dans la nature prennent une forme ronde lorque ces 


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- 12 — 


corps rencontrent une résistance égale en tous sens, et 
qu’ils n’éprouvent aucun tiraillement capable de contra- 
rier leur développement. 

Celte loi est si vraie, qu’elle se trouve partout, jusque 
dans les plus petite molécules de la matière : ainsi, le 
sang qui circule dans les veines et artères des animaux 
de toutes espèces est formé de petits globules ronds ; le 
vin mousseux ne tend à s’échapper du vase qui le con- 
tient que par la fermentation de petits globules ronds 
qui, par leur force centrifuge et expansive, tendent à 
occuper le plus déplacé possible; l’eau gazeuse, la bière, 
etc., etc., tous ces liquides contiennent des petits glo- 
bules ronds, parce que la force centrifuge qui fait prendre 
du développement à ces globules agit en tous sens, et que 
la résistance que le liquide oppose à ce développement 
est auæi égale en tous sens. 

Résumé : Tous les corps, grands et petits, qui com- 
posent l’ensemble de la matière, depuis les plus petites 
molécules terrestres jusqu’aux grands astres de pre- 
mière classe, tous les corps en général, dis-je, tendent à 
prendre le plus de développement possible dans l’espace 
par leur force centrifuge ou expansive, et l’ensemble de 
la matière, agissant par réaction, tend constamment à 
diminuer ou comprimer l’étendue de volume que ten- 
dent à prendre les corps particuliers. 

De ce fait il résulte, ainsi que je l’ai déjà dit, que 
les corps célestes inférieurs sont tenus à distance par 


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— 13 - 


leurs supérieurs, et sont constamment poussés vers leur 
centre de gravité par l’ensemble de la matière. 

La force centripète ou compressive a lieu sur les corps 
particuliers par l’ensemble des corps en général, qui, aux 
regards des hommes, n'a ni fin, ni cotAmencement, et a 
son centre partout. 

Je dis que l’ensemble des corps qui figurent dans le 
firmament est un objet infini pour l’homme, parce que 
le nombre des astres est incalculable, puisqu’on ne peut 
pas préciser jusqu’à quelle distance il y en a. 

En supposant qu’on parvînt à préciser combien on 
peut voir d’étoiles à l’œil nu, on ne pourrait pas savoir 
le nombre de celles qu’on pourrait encore découvrir à 
l’aide d’un bon télescope; et quand même on parvien- 
drait à déterminer ce nombre, il n’y a pas de raison 
pour admettre qu’un observateur placé sur l’étoile la 
plus éloignée de celles qu’on pourrait apercevoir avec un 
bon télescope, n’en vît pas d’autres du côté qui nous est 
opposé. 

Par ces motifs, on peut conclure que jamais les hommes 
ne parviendront (quelle que soit la perfection de leurs 
instruments d’optique) à préciser le nombre des étoiles, 
ni à mesurer l’espace; ces objets seront toujours indéfi- 
nissables pour eux. 

Il n’en sera pas de même à l’égard du sens de la gra- 
vitation des corps, car la terre faisant partie du système 
solaire, et étant le centre de gravité de la lune, les hommes 


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— U — 


peaveut facilement observer comment s’eflectue la gravi- 
tation des planètes par rapport au soleil, ainsi que le 
sens de gravitation de la lune par rapport à la terre. 

Pour faciliter cette observation, il suffit de classer les 
corps célestes dans leur ordre respectif, d’après ce qui 
se voit et qui a été reconnu par la science. 


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CLASSIFICATION DES COBPS CÉLESTES. 

En admettant, ce qui est à peu près certain, que le 
soleil ne peut figurer dans le firmament que comme un 
astre de deuxième classe, les corps célestes connus 
des hommes seraient divisés en quatre classes et dans 
l’or^ suivant : 

« 

1® Les grandes étoiles fixes. 

2“ r^es soleils, comme celui qui est le centre de gravité 
des planètes. 

3® I/es planètes qui font partie du système solaire, 
telles que la Terre, Jupiter, Saturne, etc., etc. 

4® Et enfin, les satellites ou lunes des planètes, tels 
que les quatre satellites de la planète Jupiter, la lune de 
la terre, celles de la planète Saturne, de la planète 
Lranus, etc., etc. 

Il est possible que les corps célestes qui ne font pas 
partie du système solaire, et qui, par conséquent, sont 
trop éloignés de la terre pour que les hommes puissent 
s’en rendre compte, il est possible, dis-je, qu’il y ait des 
corps célestes divisés en plus ou moins de classes que 
ne le sont ceux qui font partie du système de notre soleil. 
Néanmoins, quelle que soit la multiplicité de leur décli- 
naison, ils doivent être tous soumis à la même loi pour 
la gravitation, attendu que la matière ne peut pas avoir 
deux manières d’agir. 


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11 y a encore un genre de corps célestes connus sous le 
nom de comètes, mais ces astres (qui parfois entrent dans 
le système planétaire) ne peuvent pas former une nou- 
velle classe de corps célestes, car ils doivent être rangés 
dans la troisième catégorie comme les planètes faisant 
partie du système solaire, avec la différence que, par 
l’etcentricité de leur organisation physique, les comètes 
traversent le système solaire en tous sens en croisant 
les cercles que parcourent les planètes autour du 
soleil. 


N 


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DISSERTATION Sl'R LA NATVHE DES CORPS CÉLESTES CONNUS 
SOUS LE NOM DE COMÈTES. 


Les comètes doivent être des corps étrangers au sys- 
tème solaire, lesquels corps auraient été déposés par quel- 
ques systèmes voisins au système planétaire; et voici sur 
quoi je fonde cette hypothèse. 

I.e8 planètes qui font partie du système solaire, telles 
que la Terre, Jupiter, Saturne, etc., ces planètes exécu - 
tent leur révolution périodique autour du soleil en res- 
tant prcèqu’aux mêmes distances de cet astre, suivant 
leur densité ; elles se rapprochent et s’éloignent alterna- 
tivement du globe solaire, mais d’une manière peu sen- 
sible ; elles ne croisent pas pour cela les cercles parcourus 
par d’autres planètes, comme font les comètes, car ces 
derniers astres extraordinaires, partant des régions exté- 
rieures du système solaire, s’avancent presque en ligne 
droite au centre dudit système, et viennent quelquefois 
passer entre Vénus et Mercure. 11 y en a qui, parfois, 
passent entre Mercure et le globe solaire, et il est même 
probable que quelques-unes sont tombées sur le soleil. 

J’émets cette dernièré opinion parce que parmi les 
comètes qui ont croisé le système planétaire il y en a 
qu’on c’a jamais revues, et cela peut venir de ce qu’elle. 


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auraient été poussées jusque sur le soleil, sur lequel elles 
seraient restées. 

Parmi les comètes il y en a qui se sont fixées dans le 
système solaire d’une manière à y rester éternellement, 
et exécutent des révolutions périodiques en se portant 
alternativement du centre du système planétaire à l’exté- 
rieur, et de l’extérieur au centre. 

Pour bien faire comprendre d’où vient l’excentri- 
cité des mouvements des comètes ( d’après ma ma- 
nière devoir), je supposerai qu’il soit possible d’enlever 
la terre’ de la. place qu’elle occupe dans le système 
solaire, et qu’au lieu de la laisser drculer autour du 
soleil, à une distance moyenne de trente-quatre 
millions et cinq eent mille lieues (distance qui est 
en rapport avec la . densité du globe terrestre), on trans- 
porte la planète la Terre dans les régions extérieures 
du système solaire, comme, par exemple, sur les cercles 
que parcourent Uranie ou Neptune. 

11 est certain que le globe terrestre, ’ placé à cette 
distance du soleil, ne décrirait plus autour de cet 
astre un cercle presque circulaire, mais une hyperbole 
très-allongée, comme celle que décrivent les comètes. 

Je fonde ce raisonnement sur ce que, d'après sa 
densité, la ferre traverserait, en ligne presque droite, 
l’atmosphère du système solaire, pénétrerait au centre 
de ce dernier autant que le lui permettrait l’impulsion 
de' son poids, et irait jusqu’à ce que le soleil lui 


Di.jiii'e!:! i , Guook 


— 19 — 


opposât assez ‘de résistance par sa force centrifuge 
répulsive et impulsive pour faire circuler le globe 
terrestre autour de son corps et le relancer à l’ex- 
térieur de son système. 

Par cette explication on voit que le déplacement 
de la terre dans le système solaire la mettrait dans 
le cas de dépasser les limites qui lui sont assignées 
dans le système planétaire d’après sa densité, et cela 
à cause de l’impulsion que lui donnerait son propre 
poids, comme aussi , une fois trop avancée au centre 
du système solaire, le globe terrestre ne serait pas 
assez pondérable pour se maintenir à aussi peu de 
distance du soleil, et il serait relancé en dehors du 
cercle qu’il doit parcourir ; ainsi de suite. Une fois 
l’équilibre rompu, la terre oscillerait dans le système 
solaire en allant alternativement du bord au centre 
de ce système, et du centre au bord, comme font 
les comètes qui se sont fixées dans le système 
planétaire. 

Ainsi que je l’ai dit (page 17), les comètes étant 
des corps étrangers au système solaire, qui auraient 
été déposés dans ce dernier système par quelque sys- 
tème voisin, leur densité ne se trouvant pas en rapport 
avec la résistance qui existe à l’extérieur du système 
planétaire, il s’ensuit que lesdites' comètes pénètrent 
plus ou moins au centre de ce dernier système, allant 
alternativement de l’extérieur au centre, et du centre 


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à 1 extérieur, absolument comme ferait la terre si, 
comme je l’ai dit plus haut, on pouvait la trans- 
porter dans les régions extérieures du système solaire. 


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ÏXPLICATION Sl'R CE QUI A FAIT CBOIRF. QUE LE SOLEIL n'eST 
PAS UN ASTRE DE PREMIÈRE CLASSE. 

Ce qui a fait supposer que notre soleil ne doit pas être 
un astre de la même catégorie que les grandes étoiles 
fixes, c’est parce qu’on a reconnu que le disque du soleil 
cesserait d’être aperçu à l’œil nu si on l’observait d’une 
distance cent mille fois moins grande que celle qui nous 
sépare de la plus rapprochée des étoiles fixes. 

On a eu cette opinion en voyant qu’en quel endroit 
que se trouve la terre dans le courant d’une année, 
qu’elle soit en conjonction ou en opposition par rapport 
à une étoile fixe quelconque, ce qui fait une énorme dif- 
férence de distance, cette différence de distance n’a au- 
cune influence aux regards des hommes, qui pe voient 
cette même étoile ni plus grosse, ni plus radieuse. 

Par une simple opération géométrique, à l’égard de 
l’étoile polaire, on reconnaît les distances incalculables 
qui doivent séparer les étoiles du système solaire, ainsi 
que les grandeurs extraordinaires que doivent avoir les 
disques de ces étoiles. 

Que l’on observe l’étoile polaire en mars ou en sep- 
tembre (ce qui fait un déplacement à la terre d’environ 
70 millions de lieues), on voit toujours cette étoile en ligne 
directe avec l’axe de la terré. 

Cela prouve que. pour un observateur placé sur ladite 


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étoile polaire, l’élipse que parcourt le globe terrestre 
autour du soleil en une année n’occuperait pas dans 
l'espace un millimètre d’étendue, quoiqu’ayant un dia- 
mètre d’environ 70 millions de lieues. 

Cela démontre également que le disque de l’étoile 
polaire serait beaucoup trop large pour passer entre le 
soleil et la terre, tout comme le disque du globe solaire 
serait beaucoup trop gros pour passer entre la terre et la 
lune. 

Ce que je viens d’expliquer au sujet de la nature des 
comètes, ainsi que le rang que doit occuper le soleil 
parmi les corps célestes, ne sont que des conjectures 
plus ou moins vraisemblables, mais je devais donner ces 
explications pour éviter la confusion au sujet des places 
respectives que doivent occuper les corps célestes dont 
les puissances sont superposées. 

Que les comètes fassent partie du système solaire ou 
non, elles ne peuvent pas former une nouvelle classe de 
corps célestes; elles doivent, ainsi que je l’ai déjà dit, 
être rangées parmi les planètes; comme aussi, que le 
soleil soit un astre de la même catégorie que les étoiles 
fixes, ou qu’il ne soit qu’un astre de deuxième classe, cela 
ne change rien à la manière dont agissent les forces des 
corps particuliers, ainsi que celles de l’ensemble de la 
matière. Seulement, si le soleil pouvait être classé parmi 
les étoiles fixes, il n’y aurait de connues que trois puis- 
sances superposées, tandis que si (comme toutes les appa- 


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- 23 — 


rences le font prévoir) le globe solaire ne doit figurer 
dans le firmament que comme un astre de deuxième 
classe, il y a quatre puissances superposées parmi les 
corps célestes connus des hommes. Mais, je le répète, cela 
ne change absolument rien à la loi de la gravitation uni- 
verselle des corps. 

Cette loi est : que tous les corps terrestres et célestes, 
grands et petits, possèdent plus ou moins (suivant leur 
organisation physique) une puissance centrifuge qui 
tend à leur faire occuper le plus de place possible dans 
l’espace, et l’ensemble de la matière tend constamment, 
par réaction, à diminuer ou comprimer le développement 
que tendent à prendre les corps particuliers. 


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INDICATION DES POSITIONS Qu’oCCCPENT LES COEPB CÉLESTES 
LES UNS PAE EAPPOBT AUX AUTRES. 

Les astres étant divisés en quatre classes, et les étoiles 
fixes étant considérées comme faisant partie de la pre- 
mière, il s’ensuit : 

1 “ Que les satellites ou lunes des planètes sont appuyés 
sur les forces centrifuges ou expansives de leurs planètes 
supérieures. 

2“ Que les planètes supérieures, ainsi que tout ce qui 
fait partie de leur système (1), sont appuyées sur les 
forces centrifuges des soleils. 

3“ Que les forces centrifuges des soleils (semblables 
à celui qui occupe le centre du système planétaire dont 
la terre fait partie) sont appuyées sur les forces centrifuges 
des grandes étoiles fixes, qui sont elles-mêmes les véri- 
tables soleils. 

4“ Et enfin, que les forces centrifuges expansives et 
impulsives des grandes étoiles fixes sont appuyées les 
unes contre les autres. 

Par ces explications, on comprend comment les 
grandes étoiles fixes forment la base fondamentale du 
grand édifice de la nature, qui, aux regards des hommes. 


(1) Ce qui fait partie du système d'une planète, ou de n'importe quel corps 
n'Ieste, c'est leur atmosphère, ainsi que leurs satellites, ceux qui en ont. 


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— 25 

n'a ai Ha, ni coinniencenient, et dunt le eeiilrc eat 
partout. 

De prime abord on trouvera peut-être extraordinaire 
que la force centrifuge des grandes étoiles fixes puisse 
tenir à d’aussi grandes distances des globes immenses, 
tels que le soleil et tout ce qui fait partie de son système. « 

mais en pensant à ce qui se passe sur la terre, en réflé- 
chissant aux effets de la poudre, de la vapeur, de l’élec- 
tricité, etc., etc., on comprendra qu’il n’est pas étonnant 
que la force centrifuge d’un corps inflammable ayant un 
diamètre de plus de cent millions de lieues (1) soit de 
nature à tenir à l’écart des grands corps célestes, quand 
on voit qu’un peu d’eau en ébullition, ou l’inflammation 
de quelques grains de poudre, suffit pour faire éclater 
des corps solides et lancer des projectiles à de grandes 
distances par des vitesses extraordinaires, et surtout 
quand on considère la vitesse avec laquelle l’électricité 
franchit les distances. 

Que notre soleil soit arc-bouté contre' des étoiles qui 
lui sont supérieures, ou qu’il soit lui-même une étoile 
fixe arc-boutée contre des corps célestes de sa même 
nature, cela ne change absolument rien au sens de la 
gravitation des planètes par rapport au globe solaire. 


(t) Il est snalogiquemrnt démontre par la seienre que le disque des 
grandes étoiles fîses peut avoir plus de cent millions de lieues de dia- 
mètre. 


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ni à celui des satellites ou lunes par rapport aux pla- 
nètes. 

Ainsi donc, sans s’inquiéter du nombre des étoiles 
fixes, ni de l’étendue d’espace qu’elles occupent, les 
hommes sont persuadés qu’il y en a assez autour du soleil 
pour tenir son système arc-bouté de toutes parts, et ils 
peuvent se rendre compte comment les corps particuliers 
tendent généralement à prendre le plus de développe- 
ment possible dans l’espace par leur force centrifuge^ et 
aussi comment l’ensemble de la matière, agissant par 
réaction, tend constamment à diminuer ou comprimer 
le développement que tendent à prendre dans l’espace les 
corps particuliers. 

Les corps disséminés dans l’espace représentent une 
grande réunion dans un lieu quelconque, où chaque 
individu tend à se faire le plus de place possible par sa 
force centrifuge, et se trouve comprimé par la foule. 


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DISSERTATION STR LES MOTVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ 
AUTOUR DE LEUR SUPÉRIEUR. 

I.ÆS centres de gravité circulent autour de leur supé- 
rieur comme un seul corps en emportant avec eux tout 
ce qui fait partie do leur système, comme, par exemple, 
les planètes Saturne, Jupiter, la Terre, etc., etc. Toutes 
les planètes qui font partie du système solaire circulent 
autour du soleil en emportant avec elles leur satellite, 
celles qui en ont. 

Dans le cas où, comme il est fort probable, il circulât 
autour des étoiles de première classe des quantités de 
systèmes semblables au système solaire dont la terre fait 
partie, ces grands centres de gravité de deuxième 
classe circuleraient autour de leur supérieur en empor- 
tant avec eux tout ce qui fait partie de leur système, et 
ils effectueraient des révolutions périodiques en plus bu 
moins de temps, selon leur distance de l’étoile fixe autour 
de laquelle ils graviteraient mutuellement. 

Cela expliquerait pourquoi, à certaines époques, on a 
vu des étoiles apparaître et disparaître en quelque 
temps. Ces étoiles passagères pourraient être des centres 
de gravité de deuxième classe semblables à notre soleil, 
et qui circuleraient autour de la même étoile fixe. 

En étant voisins à notre système solaire, et plus ou 
moins éloignés de l’étoile fixe que le soleil, il s’ensuivrait 


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- ‘28 — 


que ces centres de gravité pourraient être aperçus par 
les habitants de la terre lorsqu’ils croiseraient le sys- 
tème planétaire en circulant plus ou moins vite que le 
soleil autour du centre commun. 

Tout cela sont des hypothèses plus ou moins pro- 
bables dont on pourra se rendre compte par la suite des 
temps ; mais ce qui est bien positif, c’est que les centres 
de gravité circulent en masse comme un seul corps 
autour de leur supérieur, et que la vitesse de leur mar- 
che augmente dans les proportions de leur rapproche- 
ment du corps supérieur autour duquel ils gravitent. 

Par la même raison que la vitesse de la marche des 
centres de gravité augmente dans les proportions de 
leur rapprochement du corps supérieur autour duquel 
ils gravitent, il s’ensuit naturellement que cette même 
vitesse diminue dans les proportions des distances aux- 
quelles ces mêmes centres de gravité sont tenus par la 
force centrifuge du corps supérieur qui est leur point 
d’appui. 

Je me suis rendu compte de cela en comparant les 
distances des planètes au soleil et les temps qu’elles 
emploient pour effectuer leurs révolutions périodiques 
autour de cet astre. 

Par ces comparaisons j’ai reconnu que le carré des 
distances des planètes au soleil occasionne le cube des 
temps de leurs révolutions périodiques autour de cet astre. 


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— 29 — 


En faisant les comparaisons des temps et des distances 
sur plusieurs planètes, j’ai trouvé des accords parfaits 
entre le carré des distances et le cube des temps ; en 
d’autres termes , j’ai reconnu que la racine carrée 
extraite de la distance supérieure d’une planète repré- 
sente la racine cubique des temps également supérieurs. 

Exemple. 

La planète Neptune est 36 fois plus éloignée du soleil 
que la terre, et elle emploie 216 ans pour faire sa révo- 
lution de translation, d’occident en orient, autour du 
soleil, ce qui fait 21 6 fois le temps qu’emploie la terre 
pour accomplir cette même révolution. 

En extrayant la racine carrée de 36 on trouve le 
nombre 6, et en extrayant la racine cubique de 21 6 on 
trouve également le nombre 6. 

En renouvelant cotte même opération sur la planète 
Saturne, qui est 1 3 fois plus éloignée du soleil que la 
planète Vénus, et emploie 48 fois le temps qu’emploie 
Vénus pour faire sa révolution, d’occident en orient, 
autour du soleil, on voit qu’en extrayant la racine 
carrée de 13 on trouve le nombre 3 et 7/10**, et en 
extrayant la racine cubique de 48 on trouve également 
le nombre de 3 et 7/1 0". 

En faisant cette même opération sur toutes les pla- 
nètes qui font partie du système solaire on obtiendrait 
absolument ce même résultat, car la planète Jupiter 


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— 30 — 

emploie 1 1 fois 87 centièmes de fois plus de temps que 
la terre pour accomplir sa révolution périodique autour 
du soleil, et elle est 5 fois 14 centièmes de fois plus 
éloignée du soleil que le globe terrestre. 

En extrayant la racine cubique de 1 1 ,87 on trouvera 
le nombre 2,27, et en extrayant la racine carrée de 5 
et 1 4 on trouve également le nombre de 2,27. 

Cette coïncidence qui a lieu sur toutes les planètes qui 
font partie du système solaire ne pouvant pas être l’effet 
du hasard , clic a nécessairement une cause, et cette 
cause vient de ce que, ainsi que je l’ai déjà dit, à mesure 
qu’une planète s’éloigne du soleil, la vitesse de sa mar- 
che autour de cet astre diminue dans la proportion de 
son éloignement. 

A l’appui du ralentissement de vitesse d’une planète 
qui s’éloigne du soleil, il faut encore faire la part de 
ce que le cercle qu’elle parcourt autour de cet astre est 
autant de fois plus grand qu’elle en est de fois plus 
éloignée. Celte augmentation de grandeur de cercle occa- 
sionne une prolongation de parcours et nécessite une 
nouvelle prolongation de temps qu’il faut ajouter à 
celle occasionnée par le ralentissement de vitesse de la 
planète. 

Cela explique pourquoi une seule multiplication de 
distance d’une planète au soleil suffit pour occasionner 
deux multiplications de temps, et cela indique parfaite- 
ment la cause pour laquelle le carré des dislances des 


S 


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— 31 — 


planhles au soleil occasionne le cube des temps de leur 
révolution périodique autour de cet astre. 

Cette découverte peut être de quelque utilité aux 
astronomes ; car, en sachant que le carré des distances 
des planètes au soleil occasionne le cube des temps de 
leur révolution périodique autour de cet astre, on peut 
facilement calculer quelle est la distance d’une planète 
au soleil lorsqu’on sait seulement le temps qu’elle 
emploie pour en faire le tour, comme aussi lorsqu’on 
connaît seulement à quelle distance du soleil se trouve 
une planète on peut facilement calculer combien il lui 
faut de temps pour accomplir une de ses révolutions 
périodiques autour de cet astre. 

Exemple. 

Si, comme je le présume, il existe encore une planète 
dans le système solaire, située au delà de la planète 
Neptune, et que cette planète, inconnue Jusqu’à ce Jour, 
soit, comme Je le crois, à une distance de 2,026,030,500 
lieues du soleil, il s’ensuivrait que cette planète supposée 
emploierait 454 ans pour accomplir sa révolution pério- 
dique autour de cet astre. 

Il en serait ainsi^ parce qu’en étant à la distance indi- 
quée plus haut, cette planète imaginaire, que J’ai 
appelée Janus (1), se trouverait 59 fois plus éloignée du 


(1) La planète Janu;( est un eorps céleste dont je soupVonme l’existence 
aux confins du système solaire, et je l’ai ainsi nomméo à couse de la posi- 
tion qu’elle occuperuil par rapport au soleil. 


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1 


- 32 — 

* 

^ soleil que la terre, et elle emploierait 454 fois le temps 
qu’il faut au globe terrestre pour accomplir une de ces 
révolutions autour du soleil. 

Je dis cela parce qu’en extrayant la racine carrée du 
nombre 59 on trouve le nombre de 7 7/10", et en 
extrayant la racine cubique de 454 on trouve également - 
le nombre de 7 et 7/10". ' 

Je n’oCfre que comme probabilité l’existence d’une 
planète située dans le système solaire, et beaucoup plus 
éloignée du soleil que la planète Neptune, laquelle pla- 
nète n’aurait pas encore été découverte faute d’instru- 
ments assez puissants pour cela; et il est dans les choses 
possibles que cette planète se découvrira au moment où 
l’on s’y attendra le moins. 


Je ne suis pas sir do l'existence de celle planète dans le système 
solaire, mais ce que je donne pour certain, c'est que, d'après l'organi- 
sation des planètes, si , comme je le crois, il y en a encore une plus 
éloignée du soleil que la planète Neptune, il ne peut pas y en avoir deux. 

Je base ce raisonnement sur des combinaisons que j'ai faites sur la 
masse du soleil comparée avec celle de la terre et d'autres planètes fai- 
sant partie du système solaire, cl j'ai trouvé par des règles de proportion 
que la puissance solaire ne doit s'étendre, en moyenne, qu'à une distance 
de 2,026,030,500 lieues, et d'après celle étendue le système solaire ne 
peut contenir plus qu'une planète qui soit plus éloignée du soleil que la 
planète Neptune. 

Je fonde celle opinion sur ce qu'il ne me semble pas naturel qu'il reste 
une aussi grande place dans le système solaire sans être occupée par une 
planète dont le grand éloignement de la terre l'aurait, jus({u'à ce jour, 
rendue invisible aux astronomes faute de posséder des instruments assrr 
puissants pour la découvrir. 


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- 33 - 


Il est permis d’avoir cet espoir en voyant ce qui s'est 
passé à l’égard des planètes télescopiques situées entre 
les planètes Mars et Jupiter, car, en 1 846, les astronomes 
ne connaissaient, entre les planètes Mars et Jupiter, que 
quatre astéroïdes, appelés Vesta, Junon, Cérès et Pallas. 

En 1847 et en 1848, j’ai successivement publié deux 
brochures dont les dépôts des exemplaires voulus ont 
été faits et dans certains passages de ces deux opus- 
cules je disais qu’entre les planètes Mars et Jupiter il 
devait y avoir une multitude de petites planètes téles- 
copiques. 

MM. Jules Renouard et C“, libraires-éditeurs, de 
Paris, ainsi que M. Bachellier, de la même ville, ont 
exporté bon nombre d’exemplaires de ces deux brochures 
dans différentes parties du monde, et cela les a fait 
connaître. 

Les astronomes de divers pays ont profité de l’aver- 
tissement que j’ai donné : ils ont braqué leurs instru- 
meuts d’observation dans la direction du ciel que j’ai 
désignée, et, successivement, ils ont découvert une foule 
de petits astres situés entre les planètes Mars et Jupiter. 

En voyant que mes indications ont contribué à 
‘ l’agrandissement des connaissances du ciel , j’ai cru 
devoir continuer mes recherches sur l’astronomie, et, à 
cet effet, j’ai successivement, de 1848 à 1851, publié 
diverses brochures. 

Mes affaires commerciales ne me permettant pas de 


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— 31 — 


me livrer constamment et exclusivement aux études 
scientifiques^ je cessai pendant quelque temps mes 
recherches sur les positions et les mouvements des corps 
célestes. 

Néanmoins, ayant toujours conservé en imagination 
celte difficulté qu’offre le système d’attraction pour con- 
server les distances des corps célestes, et prévoyant que 
mes découvertes pouvaient être de quelque utilité, je 
pris sur mes moments de loisir le temps nécessaire 
pour faire des nouvelles études scientifiques, et, en 1 855, 
je fis j)araître une brochure intitulée : Découverte de la 
véritable astronomie basée sur la loi commune aux 
mouvements des corps. 

A la 125' page de cette brochure j’annonçais une 
éclipse de soleil qui devait apparaître cinq ans après, 
c’est-à-dire en 1860. 

D’après ma prédiction, cette éclipse devait être visible 
en France, et son milieu devait avoir lieu le 8 juillet 1 860, 
à 1 heure 41 minutes 1 6 secondes du soir. 

Ainsi qu’on peut encore s’en convaincre par les alma- 
nachs de l’année 1860, cette éclipse a eu parfaitement 
lieu à l’époque que j’avais indiquée, et cela a encore été 
pour moi un objet d’encouragement pour continuer mes 
études et en publier les résultats. 

En 1867, j’ai publié une autre brochure intitulée:'- 
Découverte de l’astronomie positive basée sur la loi com- 
mune aux mouvements des corps. 


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- 3r. — 


Dans celle dernière brochure j’indiquais des moyens 
pour prédire plus facilemenl les éclipses qu’on ne l'avail 
fait jusqu’alors ; et, pour que l’on comprenne bien les 
avantages de ma méthode , je fis, par une opération qui 
figure dans cette brochure, la prédiction de trois éclipses 
qui auront lieu en 1964. 

Afin qu’on n’ait pas aussi longtemps à attendre pour 
connaître la justesse de ma méthode, j’annonçais dans 
ce même ouvrage deux éclipses pour l’année 1 870. 

La première de ces deux éclipses devait être de lune, 
et son milieu devait avoir lieu le 12 juillet 1870, à 11 
heures 20 minutes 13 secondes du soir; l’autre devait 
être de soleil, et son milieu devait avoir lieu le 22 
décembre de la meme année, à 1 1 heures 24 minutes 
1 3 secondes du matin. 

Ces deux éclipses, que j’avais annoncées pour être 
visibles en France, sont positivement arrivées aux épo- 
ques que j’avais prédites, et les almanachs de l’année 
1 870 peuvent encore en fournir la preuve. 

Lorsque, en 1 867, je fis paraître cette dernière bro- 
chure, j’eus quelques contradicteurs parmi les profes- 
seurs qui suivent l’ornière dans laquelle est engagée la 
science astronomique, et comme dans cet opuscule il 
n’était” question que des choses qui se passent dans le 
ciel, il était impossible d’avoir des solutions positives au 
sujet de ce qui différait dans nos manières de voir. 

Il n’en sera pas de même aujourd’hui à l’égard des 


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•—30 — 


causes des flux et reflux des mers, attendu que ces causes 
peuvent matériellement so vérifier à la surface de la 
terre; et comme les marées dépendent des corps étrangers 
au globe terrestre, les connaissances des véritables 
causes des flux et reflux des mers peuvent matérielle- 
ment démontrer jusqu’à l’évidence si les corps s’attirent, 
comme l’a avancé Newton, ou si, au contraire, ils se 
repoussent par leur force centrifuge, comme je le 
prétends. 



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DÉCOUVERTE 

DE LA VÉRITABLE CAUSE 

DKS 

FLUX & REFLUX 

DES MEUS 


Basée sur la force centrifage des corps , contradictoirement 
an système d’attraction. 


DISSERTATION SUR LES PARTICULARITÉS DES Fl.fX ET REFLUX 
DES MERS. 

Pour faire la déinonstration des véritables causes des 
flux et reflux des mers, je m’appuierai sur les faits 
reconnus par la science ; je ne changerai absolument que 
les causes qu’on a attribuées à ces faits, parce que, jusqu’à 
ces jours, les causes des marées n’ont pas été comprises. 

Je dis que les véritables causes des flux et reflux des 
mers sont restées inconnues jusqu’à ce jour parce que, 
pour expliquer ces grands phénomènes de la nature 
par l’attraction, on a imaginé une foula de combinaisons 
très-ingénieuses, il est vrai, mais toutes plus impossi- 
bles les unes que les autres. 

I.ies flux et reflux des mers ayant lieu à la surface 
de la terre, on peut matériellement en vérifier les causes; 
et comme il y a deux sortes de marées qui ont lieu en 

3 


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I 


— 38 - 

temps différents, cela prouve que les eaux des mers 
obéissent à deux corps étrangers au globe terrestre. 

Pour se rendre compte de quels astres dépendent 
chaque marée, on a remarqué quels sont ceux qui, par 
leurs passages au-dessus des mers, concordent avec le 
temps que ces dernières emploient pour s’élever et 
s’abaisser des deux côtés de la terre à la fois. 

Ces remarques ayant été minutieusement faites, on 
a reconnu que l’une des marées, la plus petite, dé- 
pend des passages des mers au méridien, parce que 
ces petits flux et reflux s’accomplissent deux fois en 
24 heures. 

On a également observé que les flux et reflux les 
mieux prononcés, ceux qui sont beaucoup plus forts 
et absoii)ent les autres, dépendent des passages des mers 
sous la lune, parce que ces marées s’accomplissent 
deux fois en 24 heures 50 mioutes et 28 secondes, 
qui est la durée moyenne d’un jour lunaire. 

Par ce fait, les marées les mieux prononcées, les 
flux et reflux des mers qui absorbent les autres, retar- 
dent en moyenne de 50 minutes et 28 secondes par 
jour, qui sont le retard moyen de la lune ; et l’inter- 
valle entre deux pleines mers consécutives est de 12 
heures 25 minutes et 14 secondes. ' 

Ces coïncidences ont matériellement prouvé que les 
élévations et abaissements des mers>d^ndent do leur 
passage soit sous le soleil, soit sous la lutie. Main- 


Digiiij_c; Cîoogli; 


— 39 — 


tenant il s’agit de se rendre compte par quelle influence 
ces deux derniers astres produisent ces soulèvements 
et abaissements des eaux des deux côtés de la terre 
i la fois. 

Pour bien faire comprendre quelles sont les influences 
que peuvent avoir sur les mers soit le soleil, soit 
la lune, il contient d’entrer dans quelques détails sur 
les particularités qui occasionnent les plus fortes marées. 

On a reconnu que, généralement, lorsque la lune est 
en quadrature, les marées sont beaucoup moins fortes 
que lorsqu’elle est en syzygie ; mais une chose qui 
mérite d’être remarquée , c’est que la lune soit en 
conjonction (ce qui met le globe lunaire et le soleil 
du même côté de la terre ) , ou qu’elle soit en opposition, 
ce qui place les deux astres diamétralement oj)posés, 
les marées ne sont ni plus, ni moins grandes quand 
la lune est nouvelle que lorsqu’elle est au plein. 

Les marées sont plus fortes quand la lune est en 
syzygie que lorsqu’elle est en quadrature parce que, ' 
dans le premier cas, les puissances solaires et lunaires 
agissent ensemble, et, dans le second, ces puipances 
se neutralisent l’une çt l’autre. 

Une chose qui est aussi bien dqçae d’attention, c'est 
qu’on a r^narqué que les marées des ^stices sont 
inégales ; on a observé que si la lune supposée pleine on 
nonveüe passe aujourd’hui le plus près possible de 


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— 40 — 

notre zénith, son action sur nos mers, lorequ’elle par- 
viendra au méridien, sera aussi la plus puissante qu’il 
se pourra ; mais lorsqu’elle aura passé sous l’horizon 
et sera arrivée au méridien inférieur, la seconde marée 
qu’elle produira alors dans nos ports s’élèvera beau- 
coup moins que la première. 

On s’est aperçu que la configuration des terrains 
fait varier de beaucoup les élévations et abaissements 
des eaux, comme aussi les différentes positions qu’occu- 
pent les ports de la même branche de mer sont cause 
que la haute mer de la même marée arrive plus tôt 
dans les uns que dans les autres. 

On a observé que la haute mer arrive plus tôt à 
Uayonne qu’à La Rochelle, plus tôt à La Rochelle 
qu’à Brest, et à Brest plus tôt qu’à Dunkerque. Ces 
observations ont démontré que les marées avancent 
de l’équateur vers les pôles, et que la cause qui les 
produit a son siège entre les tropiques, puisqu’elle 
agit d’abord sur les eaux de la zone torride, pour se 
communiquer ensuite à celles qui sont dans les zones 
tempérées. 

Je n’entrerai pas dans des plus grands détails, parce 
que les particularités des marées ne sont pas toutes 
nécessaires pour indiquer quelles sont les véritables 
influences qu’exercent sur les mers soit la lune, soit 
le soleil ; seulement , je ferai encore remarquer que 
plus une mer a de l’étendue, plus elle est suscep- 


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— 41 — 


tible d’avoir des flux et reflux , pourvu , toutefois , 
qu’elle se trouve située entre les tropiques. 

D’après mon système, une mer qui n’a qu’une petite 
étendue ne peut pas avoir de flux et, reflux, parce 
qu’elle n’a pas une sphéricité assez prononcée pour 
que l’aplanissement de cette sphéricité fasse remonter 
ses eaux vers les hords. 

Pour qu’une petite mer puisse se ressentir des flux 
et reflux, quoique n’ayant pas une étendue sufBsante 
pour cela, il faut que ce soit des golfes communiquant 
avec les océans, et que ces golfes ne soient pas trop 
éloignés de l’équateur. 

Comme, par exemple, la mer Rouge, le golfe Per- 
sique, etc., etc., ces petites mers doivent se ressentir 
des flux et reflux de la mer des Indes. 

Il sera facile de se rendre un compte exact de toutes 
les particularités des flux et reflux des mers en 
s’appuyant sur les véritables causes de ces phénomènes, 
lesquelles causes sont tout-à-fait l’opposé de l’attraction. 

Avant de démontrer comment le soleil et la lune 
aplanissent d’une manière plus ou moins sensible les 
sphéricités des mers des deux côtés de la terre à la 
fois, il est nécessaire que je donne un aperçu sur la 
manière dont les attraelionnaires ont cherché à expli- 
quer les causes des marées. 


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- 42 — 


Comme il leur paraissait matériellement impossible 
que la puissance attractive d’un corps puisse soulever 
lés eaux des deux côtés de la terre à la fois, quand 
même l’attraction existerait, les Newtoniens ont ima- 
giné qne le centre de la terre étant plus attiré que 
les eaux diamétralement opposées, il s’ensuivait que le 
rayon des eaux s’élevait des deux côtés de la terre 
à la fois. 

Cette imagination, ainsi que beaucoup d’autres pour 
faire concorder les causes avec les faits, sont très-in- 
génieuses et dignos d’hommes doués de rares talents, 
mais elles ne peuvent pas prévaloir contre un système 
qui con'corde parfaitement avec toutes les particularités 
des ilux et reflux des mers sans avoir recours à 
aucune puissance inexplicable. 

Il n’en est pas ainsi par le système d’attraction, 
puisque rien n’indique pourquoi les eaux des océans 
ne sont pas plus attirées par le soleil et la lune réunis 
du même côté de la terre que lorsque oes deux astres 
sont diamétralement opposés l’un à l’autre. 

I,es observations ont prouvé que les marées sont 
plus grandes aux époques des syzygies de la lune que 
lorsqu’elle est en quadrature, mais on n’a constaté 
aucune différence entre les grandeurs des marées qui 
ont lieu quand la lune est nouvelle et celles qui arri- 
vent quand la lune est au plein. 

Cependant, ainsi que je l’ai déjà fait observer, dans 


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— 43 — 


le premier cas, le soleil et la lune sont réunis du 
même côté de la terre, et, dans le second, ils se trou- 
vent diamétralement opposés l’un à l’autre. 

I.e gros bon sens devrait suffire pour faire com- 
prendre que si les soulèvements des eaux dépendaient' de 
l’attraction du soleil et de la lune, ces soulèvements 
seraient bien plus considérables quand les deux astres 
les attireraient du même c()té de la terre que lorsqu’ils 
agiraient chacun d’un côté diamétralement opposé. 

Ge fait est déjà bien concluant pour démontrer que 
les soulèvements et abaissements alternatiis des eaux 
no dépendent nullement de l’attraction, mais il en existe 
une foule d’autres bien plus concluants encore et qui 
peuvent matériellement se vérifier à la surface de la 
terre. 

Âva.nt de fournir ces diverses preuves, je vais indi- 
quer quelles sont les causes primitives des flux et 
reflux des mers, et cela facilitera à comprendre l’erreuf 
des Newtoniens. 

Mes connaissances ne me permettront pas de dé- 
tailler toutes les particularités des marées, mais en’ 
faisant connaître les bases fondamentales qui occasion- 
nent ces phénomènes, les hommes compétents pourront, 
en s’appuyant sur ces principes, perfectionner cette 
«euvre qui ouvrira des voies nouvelles à la science 
et facilitera la navigation. 


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INDICATIONS DES CAl’BES PRIMITIVES DES FLUX ET REFLUX 
DES MERS. 

La terre, comme tous les corps celâtes, ayant une 
forme sphérique, les mers qui l’entourent, ainsi que l’o- 
céan atmosphérique du globe terrestre dans lequel la lune 
est plongée, ont cette même figure. 

Le système terrestre, composé de la terre et de la lune, 
étant constamment poussé vers le soleil par l’ensemble 
de la matière, et retenu à distance par la force centrifuge 
du soleil, il s’ensuit que l’océan atmosphérique de la 
terre se trouve un peu aplani, et que cet aplanissement se 
communique à la sphéricité des mers des deux côtés de la 
terre à la fois. 

Par ce fait, la terre et son atmosphère qui l’enveloppe 
se trouvant entre deux pressions, elle représente la coupe 
d’un chapeau qu’on appuierait sur une table, la pres- 
sant un peu d’une main, et faisant faire un mouvement 
de rotation au chapeau avec l’autre main. 

• 

Par cette expérience, la main représente la pression 
de l’ensemble de la matière, qui tend constamment à 
pousser la terre sur le soleil, et la table représente la 
force centrifuge du soleil qui résiste à cette pression. 

Le mouvement de rotation qu’on fait faire au chapeau 
représente le mouvement de rotation du globe terrestre, 
et, par suite de ce mouvement, la sphéricité des mers se 




— 45 — 


trouve un peu aplanie des deux côtés de la terre à la fois, 
lorsque ces mers passent sous le soleil, et du côté diamé- 
tralement opposé, tout comme la coupe du chapeau se 
trouve un peu aplanie des deux côtés à la fois par la 
main qui la presse et la table qui résiste à cette pression. 

Cette expérience indique la cause des petites marées, 
de celles qui dépendent des passages des mers sous le 
soleil, ainsi que du côté de la terre diamétralement op- 
posé. 

Ces petits flux et reflux des mers ont lieu deux fois en 
24 heures, et ils sont indépendants des marées occa- 
sionnées par la pression lunaire, laquelle pression est 
beauéoup plus forte que celle du soleil. 

La pression lunaire sur la sphéricité des mers, des 
deux côtés de la terre à la fuis, a lieu absolument comme 
celle du soleil. La terre se trouvant entre deux pressions, 
elle représente, comme à l’égard de la pression solaire, la 
coupe d’un chapeau qu’on appuierait sur une table, la 
pressant d’une main, et faisant faire un mouvement de 
rotation au chapeau avec l’autre main; mais avec 1a dif- 
férence que, pour représenter la pression lunaire, il 
faudrait que la main presse beaucoup plus fort la coupe 
du chapeau que pour représenter la pression solaire, et 
voici pourquoi : 

Le globe lunaire, faisant partie du système terrestre 
(par lequel il est emporté dans l’espace autour du soleil), 
pèse directement sur la terre qu’il tend à pousser, et lu 


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résistance de l’ensemble de la matière fait que |a sphé- 
ricité des mers se trouve aplanie des deux côtés de la 
terre à la fois par le poids de la lune. 

La pression solaire venant de beaucoup plus loin que 
celle de la lune, elle n’agit que sur la sphéricité de l’océan 
atmosphérique de la terre, elle a^danit un peu cette sphé- 
ricité, et cet aplanissement se communique un peu à la 
sphéricité des mers, tandis que le ^obe lunaire, faisant 
partie du système terrestre, il se trouve plongé dans l’o- 
céan atmosphérique de la terre, il pèse directement sur 
la sphéricité des mers, et il aplanit cette sphéricité, des 
deux côtés de la terre à la fois, d’une manière bien plus 
sensible que la pression du soleil. 

On distingue facilement les induences du soleil et 
de la lune sur la sphéricité des mers en voyant le temps 
qu’emploient les eaux pour s’abaisser et s’élever alterna- 
tivement; on voit que les flux et reflux des mers les mieux 
prononcés, ceux qui absorbent les autres, s’accomplis- 
sent deux fois en 24 heures 50 minutes et 28 secondes, 
qui est la durée moyenne d’un jour lunaire, et cela prouve 
(pie ces marées dépendent du passage des mers sous la 
lune, et du côté de la terre diamétralement opposé. 

Par ce fait, on voit que les flux et reflux causés par 
l’influence du soleil restent inaperçus et ne servent qu’à 
augmenter ou diminuer la grandeur des marées occa- 
sionnées par les pressions de la lune. 


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— 47 — 


DIS8BBX4TI0N SUS LES COUBANTS DES MONTAGNES UQDIDES, 
yLT AURAIENT LIEU d’oHIENT EN OCCIDENT SANS INTEKRVP - 
TION SI LES MERS n'ÉTAIENT PAS BARRÉES PAR LES CONTI- 
• NENT3 d’aFRIQL’E ET d’aMÉRIQUE. 

Ayant démontré les principales causes des perturba- 
tions des mers, je vais indiquer ce qui fait varier le cou- 
rant de ces perturbations, et occasionne des élévations 
et abaissements d’eaux beaucoup plus forts dans des pays 
que dans d’autres, suivant les positions et configurations 
des terrains. 

Pour bien faire comprendre les véritables causes des 
flux et reflux, ainsi que celles des particularités des 
marées, je ferai remarquer que si la terre n’avait pas 
des aspérités qui s’élèvent au-dessus du niveau des 
mers, si elle n’avait pas des continents par lesquels les 
mers sont barrées, si, enfin, le globe terrestre était totale- 
ment plongé dans l’océan des eaux, comme il se trouve 
au milieu de son océan atmosphérique, les pressions 
lunaires et solaires feraient élever les eaux qui se trou- 
veraient entre ces pressions, et cela établirait deux ellip- 
soïdes qui circuleraient sans interruption d’orient en oc- 
cident autour de la terre. 

grand axe d’eau formé par la pression solaire ren- 
œntrerait et croiserait celui formé par la pression de la 
lune, et comme ces deux ellipsoïdes ne rencontreiliicnt 
pas des barrages contre lesquels ils se heurtent, il n’y 


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aurait pas de ces élévations et abaissements d’eaux qui 
sont bien plus considérables vers certains bords que vers 
d’autres. 

11 n’y aurait, je le répète, que deux axes d’eaux de 
différente hauteur, qui circuleraient moins vite l’un que 
l’autre, se rencontreraient et se croiseraient alternative- 
ment, comme le soleil rencontre et croise la lune par son 
déplacement occidental par rapport à la surface des 
mers. 

Les deux petits mascarets formés par la pression so- 
laire feraient le tour de la terre, d’orient en occident, en 
24 heures, et ceux dépendants de la pression de la lune 
emploieraient pour effectuer cette même révolution 24 
heures 50 minutes et 28 secondes, qui est la durée 
moyenne d’un jour lunaire. 

Malgré les barrages sur les mers, les axes ou monta- 
gnes liquides dont je viens de parler circulent tous de 
môme d’orient en occident, et parcourent la surface de 
la terre pendant les temps que j’ai indiqués ; mais ces 
parcours n’ont pas lieu sans interruption, car les mas- 
carets formés par les pressions lunaire et solaire rencon- 
trent des terrains qui leur barrent le passage, et occa- 
sionnent des flux et reflux plus prononcés dans des pays 
que dans d’autres, et qui n’ont pas lieu de la même ma- 
nière. 

il y a des terrains qui ne sont pas assez rapprochés de 
la zone torride où circulent les mascarets pour en inter- 


— 49 — 


rompre et dénaturer la marche occidentale. Parmi ces 
terrains il s’en trouve qui ont des golfes dans lesquels les 
eaux des grandes mers peuvent être poussées, et ces 
golfes ont des flux et reflux prononcés, surtout quand leur 
embouchure est dirigée vers l’orient. 

Il y a d’autres terrains situés dans la zone torride, où 
se trouve le passage des mascarets, mais qui n’ont pas 
assez d’étendue en latitude pour leur barrer le passage, 
car les uns sont couverts, et les autres sont contournés 

t 

par ces montagnes liquides pendant leurs passages occi- 
dentaux. 

Dans l’espace contenu entre le côté occidental de l’Â - 
mérique méridionale et le côté oriental de l’Afrique il 
n’y a pas de terrains assez rapprochés de l’équateur, ou 
qui aient assez d’étendue en latitude, pour entraver et 
dénaturer sérieusement ^es marches occidentales des 
montagnes liquides formées par les pressions lunaire et 
solaire. 11 n’y a absolument sur toute la circonférence de 
la terre que les deux continents d’Afrique et d’Améri- 
que qui aient assez d’étendue dans la zone torride pour 
barrer et dénaturer sérieusement la circulation occi- 
dentale des mascarets. 

En observant attentivement comment les continents 
d’Afrique et d’Amérique entravent les circulations des 
montagnes liquides formées par les pressions lunaire et 
solaire, on se rend compte des véritables causes des flux 


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— 50 — 


et reflux^ ainsi que des particaiarités des marées qui ont 
été observées dans les ports d’Earope. 

En connaissant comment s’effectuent les flux et reflux 
des mers, et quelles sont les véritables causes de ces phé- 
nomènes, mes successeurs pourront, en s'appuj’ant sur 
mes principes, non-seulement approfondir les causes de 
toutes les particularités des marées, mais, de plus, ces 
principes leur serviront pour se rendre compte des 
causes des divers courants qui ont lieu sur les mers. 

Ijorsque les marins connaîtront non-seulement les 
divers courants qui ont lieu sur les mers, mais encore 
les causes pour lesquelles ces divers courants ont lieu, 
il est certain que ces connaissances leur offriront quel- 
ques avantages pour se garantir des dangers auxquels 
les exposent ces (durants. 



EXPLICATION DES CAVSEB POUR LRSQUELLB6 LES PETITES 

MERS INTÉRIEURES n'onT PAS DE FLUX ET REFLUX, ET Mi DI - 

CATION DE L*INFU:ENCE QUE PEUT AVOIR LA LUNE SUR LA 

I 

MER ADRIATIQUE. 

Avant de démpntrer comment s’effectuent les marées 
par suite des barrages des mers, je vais indiquer pour- 
quoi les petites mers intérieures, telles que la mer Médi- 
terranée, la mer Noire, et autres, n’ont pas de flux et 
reflux. 

Ces indications aideront à faire comprendre les vérita- 
bles causes des marées, car on reconnaîtra qu’à l’égard 
de la mer Méditerranée surtout, il est matériellement im- 
possible d’expliquer par l’attraction pourquoi cette der- 
nière mer n’a pas de flux et reflux. 

Je dis à l’égard de la mer Méditerranée surtout, parce 
que cette mer est assez rapprochée d’un tropique pour 
que ses eaux se ressentent de l’attraction de la lune (si 
cette puissance existait), surtout quand le globe lunaire 
se trouve dans ses plus grandes latitudes, ce qui le porte 
parfois à plus de 28 degrés et demi de l’équateur. 

Dans le courant de l’année 1876, le nœud ascendant 
de la lune concourra avec l’équinoxe du printemps, et il, 
s’ensuivra qu’aux époques de ses plus grandes latitudes 
la lune s’écartera de plus de 28 degrés et demi de l’é- 
quateur, ce qui la rapprochera de beaucoup du ÿénith de 


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- 5'2 — 


la mer Méditerranée, car dans beaucoup d’endroits elle 
n’en sera qu’à deux degrés de latitude. 

Tl est certain qu’en 1876 les eaux de la mer Méditer- 
ranée ne seront pas plus attirées par la lune que dans le 
courant des autres années, et cela par une raison bien 
naturelle: c’est que, dans aucun temps ni dans aucun cas, 
la inné n’attire jamais les eaux de n’importe quelle mer. 

Les autres petites mers intérieures, telles que la mer 
Noire et la mer Caspienne, n’ont pas de flux et reflux, 
parce qu’elles n’ont pas assez d’étendue, et, aussi, parce 
qu’elles sont trop éloignées de l’équateur pour que les 
pressions lunaire et solaire puissent les atteindre. 

Je crois que la mer Méditerranée se ressentirait un 
peu de la pression lunaire, et que scs eaux auraient des 
petits flux et reflux, si cette dernière mer n’avait pas 
d'issue, à son occident, par le détroit de Gibraltar, ainsi 
que des communications dans la mer Noire. 

Ce qui me donne cette opinion, c’est d’avoir entendu 
dire qu’à certaines époques la mer Adriatique a des pe- 
tites marées vers Venise. 

Ces petits flux et reflux viendraient de ce qu’une fois 
la pression lunaire engagée sur l’embouchure de la mer 
Adriatique, cette pression, en portant sur les deux bords 
de cette dernière mer, refoulerait les eaux vers l’occident, 
où il n’y a pas d’issue, et lorsque la lune aurait contre- 
pas’sé le golfe, les eaux se retireraient, n’étant plus sous 
l’influence de ladite pression. 


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— 53 — 


$i, comme il me l’a été dit par des gens qui ont ha- 
bité Venise, la mer Adriatique a parfois des petits flua et 
reflux, ces petites marées doivent avoir lieu de préfé- 
rence lorsque la lune est dans ses plus grandes latitudes 
possibles, comme par exemple dans le courant de l’année 
1876, où les écarts en latitude du globe lunaire s’éten- 
dront jusqu’à 28 degrés et demi de l’équateur. 

On pourra facilement se rendre compte si la mer 
Adriatique a parfois des petites marées ou non en pro- 
fitant des époques où, par ses grands écarts en latitude, 
la lune ne se trouve qu’à deux degrés du zénith de la 
mer Méditerranée, pendant une grande partie de son 
parcours longitudinal contre cette dernière mer, comme 
par exemple quand le globe lunaire croise le méridien 
d’Alexandrie et autres. 

Pour faciliter cette vérification, je donne ci-joint les 
époques auxquelles le globe lunaire se trouvera dans ses 
plus grandes latitudes septentrionales dans le courant 
^ de l’année 1876, et ces époques sont prises au méridien 
de Paris. 

Le22juin,à 1 heure, 57 minutes, 44 secondes du matin. 

Le 19 juillet, à 9 heures, 40 m., 48 seconde du matin. 

Le 15 août, à 5 heures, 23 m., 52 secondes du soir. 

Le 12 septembre, à 1 heure, 6 m., 56 sec. du matin. 

Le 9 octobre, à 8 heures, 50 m. du matin. 

Le 5 novembre, à 4 heures, 33 m., 4 secondes du soir. 

Le 3 décembre, à 0 heure, 1 6 m., 8 secondes du matin. 


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— 54 — 


Le 30 décembre, à 7 heures, 59 m., 12 sec. du malin. 

Avec CCS connaissances on pourm non-seulement vé- 
rifier si la mer Adriatique a parfois des petits flux et 
reflux, mais de plus on pourra se rendre compte du peu 
d’influence qu’exerce la lune sur la mer Méditerranée 
lorsqu’elle parcourt le littoral do celte dernière mer à 
une distance en latitude de deux degrés seulement. 

J’espère qu’on reconnaîtra que ce ne serait pas émettre 
une opinion trop hasardée en soutenant que si la lune 
possédait la dixième partie seulement de la puissance at- 
tractive que les Newtoniens lui ont supposée soit sur les 
eaux des océans, soit sur le centre de la terre (pour ex- 
pliquer les flux et reflux des mers des deux côtés de 
la terre à la fois), on reconnaîtra facilement, dis-je, que 
la dixième partie de celte puissance attractive attribuée 
à la lune serait beaucoup plus que suffisante pour soule- 
ver toutes les eaux de la mer Méditerranée et les faire 
circuler dans les terres d’Afrique. 

On sera bien convaincu que ce fait aurait lieu, surtout 
en réfléchissant que pour parcourir longitudinalement . 
le littoral de la mer Méditerranée, le globe lunaire em- 
ploie 2 heures, 45 minutes et 20 secondes, et que ce 
serait beaucoup plus que suffisant pour que le bassin 
méditerranéen soit mis à sec par la lune. 

Ceci devant être bien compris, je vais maintenant in- 
diquer ce qui se passera sur les eaux de la mer Méditer- 
ranée pendant un des parcours du globe lunaire près du 
zénith de cette dernière mer. , 


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Le 22 juin 1876, à 10 heures (lu matin, au méridien 
de Paris (1 ), la lune se trouvera à la même longitude que 
Jérusalem, située au bord oriental de la mer Méditer- 
ranée, et à deux degrés seulement de latitude méri- 
dionale, ce qui correspond au zénith du bord septen- 
trional de la mer Rouge. 

A partir de ce moment, le globe lunaire parcourra 
longitudinalement le littoral de la mer Méditerranée pen- 
dant 2 heures, 45 minutes et 20 secondes, et il s’en- 
suivra qu’à midi, 45 minutes et 20 secondes, le 22 juin 
1876, la lune se trouvera au zénith du méridien qui 
passe sur le détroit de Gibraltar. 

Pendant ce temps de 2 heures, 45 minutes et 20 se- 
condes, la mer Méditerranée n’éprouvera aucune per- 
turbation' sensible par la pression lunaire, parce que 
laditemer Méditerranée n’a pas assez d’étendue en lati- 
tude pour que'ladite pression de la lune pénètre profon- 
dément dans scs eaux, comme elle pénètre dans les eaux 
des océans. 

Dans ces circonstances, la mer Méditerranée imite un 
bassin plein d’eau cinq fois plus long que large, sur lequel 
on appuierait un objet beaucoup plus gros que la lar- 
geur de ce bassin, et qu’en même temps on pousserait 


(I) Pour éviter les rodilcs, je préviens que, ehaqiie fois que je parlerai 
de l'heure ou des longitudes, ce sera toujours u partir du méridien de 
Paris. 


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— 56 — 


toogitudinaleinent l’objet appuyé dans le même sens 
que la lune drcule au-dessus de la ruer Méditerranée. 

Pour bien imiter la flexibilité de la pression atmos- 
phérique sur les eaux pendant le passage de la lune au- 
dessus de la mer Méditerranée, je supposerai que l’objet 
appuyé sur le bassin soit un globe flexible comme un 
ballon gonflé, ayant un diamètre de dix mètres, et que le 
bassin qui représenterait la mer Méditerranée n’ait que 
5 mètres de largeur sur 40 de longueur. 

J’admettrai aussi que le globe porterait davantage sur 
un bord du bassin que sur l’autre, tout comme la pres- 
sion lunaire portera davantage sur le terrain d’Afrique 
que sur celui de la Turquie, le 22 juin 1876. 

Par cette expérience on voit que l’eau qui serait dans 
le bassin serait peu ou pas du tout agitée pendant le pas- 
sage du globe flexible, tout comme les eaux de la mer 
Méditerranée seront peu ou pas du tout agitées pendant 
le passage de la lune au-dessus de cette dernière mer. 

Dans le cas où les eaux de la mer Méditerranée se 
ressentiraient un peu de la pression lunaire, ces pertur- 
bations ne pourraiml s’apercevoir que sur la mer Adria- 
tique, qui forme un golfe dans la mer Méditerranée, le- 
quel golfe n’a pas d’issue à l’occident. 

Voici comment s’effectuerait le petit flux et reflux qui 
aurait lieu dans la mer Adriatique le 22 juin 1 876, dans 
le cas où, à cette dernière époque, la pression lunaire s’é- 


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— 57 - 


tendrait assez vers le nord pour couvrir entièrement 
en latitude la mer Méditerranée. 

On a vu (page 55) que, le 22 Juin 1876, à dix heures 
du matin, la lune se trouvera au -dessus, du côté oriental, 
de la mer Méditerranée. Une heure, 10 minutes et 16 ser 
condes plus tard, ce qui portera à 1 1 heures, 1 0 minutes 
et 1 6 secondes du matin, le globe lunaire se trouvera à 
la même longitude de l’embouchure orientale de la mer 
Adriatique, vers le talon de la botte formée par le 
royaume d’Italie. 

Dans cette circonstance, si, ainsi que je l’ai déjà dit, 
la pression lunaire s’étend suiTisamment vers le nord 
pour couvrir entièrement en latitude la mer Méditerranée, 
les eaux de cette dernière mer seront un peu refoulées vers 
le golfe de Venise, qui n’a pas d’issue vers l’occident, et 
cela occasionnera un petit flux qui aura lieu de 1 0 heures 
à 11 heures, 50 minutes du matin, le 22 juin 1876. En- 
suite, lorsque la lune aura dépassé le golfe de Venise et 
que sa pression cessera de se faire sentir sur la mer 
Adriatique, les eaux de cette dernière mer se retireront 
et il y' aura un petit reflux qui s’offectura dans l’après- 
midi du 22 juin 1876. 

On pourra renouveler cette vériOcation aux époques in- 
diquées (page 53), époques auxquelles la lune se trou-^ 
vera dans ses plus grandes latitudes septentrionales. 


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- 58 — 


DISSERTATION SUR LES DIFFÉRENTES NATURES DES MARÉES. 


Les flux et reflux des mers qui baignent les ports 
d’Europe n’ont pas lieu de la même manière que ceux 
des golfes qui communiquent avec le Grand Océan et la 
mer des Indes, tels que le golfe de Californie, le golfe 
d’Arabie, etc., etc. 

Cette différence vient de ce que les golfes qui bordent le 
Grand Océan et la mer des Indes se trouvent directement 
sur les passages des mascarets ou montagnes liquides 
formés par les pressions lunaires, tandis que les ports 
d’Europe se trouvent sitùés de l’autre côté du continent 
d’Afrique ; ils font face à l’occident. 

Par ce fait, les eaux des mascarets ou montagnes li- 
quides ne peuvent arriver vers les ports européens qu’a- 
près avoir contourné le continent d’Afrique, contre lequel 
ils se heurtent après s’être heurtés de nouveau contre le 
continent d’Amérique, et être ensuite retournés du côté 
oriental de l’Océan Atlantique, où se trouvent les ports 
d’Europe. 

Cela est cause qu’après la haute mer dans les golfes 
Persique et d’Arabie les marées restent beaucoup plus de 
temps pour arriver vers les ports d’Europe qu’elles ne 
devraient rester d’après le peu de distance en longitude 
occidentale qui sépare lesdits ports d’Europe d’avec les 


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— 59 — 


golfes l’ersique et d’Arabie ; et voici comment cela se 
fait : 

Après avoir contourné le continent d’Afrique et être 
entrés dans l’Océan Atlantique, les mascarets ou monta- 
gnes liquides, formés parles pressions lunaires, rencon- 
trent de nouveau le. continent d’Amérique, qui divise 
leurs eaux en deux parties, dont l’une circule vers le 
midi en contournant l’Amérique méridionale, et l’autre 
vers le golfe du Mexique, situé entre les deux Amé- 
riques. 

Les eaux qui sont poussées dans le golfe du Mexique 
ne trouvant pas d’issue pour continuer leur marche oc- 
cidentale, elles font le tour dudit golfe, et elles retour- 
nent ensuite vers les ports d’Europe, en circulant d’oc- 
cident en orient, le long do l’Amérique septentrionale, 
où il doit exister un courant bien prononcé. 

Les positions qu’occupent les ports européens, du 
côté oriental de l’Océan Atlantique, est encore cause que 
la haute mer ou le flux tarde davantage d’avoir lieu dans 
des ports d’Europe que dans d’autres; mais ces causes de 
retard étant constantes, leur effet l’est aussi; le retard 
éprouvé dans chaque port d’Europe sur le passage de la 
lune au méridien do ces ports est toujours le même dana 
un môme lieu ; et c’est ce qu’on appelle Y établissement 
des ports. > 

Ix» marées des mers qui baignent les ports d’Europe 
se distinguent encore par une marche ù triple sens, du 


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— 60 — 


midi au nord, de l’est à l’ouest, et de l’ouest à l’est. 

La haute mer arrive plus tôt à Bayonne qu’à La Ro- 
chelle, plus tôt à La Rochelle qu’à Brest, et plus tôt à 
Brest qu’à Dunkerque ; mais elle arrive également beau- 
coup plus tôt à Brest qu’à Saint-Malo, et plus tôt à Saint- 
Malo qu’à Dieppe. 

Les différences des temps qui existent dans l’arriva^ 
des marées entre ces trois derniers ports sont trop con- 
sidérables, d’après leur peu de distance les uns des au- 
tres, {)our qu’à l’appui des conCgurations des terrains 
il n’y ait pas une autre cause provenant de la marche des 
marées; et voici quelle doit être cette cause : 

Pendant que les eaux sont resserrées entre les deux 
Amériques, en sortant du golfe du Mexique, le courant 
qui a lieu d’occident en orient, en longeant l’Amérique 
septentrionale, ce courant, ainsi que je l’ai déjà dit, doit 
être très-fort, mais il se ralentit lorsque les eaux ont dé- 
passé l’île de Terre-Neuve, et qu’elles se répandent au 
nord de l’Océan Atlantique. 

Malgré ce ralentissement, les eaux ne continuent pas 
taoins à avancer d’occident en orient, en se dirigeant 
vers les ports d’Europe, itiàis dles avancent très-lente- 
ment de l’ouest à l’est quand elles atteignent le côté 
«riental de l’Océan Atlantique, où se trouvent les ports 
européens. 

Gela doit dépendre de ce que l’impulsion que ces eaux 
ont reçue pour être lancées en même temps du midi au 


— 61 — 


Dcrrd et de l’ouest à l’œt de l’Océan Atlantique, cette im- 
pulsion doit toucher à sa fin quand ces eaux arrivent 
vers les ports d’Europe. 

Je dis que celte impulsion doit toucher à sa fin parce 
que, dans cette circonstance, les eaux qui ont été poussées 
d’occident en orient se trouvent à 90 degrés de longitude 
est de la pression lunaire qui se trouve dans le golfe dn 
Mexique, et cesse d’ngir sur les eaux qui se trouvent en 
sens opposé à sa marche occidentale. 

Quoi qu’il en soit de celte conjecture qui paraît très- 
probable, j’ affirme que dans les ports européens les 
hautes et basses mers ne s’effectuent pas de la même 
manière que les marées qui ont lieu dans les mers qui 
communiquent avec le grand Océan et la merdes Indes, 
et il serait impossible d’expliquer ces différences par 
l’attraction. 

Car, en effet, comment pourrait-on par l’attraction 
de la lune sur les mers expliquer une impulsion à triple 
sens, allant d’orient en occident, du midi au nord et 
d’occident en orient? 

On conviendra, je l’espère, que si l’attraction n’était 
pas déjà reconnue tout-à-fait impossible, ce seul fait 
serait plus que sulfisant pour prouver qu’elle n’a jamais 
existé. 

Pour bien faire comprendre et toucher du doigt, à la 
surface de la terre, comment ont lieu les marées et 
quelles sont les véritables causes de ces phénomènes. 


f 


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— 62 — 


je vais annonce!’ les époques postérieures auxquelles les 
flux ou hautes mers arriveront dans telles ou telles autres 
mers, en indiquant matériellement sur la terre les pays 
qui seront croisés, à époques fixes, parles influences qui 
occasionnent lesdits flux ou liautes mers. 

Par ces diverses indications on verra les dilTérences 
qui existent entre l’arrivage de la haute mer vers le 
côté occidental de l’Océan Atlantique septentrional, où 
se trouvent les ports d’Europe, et celui des flux qui ont 
lieu dans les mers qui communiquent avec le grand 
Océan Pacifique et la mer des Indes. 


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le 


— 63 — 


CLASSificA'noN DES rosiTioxs qu’occuperont sur la terre, 

A UN MOMENT DONNÉ, LES DEUX PRESSIONS LUNAIRES, 

AINSI QUE LES DEUX MASCARETS OU MONTAGNES LIQUIDES 

FORMÉS PAR LESDITES PRESSIONS, 

Pour avoir des mascarets ou montagnes liquides 
prononcés, je choisis une époque à laquelle le soleil et 
la lune seront à la même longitude ét très-rapprochés 
de l’équateur, parce que, dans ces circonstances, les pres- 
sions lunaires et solaires réunies se font mieux sentir 
sur la sphéricité des mers que lorsque la lune agit 
séparément, et qu’elle se trouve en latitude. 

Le 1 4 septembre prochain de 1 871 , le soleil et la 
lune se trouveront tous deux très-rapprochés de l’équa- 
teur^ car ni l’un ni l’autre n’en seront pas éloignés de 
deux degrés seulement ; et comme le 14 septembre pro- 
chain la lune sera en conjonction envers le soleil, les 
pressions des deux astres seront réunies, elles se feront 
bien sentir sur la s|)héricité des mers, et les deux mas- 
carets ou montagnes liquides qu’elles feront surgir 
seront d’une élévation prononcée. 

Ainsi donc, le 14 septembre prochain de 1871, à 
2 heures, 20 minutes du soir, la lune croisera le méridien 
qui passe sur le côté oriental de l’Amérique méridionale, 
à 37 degrés de longitude ouest. 

Dans ce meme moment, la pression lunaire située du 
côté de la terre diamétralement opposé à la lune, cor- 


» 


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— 64 - 


respondra avec le méridien qui passe sur l’Àustralie et 
la Nouvelle-Guinée, à 1 43 degrés de longitude est. 

Dans cette circonstance, et toujours pendant ce même 
moment, les deux mascarets formés par les pressions 
lunaires se trouveront également diamétralement oppo- 
sés l’un à l’autre : celui qui précède la lune dans son 
déplacement occidental par rapport à la snrface des mers 
se trouvera sous le méridien qui passe àSaiat-Francisco, 
à 1 27 degrés de longitude ouest ; et celui qui précède 
le déplacement occidental de la pression lunaire, diamé- 
tralement opposé à la lune, correspondra avec le méri- 
dien qui passe sur l’embouchure du golfe Persique, à 
53 degrés de longitude est. 

Ces quatre points étant établis, je ferai remarquer que 
le déplacement occidental de la lune, ainsi que celui de la 
prfcssion lunaire diamétralement opposé, je ferai remar- 
quer, dis-je, que ce déplacement occidental, par rapport 
à la surface des mers, s’effectue par une vitesse moyenne 
de 1 4 degrés, 49 centièmes de degrés par heure. 

Je ferai également observer que les deux mascarets 
interposés entre les deux pressions lunaires se déplacent 
aussi d’orient en occident par la même vitesse de celle 
citée plus haut, et que les sommets de ces deux monta- 
gnes liquides conserveraient toujours leur même distance 
des pressions si leur marche -occidentale n’était pas 
entravée et dénaturée par les continents d’Afrique et 
d’Amérique. 


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— 65 — 


Je ferai remarquer aussi que, malgré que la marche 
occidentale des mascarets soit entravée et dénaturée 
pendant leur passage sur les continents d’Afrique et 
d’Amérique,entre lesquels se trouve l’Océan Atlantique, 
je ferai remarquer, dis-je, que les sommets de ces mon- 
tagnes liquides reprennent leur distance entre les deux 
pressions lorsqu’ils ont franchi les obstacles dont il 
vient d’être parlé. 

Les mascarets ou montagnes liquides qui occupent 
les distances qui existent entre les deux pressions 
lunaires, ces mascarets, dis-je, parcourent sans inter- 
ruptions sérieuses le Grand Océan et la Mer des Indes 
depuis le côté occidental de l’Amérique jusqu’au côté 
oriental d’Afrique, contre lequel ils se heurtent alter- 
nativement. 

Les positions qu’occuperont les deux pressions lunai- 
res, ainsi que les deux mascarets, le 1 4 septembre pro- 
chain, à 2 heures, 20 minutes du soir, étant connues, 
ainsi que la vitesse de leurs mouvements, je vais indi- 
quer quels seront les déplacements de ces mascarets à 
partir de ladite époque, 14 septembre prochain, à 2 
heures, 20 minutes du soir. 

Pour éviter la confusion, j’expliquerai ces déplace- 
ment séparément, en commençant par celui du mascaret 
ou montagne liquide qui précède le déplacement occi- 
dental de la lune par rapport à la surface des mers. 


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INDICATION DES DÉPLACEMENTS GU’eFFECTUERONT LES DEUX 

MASCAHETS OU MONTAGNES LIQUIDES A PARTIR DU 14 SEP- 
TEMBRE PROCHAIN 1871 , A 2 HEURES ET 20 MINUTES DU SOIR. 

Ainsi que je l’ai indiqué (page G5), le mascaret qui 
précède le déplacement occidental delà lune se trouvera, 
le 1 4 septembre procliain, à 2 heures, 20 minutes du 
soir, vers le méridien qui passe à Saint-Francisco, à 
i 27 degrés de longitude ouest. 

À partir de ce moment, cette montagne liquide par- 
courra d’orient en occident le grand Océan Pacifique 
en 5 heures, 44 minutes, et elle arrivera vers l’Australie 
et la Nouvelle-Guinée à 8 heures, 4 minutes du soir. 

Elle croisera ensuite toutes les îles situées entre l’Aus- 
tralie et l’Asie en 3 heures, 38 minutes, et elle arrivera 
vers le méridien qui passe sur le golfe de Siam et l’île 
Sumatra à 11 heures, 42 minutes du soir. 

A partir de 1 1 heures, 42 minutes du soir, cette mon- 
tagne liquide parcourra la mer des Indes en 3 heures, 
3 minutes, 14 secondes, et le 15 septembre, à 2 heures, 
45 minutes, 1 4 secondes du matin, ce mascaret arrivera 
vers le méridien qui passe sur l’embouchure du golfe 
Persique, à 53 degrés de longitude est. 

Par ce fait il s’ensuivra qu’il y aura haute mer aux 
memes instants et dans tous les endroits où se trouvera 
le sommet de cette itiontagne liquide i>endantce parcours 
qui contient la moitié de la circonférence de la terre, et 


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-ai — 

11 -s’ensuivra également qu’aprùs avoir efTectué ce dépla- 
cement longitudinal en 12 heures, 25 minutes et 14 se- 
condes, le mascaret qui précède le déplacement occiden- 
tal de la lune sera venu occuper la place qu’occupait, 

1 2 heures, 25 minutes, 1 4 secondes avant, le sommet 
de la montagne liquide diamétralement opposé, et qui 
précède le déplacement de la pression lunaire opposée à 
la lune. 

Pendant que le mascaret qui précède le déplacement 
occidental de la lune parcourra longitudinalement, ainsi 
que je viens de l’expliquer, le grand Océan Pacifique 
et la Mer des Indes, l’autre mascaret diamétralement 
opposé parcourra aussi l’autre moitié de la circonférence 
du globe terrestre en 12 heures, 25 minutes et 14 se- 
condes ; mais pendant le parcours de cette dernière demi- 
circonférence de la terre, la haute mer n’aura pas lieu 
pendant tout le parcours aux endroits où se trouvera le 
sommet de la montagne liquide, à 90 degrés de distance 
de la lune. 

11 en sera ainsi parce que la marche occidentale du 
mascaret qui parcourra cette dernière demi-circonférence 
du globe terrestre sera eutravée et dénaturée pendant 
son passage sur les continents d’Afrique et d’Amérique, 
entre lesquels se trouve l’Océan Atlantique; et voici 
comment s’effectuera cette marche. 

Ainsi que je l’ai indiqué (page 65), le mascaret qui 
précède le déplacement occidental de la pression lunaire 


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— 68 — 


diamétralement opposée à la lune se tronvera, le 1 4 sep- 
tembre prochain, à 2 heures, 20 minutes du soir, vers le 
méridien qui passe sur. l’embouchure du golfe Persique, 
à 53 degrés de longitude est. 

A partir de ce moment, une partie des eaux de cette 
montagne liquide pénétrera dans les golfes Persique et 
d’Arabie, et, faute d’issue vers l’occident, la majeure 
partie de ces eaux contournera le continent d’Afrique 
en circulant par le canal de Mozambique, situé entre 
l’Afrique et l’ile Madagascar. 

Après s’être heurtées et avoir contourné le continent 
d’Afrique, ces eaux circuleront dans l’Océan Atlantique, 
où elles rencontreront, de nouveau, l’Amérique, qui les 
divisera en deux parties, le 14 septembre prochain, à 
7 heures, 43 minutes du soir. 

Une partie des eaux de ce mascaret circulera vers le 
midi en longeant l’Amérique méridionale, et l’autre 
partie circulera vers le golfe du Mexique, situé entre les 
>deux Amériques. ' 

Les eaux qui seront poussées dans le golfe du Mexique 
en longeant le côté nord de l’Amérique méridionale ne 
trouveront pas d’issue pour continuer leur marche occi- 
dentale; Mies feront le tour dudit golfe du Mexique et elles 
retourneront ensuite vers les ports d’Europe en circulant 
d’occident en orient. 

Le retour de ces eaux de l’ouest à l’est s’effectuera 
rapidement en sortant du golfe du Mexique et en cir- 


— 69 — 


culanl le long de l’Amérique septentrionale ; mais lors- 
qu’elles auront dépassé l’île de Terre-Neuve elles ralen- 
tiront leur marche orientale en s’étendant vers le nord 
et en continuant de s’approcher des. ports européens. 

Ainsi que je viens de le démontrer, les eaux serpentent 
dans l’Océan Atlantique en circulant alternativement, de 
l’est à l’ouest et de l’ouest à l’est, ves les ports d’Europe, 
et la marche orientale de ces eaux se ralentit beaucoup 
lorsqu’elles approchent du côté oriental de l’Océan Atlan- 
tique, où se trouvent les ports européens. 

J’ai fait connaître mon opinion (pages 60 et 61) an 
sujet de cette particularité, mais quelle qu’en soit la cause, 
il est certain que les eaux avancent bien lentement 
d'occident en orient lorsqu’elles arrivent vers les ports 
d’Europe, et on est bien convaincu de cela en voyant 
les temps énormes que la même marée emploie pour aller 
du port de Brest à celui de Saint-Malo et du port de 
Saint-Malo à celui de Dieppe. 

Voici les époques auxquelles auront lieu les hautes 
mers dans les trois ports cités plus haut , pendant le 
passage du mascaret qui aura contourné l’Afrique et 
sera entré dans l’Océan Atlantique dans l’après-midi du 
14 septembre prochain. 

Dans le port de Brest, la haute mer aura lieu le 1 5 
septembre, à 3 heures, 42 minutes du matin ; dans celui 
de Saint-Malo, le même jour, à 5 heures, 50 minutes 

5 


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— 70 — 


également' du matin ; et dans le port de Dieppe, qui 
n’est pas beaucoup plus à l’orient que les deux autres, 
la haute mer y arrivera aussi le 1 5 septembre, mais à 
^0 heures et 20 minutes du matin. 

Pendant que les eaux serpenteront dans l’Océan 
Atlantique^ en allant d’orient en occident, et ensuite 
d’occident en orient, vers les ports d’Europe , pour 
n’arriver dans celui de Dieppe que le 1 5 septembre, à 
10 heures, 20 minutes du matin, le mascaret qui pré- 
cède le déplacement occidental de la pression lunaire 
diamétralement opposé à la lune, et qui se sera heurté 
contre le continent d’Afrique, le 14 septembre, à 2 
heures, 20 minutes du soir, ce mascaret, dis-je, repren- 
dra sa position respective après avoir franchi les obsta- 
cles qui entravaient sa marche occidentale. 11 circulera 
dans le Grand Océan et il s’ensuivra que. le 1 5 sep- 
tembre, à 2 heures, 1 minute et 1 4 secondes du matin, 
le sommet de cette montagne liquide croisera le méridien 
qui passe sur le côté occidental du golfe de Californie, 
et à cet instant ce dernier golfe aura la haute mer. 

44 minutes après, c’est-à-dire le 1 5 septembre, à 2 
heures, 45 minutes, 1 4 secondes du matin, ce même 
mascaret qui précède le déplacement de la pression 
lunaire opposée à la lune, se trouvera vers le méridien 
qui passe à Saint-Francisco, à 127 degrés de longitude 
ouest, et il occupera la place qu’occupait le mascaret 
opposé, 12 heures, 25 miuules, 14 secondes avant. 


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Par les divers faits que je viens de citer il résultera 
que, le 15 septembre prochain, à 2 heures, 45 minutes, 
14 secondes du matin, les sommets des deux montagnes 
liquides opposées l’une à l’autre auront réciproque- 
ment pris les places l’un de l’autre, après avoir parcouru 
chacun la moitié de la circonférence de la terre en 1 2 
heures, 25 minutes et 14 secondes, qui compose la 
durée moyenne de la moitié d’un jour lunaire. 

En renouvelant la même opération pendant le même 
temps, il s’ensuivra que les deux mascarets opposés 
l’un à l’autre achèveront leur parcours sur toute la 
circonférence de la terre; et le 1 5 septembre prochain, à 
3 heures, 10 minutes et 28 secondes du soir, ils se 
retrouveront tous les deux où ils seront au moment de 
leur point de départ, le 1 4 septembre prochain, à 2 
heures, 20 minutes du soir. 

Dans la seconde moitié du jour lunaire, le mascaret 
qui précède le déplacement occidental de la lune par- 
courra la demi-circonférence de la terre dans laquelle 
se trouvent les deux continents d’Afrique et d’Amérique, 
et celui qui précède le déplacement de la pression lunaire, 
diamétralement opposée à la lune , parcourra la demi- 
circonférence terrestre opposée, où se trouvent le Grand 
Océan et la Mer des Indes. , 

Ainsi de suite, toutes les 12 heures, 25 minutes et 14 
secondes, les deux mascarets interposés entre les deux 
pressions lunaires se croisent mutuellement et prennent 


réciproqueaieot lu place l'un de l’autre dans les mers 
libres, où leur marche occidentale n’est pas entravée 
par les continents d’Afrique et d’Amérique. 

Si on doute de la véracité de ce que j’avance au sujet 
de la marche des mascarets ou montagnes liquides qui 
occasionnent les flux ou hautes mers, on pourra facile- 
ment et matériellement s’en rendre compte à la surface 
de la terre. 

Pour cela, il suffira d’ohserver les époques auxquelles 
auront lieu les hautes mers pendant le parcours d’un 
seul mascaret autour du globe terrestre pendant la durée 
d’un jour lunaire, et par ce moyen on évitera la confu- 
sion que pourrait occasionner le mascaret diamétrale- 
ment opposé. 

Pour faciliter et engager à faire ces observations, je 
vais indiquer sommairement les c[)oques et les pays où 
il y aura haute mer d’un côté de la terre seulement 
pendant le déplacement occidental de la lune, à partir 
du 14 septembre prochain, à 2 heures, 20 minutes du 
soir, jusqu’au lendemain 15 septembre, à 3 heures, 
1 0 minutes et 28 secondes, également du soir. 

On verra que, pendant ce laps de temps de 24 heures. 
50 minutes et 28 secondes (qui compose la durée d’un 
jour lunaire), la lune aura, par son déplacement occi- 
dental, parcouru toute la circonférence de la terre, et les 
eaux de la montagne liquide, qui précède le globe lunaire 


Di . iSI by ■l'n 


daos ce dernier déplaccmeat, n'auront pas encore 
atteint le côté oriental de l’Océan Atlantique, où se trou- 
vent les ports d’F.urope. 


— U — 


INDICATION DU PARCOUKS OCCIDENTAl, d'uN SEUL MASCARET 
PENDANT 24 HEURES, 50 MINUTES ET 28 SECONDES, QUI EST 
LA DURÉE MOYENNE d’un JOUR LUNAIRE. 

Ainsi que je l’ai indiqué (pages 63 et 64), le 1 4 septembre 
prochain, à 2 heures, 20 minutes du soir^ la lune se 
trouvera vers le méridien qui passe sur le côté oriental 
de l’Amérique méridionale, à 37 degrés de longitude 
ouest. 

Au même instant, le mascaret qui précède le dépla- 
cement occidental du globe lunaire se trouvera vers le 
méridien qui passe à Saint-Francisco, à 1 27 degrés de 
longitude ouest. A partir de ce moment, le sommet de 
cette montagne liquide parcourra occidentalement, et 
sans interruption, je grand Océan et la Mer des Indes, 
et il y aura haute mer dans tous les endroits où se 
trouvera ce mascaret pendant le parcours, et au 
moment même. 

D’après leur position respective dans , le grand 
Océan et la Mer des Indes', il y aura haute mer vers 
l’Australie et la Nouvelle-Guinée, le 14 septembre, à 
8 heures, 4 minutes du soir ; dans le golfe de Siam et 
vers l’île Sumatra, le même jour, à 1 1 heures, 42 minutes, 
également du soir ; dans le golfe Persique, le 1 5 sep- 
tembre, à 3 heures, 23 minutes, 14 secondes du matin, 
et dans le golfe d’Arabie, le même jour, à 4 heures, 22 
minutes, également du matin. 


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» — 75 — 


A partir du 1 5 septembre, à 3 heures, 40 minute^ du 
inatin, les eau\ du même mascaret qui précède ledépla- 
eemeut occidental de la lune contourneront le continent 
d’Afrique ; elles circuleront d’orient en occident dans 
l’Océan Atlantique, et, ensuite, après avoir rencontré 
l’Amérique méridionale, qui les divisera en deux parties, 
à 8 heures, 8 minutes du matin, ainsi qu’après être 
entrées dans le golfe du Mexique, ces eaux retourneront 
vers l’orient, faute d’issue pour continuer leur marche 
occidenlale. 

Pendant que les eaux mutilées de la montagne liquide 
qui précède le déplacement occidental de la lune ser- 
penteront dans l’Océan Atlantique, comme je viens de 
l’expliquer, en circulant d’orient en occident, et , en- 
suite, d’occident en orient vers les ports’ d’Europe, pour 
n’arriver vers celui de Dieppe que le 1 5 septembre, à 
iO heures, 47 minutes du soir, la lune continuera sa 
marche occidentale sans aucune interruption, et, parla 
même raison, la partie d’eau de la montagne liquide, 
qui, à la suite de la division, contournera l’Amérique 
méridionale, fera de même. 

Par ce fait, il s’ensuivra que le sommet de la mon- 
tagne liquide qui précède le déplacement occidental 
de la lune conservera sa distance occidentale du globe 
lunaire, en circulant d’orient en occident dans le Grand 
Océan. 

Cette distance occidenlale entre la lune et le sommet 


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- 76 - 


de la montagne liquide, qui précède son déplacement, 
étant constamment de 90 degrés, il en résultera que. le 
15 septembre prochain^ à 2 heures, 29 minutes et 14 
secondes du soir, le mascaret qui précède le déplace* 
ment occidental de la lune, par rapport à la surface des 
mers, croisera le méridien qui passe sur le côté occidental 
du golfe de Calirornie, et, à cet instant, ce dernier golfe ' 
aura la haute mer. 

11 en sera ainsi, parce qu'à l’heure, minuté et secondes 
citées plus haut, la luno aura traversé l’Afrique ; elle se 
trouvera vers le méiidien qui passe au Cap Veit, à 27 
degrés de longitude ouest, bien au milieu de l’Océan 
Atlantique, sur lequel elle pèsera, de tout son poids, et en 

aplanira la sphéricité. 

• 

41 minutes plus tard, c’est-à-dire le 15 septembre 
prochain, à 3 heures, 10 minutes et 14secondes du soir, 
le globe lunaire se retrouvera sur le méridien qui passe 
sur le côté oriental do l’Amérique méridionale, à ^7 
degrés de longitude ouest, et le sommet de la monta- 
gne liquide qui précède son déplacement occidental se 
retrouvera vers le méridien qui passe à Saint-Francisco, 
à 127 degrés de longitude ouest. 

Dans ce moment, la lune, ainsi que le mascaret qui 
précède son déplacement, auront l’uti et l’autre parcouru 
oceidentalement toute la circonférence de la terre, et ils 
se retrouveront aux mômes endroits qui auront marqué 


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- 77 - 


leur point de départ, le 1 4 septembre, à 2 heures, 20 
minute du soir. 

Il n’en sera pas ainsi de la partie d’eau qui, au moment 
de la division, aura été poussée dans le golfe du Mexique; 
ces eaux n’auront pas encore atteint le côté oriental 
de l’Océan Atlantique, où se trouvent les ports d’Europe, 
quand la lune aura achevé sa révolution occidentale, et 
quand les eaux qui faisaient partie du môme mascaret 
avant la division se trouveront vers le méridien qui passe 
à Saint-Francisco, 125 degrés plus à l’occident que le 
port de Dieppe. 

• Cela vient naturellement de ce que les eaux qui cir- 
culeront dans le grand Océan , en passant au sud de 
l’Amérique méridionale, seront cônstaminent poussées 
occidentalement par la pression lunaire, et que le som- 
met do celte montagne liquide conservera toujours sa 
distance de 90 degrés longitudinale par rapport à la 
lune. 

Quant aux eaux qui circuleront vers le golfe du 
Mexique, en longeant le nord de la même Amérique, 
ces eaux subiront l’influence de la marche de la pression 
lunaire, qui les poussera d’orient en occident dans le 
golfe du Mexique, et ensuite d’occident en orient, faute 
d’issuepour continuer leur marche occidentale; mais celte 
impulsion ne pourra pas durer éternellement en allant 
du côté opposé où va la lune, et c’est pour cela que j’ai 


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- 78 - 


dit (pages 60 et 61) que cette impulsion devait touchera 
sa Un quand ces eaux approchent des ports d’Europo. 

Voici les époques auxquelles auront lieu les hautes 
mers dans les ports de Brest, de Saint-Malo et Dieppe, 
par suite de l’arrivage des eaux qui auront été poussées 
dans le golfe du Mexique après avoir été divisées par 
l’Amérique méridionale, le 15 septembre prochain, à 
8 heures, 8 minutes du matin. 

Dans le port de Brest, la haute mer aura lieu le 1 5 
septembre prochain, à A heures, 7 minutes du soir; 
dans celui de Saint-Malo, le même jour, à 6 heures, 25 
minutes, également du soir et dans le port de Dieppe, 
la haute mer y arrivera aussi le 1 5 septembre prochain', 
mais à dix heures, A7 minutes du soir. 



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- 79 - 


DISüERTATlUN AU SUJET DES DEUX PRESSIONS SOLAIRES. 

Les deux pressions solaires sont indépendantes, et 
elles sont si peu sensibles sur la sphéricité des mers, 
qu’elles sont absorbées par les deux pressions lunaires. 

On a une preuve de ce fait en voyant que les hautes 
et basses mers coïncident toujours avec la grandeur des 
jours lunaires, et que les deux petits mascarets ou mon- 
tagnes liquides, formés par les deux pressions solaires, 
restent inaperçus et ne marquent leur passage sur les 
mers qu’en faisant augmenter ou diminuer la grandeur 
des marées occasionnées par les pressions de la lune. 

Pour bien faire comprendre ceci, je ferai remarquer 
que si les pressions lunaires cessaient d’avoir lieu, les 
pressions solaires s’apercevraient sur les mers qui au- 
raient des marées comme elles en ont par les pressions 
de la lune ; mais ces flux et reflux seraient beaucoup 
moins forts, et, au lieu d’ariver lotîtes les 12 heures. 25 
minutes et 14 secondes (qui composent la durée de la 
moitié d’un jour lunaire), les hautes mers auraient lieu 
toutes les 12 heures, qui composent la moitié d’uïi jour 
solaire. 

Les deux petits mascarets formés par les deux pres- 
sions solaires sont totalement indépendants des deux 
mascarets ou montagnes liquides formés par les deux 
pressions de la lune ; et comme les mascarets solaires se 


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- 80 — 


déplacent occidentalement par rapport aux mascarets lu- 
naires. ils les rencontrent et croisent alternativement, 
comme le soleil rencontre çt croise la lune par son dé- 
placement occidental par rapport à la surface des 
mers. < 

Lorsque la lune est en quadrature, les deux pressions so- 
laires pèsent directement sur les deux sommets des mon- 
tagnes liquides, formées par les pressions lunaires ; elles 
en diminuent les hauteurs, mais les marées lunaires s’a- 
perçoivent encore, quoique moins grandes qu’aux épo- 
ques des syzygies de la lune. 

Ce fait est positif, puisqu’entro deux hautes mers con- 
sécutives il s’écoule toujours 12 heures, 25 minutes, 14 
secondes^ qui composent la moitié d’un jour lunaire; et 
cela démontre jusqu’à l’évidence que les deux pressions 
solaires sur la sphéricité des mers sont absorbées par 
les deux pressions lunaires. 

Par leurs séparations et leurs rencontres alternatives 
avec les montagnes liquides, formées par les deux pres- 
sions de la lune, celles dépendantes dee deux pressions 
du soleil en augmentent et diminuent alternativement les 
volumes par deux moyens dilTérenls, qui sont : 

1“ Aux époques des syzygies, les quatre montagnes 
liquides étant réunies, elles n’en forment plus que deux, 
qui, par conséquent, sont plus volumineuses. 

2° Aux époques des quadratures, non-seulement ces 
.deux volumes d’eau, étant divisés en quatre, sont moins 


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— Ht 


considérables qu’aux époques des syzygies, mais, de plus, 
dans les quadratures les pressions solaires pesant direc- 
tement sur les sommets des deux montagnes liquides, 
formées par les deux pressions de la lune, les pressions 
solaires, dis-je, tendent à diminuer la hauteur des mas- 
carets lunaires. 

Par toutes ces considérations, il est facile à recon- 
naître que les deux pressions solaires sont indépendantes, 
et qu’elles sont très-minimes comparativement aux deux 
pressions lunaires. 


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- 82 — 


INDICA nOX d'i’X fait inconnu jusqu’à ce jour et produit 

PAR UNE CHOSE QUE j'aI APPELÉE LE DIVISEUR DES EAUX. 

Parmi les divers faits qui ont plus ou moins d’influence 
sur les marées il en existe un qui contribue beau- 
coup à augmenter et diminuer alternativement la gran- 
deur de celles qui ont lieu dans les ports européens, et 
cela en diminuant et augmentant le volume d’eau qui 
circule vers le Grand Océan et la mer des Indes, 

Ce fait est resté totalement ignoré jusqu’à ce jour, car 
il n’en n’a jamais été question dans aucun ouvrage écrit 
sur les causes des flux et reflux des mers. 

En voyant son importance sur la variation de la 
grandeur des marées, il est permis de croire que le 
manque de connaissances à l’égard de ce fait ait contri - 
bué au défaut de précisions qui, parfois, ont eu lieu au 
sujet des marées pr^ites antérieurement. 

Ce qui a empêché aux savants de s’apercevoir d’une 
chose qui saute à l’œil, tant elle est en évidence, c’est sans 
doute la confiance sans bornes qu’ils ont accordée au 
système étalili par Newton et ses successeurs. Ils n’ont 
pas cru devoir chercher la cause des flux et reflux des 
mers autre part que dans l’attraction, 71/1 n’existe paj, 
et cela les a détournés de la voie qu’ils auraient pu suivre 
pour découvrir la vérité. 


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. — 83 — 


On voit ceci dans les Annuaires qui se publient dans 
le bureau des longitudes, car, à défaut de connaître les 
véritables causes des marées, les Newtoniens les attri- . 
buent aux puissances attractives de la lune et du soleil 
qu’ils augmentent et diminuent à volonté pour faire con- 
corder les causes avec les faits. 

On voit que des trésors d’érudition, tels que François 
Arago et ses successeurs, ayant été éblouis par des faux 
principes, n’ont pas pu découvrir les véritables causes 
des faits qui se passent à la surface de la terre, et qu’on 
peut matériellement voir et toucher. 

Loin de moi la pensée de faire douter des talents des 
professeurs en astronomie qui expliquent les causes des 
flux et reflux des mers comme on leur a appris; au con- 
traire, je les considère comme des grandes intelligences, 
comme des hommes supérieurs, doués de rares facultés; 
mais malheureusement, pour le progrès des sciences, ces 
grands génies ont' été et sont encore stérilisés par la 
fausse voie qu’ils suivent, et qui, ainsi que je l’ai dit, leur 
empêche de voir celle dans laquelle ils pourraient en- 
trer et mettre leurs grands talents à profit. 

Si, n’étant plus ébloui par le système d’attraction 
(auquel on sera bien forcé de renoncer tôt ou tard), op 
attribuait aux flux et reflux des mers leurs véritables 
causes, on devrait appeler la chose qui constitue le fait 
dont je vais parler : le diviseur des eavx. 


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- 84 - 


Celte cliOï>e, c'est la pointe orientale <^e l’Amérique 
méridionale, divisant les eaux des montagnes liquides 
qui sont alternativement poussées contre l’Amérique, 
après avoir contourné l’Afrique. 

La pointe orientale de l’Amérique méridionale, par sa 
forme triangulaire, représente la façade de la pile d’un 
pont contre laquelle les eaux d’une rivière ou d’un fleuve 
SC divisent et passent sous les arches situées à droite et 
à gauche ; mais la continuité de l’Amérique méridionale 
qui empêche aux eaux de se rejoindre derrière sa pointe 
orientale, comme derrière la pile d’un pont, cette conti- 
nuité, dis-je, imite une montagne angulaire formant 
deux collines qui suivent deux lignes opposées et vont en 
s’éloignant indéfiniment l’une de l’autre. 

[>a pointe orientale de l’Amérique méridionale forme 
deux rivages qui suivent deux directions différentes: 
celui de gauche conduit dans le Grand Océan après 
avoir contourné la pointe sud de cette même Amérique 
méridionale, et celui de droite conduit primitivement 
dans le golfe du Mexique et ensuite vers le bord oriental 
de l’Océan Atlantique septentrional , où se trouvent 
les ports européens. 

La pointe angulaire la plus saillante du c5té oriental 
de l’Amérique méridionale, celte qui s’avance le plus dans 
l’Océan Atlantique, et où commence la division des eaux, 
cette pointe se trouve à six degrés de latitude méridionale 
par 37 degrés de longitude est. 


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Doréoavant, pour abréger la désignation de la poiato 
orientale de l'Amérique méridionale, je l'appellerai t* 
dixnsBur des eaux, et ce nom pourra rester à cette 
c6te. 


l^lSSBBTATIOiN Sl'B LES CONSÉQUEiVCES OU DIVISEUR DBS EAUX 
* A u’iGABD DES VARIATIONS DE LA GRANDEUR DES MARÉES 

DANS LES PORTS EUROPÉENS. 

Le diviseur des eaux étant fixé dans l’Océaii Atlan- 
tique, sa position. reste constamment la même, et ce qui 
fait varier le volume des eaux poussées dans les deux 
rivages qui suivent deux directions différentes, co sont 
les variations en latitude des rayons vecteurs du soleil et 
de la lune, des deux côtés de l’équateur à la fois. 

Ainsi donc, les globes solaires et lunaires n’étant ja- 
mais stables, leurs deux pressions diamétralement oppo- 
sées l’une à l’autre varient continuellement en latitude 
des deux côtés de l’équateur à la fois, et ce sont ces va- 
riations en latitude, par rapport au diviseur des eaux, 
qui produisent les énormes différences de grandeur des 
marées qui ont lieu dans les ports d’Europe à des épo- 
ques très-rapprochées les unes des autres. 

Ixirsquc les montagnes liquides formées par les pres- 
sions lunaires et solaires ont contourné le continent d’A- 
frique, et qu’elles circulent ensemble ou séparément 
dans l’Océan Atlantique, toutes celles qui se trouvent 
en latitude septentrionale, par rapport au diviseur des 
eaux quand elles s’en approchent, sont poussées dans le 
rivage qui conduit au golfe du Mexique, et, de là, vers 
les ports européens. 


Digilized b; Coo^lc 


- »7 - 


Par la même raiaoD, tou« les mascarets qui se trau- 
vent eu latitude méridionale par rapport au diviseur des 
etsax, lorsqu'ils rencontrent ce diviseur, tous ces maaca* 
rets, dis-je, sont poussé dans le Grand Océan et la mer 
des Indes, en contournant l’Amérique méridionale. 

Ce qui pousse ces divers mascarets, ce sont les dé- 
placements du soleil et de la lune par rapport à la sur- 
face des mers. 

Ainsi que je l’ai déjà eipliqué, les deux petits masca- 
rets formés par les pressions solaires circulent un peu 
plus rapidement d’orient en occident que les mascarets 
lunaires, et ils rencontrent et croisent ces derniers sur 
les mers, comme le soleil rencontre et croise la lune. 

De ce fait il résulte que parfois les petits mascarets so- 
laires circulent derrière les mascarets lunaires, d’autres 
fois ensemble, et d’autres fois devant. 

La variation en latitude des mascarets lunaires dé- 
pond du déplacement en latitude de la lune, qui s’effec- 
tue beaucoup plus rapidement que celui du soleil, car les 
rayons vecteurs du globe lunaire se portent en moyenne 
de l’équateur à leur plus grande latitude septentrionale, 
ainsi qu’à leur plus grande latitude méridionale, en G 
jours, 19 heures, 55 minutes, A6 secondes, tandis que, 
pour effectuer ces mêmes déplacements, les rayons vec- 
teurs du soleil emploient en moyenne 91 jours, 7 heures, 
27 minutes et 1 1 secondes. 


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— 88 - 


Jl résulte de ces faits que les mascarets produits 
par les pressions solaires varient peu en latitude 
en un jour, tandis que les montagnes liquides formées par 
les pressions lunaires se déplacent en latitude de 3 de- 
grés, 45 centièmes de degré par jour. 

La place fixe qu’occupe dans l'Océan Atlantique le di- 
viseur des eaux étant connue, et les déplacements en la- 
titude des pressions lunaires et solaires l’étant aussi, il 
sera facile de se rendre compte, à un moment donné, 
quels seront les mascarets qui seront poussés A droite 
dans le rivage qui conduit au coté oriental de l’Océan 
Atlantique, où se trouvent les ports européens, et quels 
seront ceux qui. en même temps, seront poussés dans lo 
Grand Océan et dans la mer des Indes, en contournant 
la pointe sud de l’Amérique méridionale. 

Par la même raison, il sera facile de se rendre compte 
des véritahles époques auxquelles les marées doivent 
être plus grandes on plus petites dans les ports d'Eu. 
rope, ainsi que dans les littoraux du Grand Océan et de 
la mer des Indes. 

En suivant minutieusement les marches et contre- 
marches de tous les mascarets provenant des pressions 
lunaires et solaires, on so rendra parfaitement compte 
des causes des divers courants qui ont lieu sur les mers, 
et ces connaissances ne peuvent éviter d’ètrc d’une 
grande utilité à la navigation. 

Pour bien faire comprendre l'importance qu’a le di- 


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— 89 — 


viseur det eaux sur la variation de la grandeur des ma- 
rées dans nos ports, je ferai remarquer que, d’après des 
nombreuses observations, on s’est aperçu qu’aux épo- 
ques des équinoxes, et lorsque la lune se trouve près de 
l’équateur, les deux marées qui ont lieu dansles 24 heures , 
sont égales entre elles pour un même pays. On a aussi 
observé que dans les ports d’Europe les marés les plus 
grandes sont généralement celles qui ont lieu environ 
3G heures après les époques des syzygies, et on s’est 
aperçu que la marée qui vient immédiatement après la 
grande se trouve bien plus petite. 

Cela démontre qu’évidemnient celte, différence de 
grandeur entre deux marées qui se suivent dépend d’un 
déplacement d’eaux qui s’est effectué en faveur d’un canal 
qui les conduit dans telle direction, et cela au détriment 
d’un autre canal qui les conduit dans une autre. 

Je dis cela parce qu’une marée qui a lieu immédia- 
tement après une autre, dans le même pays, dépend 
d’une influence située du coté de la terre diamétralement 
opposé. 

On a reconnu que plus la lune (qui commande les ma- 
rées) se trouve en latitude, plus les marées qui ont lieu 
dans les 24 heures sont inégales entre elles pour un 
même pays. 

Comme, par exemple, si la lune, supposée pleine on 
nouvelle, passe aujourd’hui le plus près possiblede notre 
zénith, son action sur nos mers, lorsqu’elle arrivera au 


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— 90 — 


méridien, sera aussi la plus puissante qu’il se pourra, 
et lorsqu’elle aura passé sous l’horizon, et sera arrivée 
au méridien inférieur, la seconde marée dans nos mers 
s’élèvera beaucoup moins que la première. 

Cela provient naturellement de ce que la seconde marée 
sera la conséquence de la pression lunaire diamétrale- 
ment opposée à la lune, et que cette pression lunaire se 
trouve totalement opposée en latitude par rapport au 
diviseur des eaux. 

Les faits que je viens de citer sont constatés dans tous 
les ouvrages écrits sur les marées, et, ainsi qu’on peut 
matériellement s’en rendre compte dans les ports d’Eu- 
rope, ces faits s’effectuent toujours de la manière que je 
l’explique. 

Ainsi donc, rien au monde ne peut faire révoquer en 
doute que la variation de la grandeur des marées est la 
conséquence de la division des eaux contre la côte orien- 
tale de l’Amérique méridionale; et, ainsi que je l’ai déjà 
dit, ce fait, qui saute à la vue malgré soi, tant il est en 
évidence, est resté inaperçu jusqu’à ce jour par toutes 
les personnes qui ont cherché à se rendre compte des 
causes des flux et reflux des mers. 

Cela ne démontre-t-il pas péremptoirement qu’il faut 
que toutes les intelligences supérieures aient été éblouies 
par le système d’attraction établi par Newton et sessuc- 
i-esseute. 

Ainsi qu’on f)€ut le voir (kns les annuaires publiés 


Digitiz» bv f ^rtoglc 



- 9t - 


depuis fort longtemps ()ar l’illustre Frani^is Arage et 
ses honorables successeurs, on augmente et diminue g 
volonté les puissances attractives pour faire concorder 
les causes avec les faits qu’on voit effectuer dans ks 
ports européens, et le public ébloui, comme les astro- 
nomes, par le brillant système do Newton se contente de 
ces explications. 

De telle sorte, si on persiste à se servir éternellement, 
pour boucher tous les trous, d’un tampon qui n’existe 
que dans l’imagination, on est à peu près certain que 
le progrès des sciences demeurera stationnaire, et que 
les navigateurs ne jouiront pas des avantages que leur 
procurerait la connaissance de l’origine de bon nombre 
de courants sur les mers. 

En connaissant les véritables origines de certains 
courants, les navigateurs pourraient en apprécier les 
conséquences et s’en servir pour faciliter et accélérer 
leurs voyages à long cours. 

Pour que chacun puisse se rendre compte si ce que 
j'avance est vrai, je vais rendre cette vérification facHe 
à toutes les personnes qui en auront la volonté, car pour 
cela il suffira de se rendre sur un port de mer européen , 
n’importe lequel, aux époques que j’indique. 

Pour être convaincu, il suffira d’observer la hauteur 
de deux marées qui se succéderont en 24 heures, et voir 
si leurs différences de hauteur coïncideront avec les posi- 
. lions en latitude de la lune par rapport au diviseur des 


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- 92 - 




eaux, ou si ces difTérences de grandeur des marées peu- 
vent logiquement s'expliquer par l'attraction, comme on 
le fait dans les annuaires publiés par le bureau des 
longitudes. 

I>es deux marées qui auront lieu dans les ports d’Eu- 
rope, dans la journée du 15 septembre prochain^ et dont 
j’ai indiqué la marche des mascarets qui les occasionne- 
ront, ces deux marées auront peu de différence dans 
leur grandeur, parce que, dans cette circonstance, les 
rayons vecteurs de la lune décriront à peu près l’équa- 
teur, et il s’ensuivra que les deux pressions lunaires, 
diamétralement opposées l’une à l’autre, décriront à peu 
près la même latitude. 

Cependant, la marée qui arrivera dans les ports 
d'Europe dans la soirée du 1 5 septembre prochain sera 
un peu plus grande que celle qui aura lieu dans la 
matinée du même jour, et voici pourquoi : 

Depuis la conjonction de la lune du 14 septembre 
prochain (qui aura lieu à 7 heures, 1 9 minutes du soir), 
jusqu’au 1 5 septembre dans la soirée, les rayons vecteurs 
de la lune se seront écartés, en latitude septentrionale 
et méridionale, de la valeur d’environ deux degrés, et 
le diviseur des eaua> se trouvant à 6 degrés de latitude 
méridionale, il s’ensuivra : 

r Que l’écart en .latitade méridionale du mascaret, 
provenant de la pression lunaire diamétralement opposés 


\ 


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— 93 - 


à la lune, n’utteindra pas la latitude du diviseur des 
eauæ ; 

2* Que, en raison du fait que je viens de citer, tout 
l’espace contenu à droite et à gauche de l’équateur par 
les deux mascarets lunaires se trouvera en latitude 
septentrionale par rapport à ce même diviseur ; 

3° Et enGn, que tout le volume d’eau dépendant des 
écarts des deux mascarets lunaires sera poussé vers le 
rivage qui conduit au côté oriental de l’Océan 4tlan- 
tique septentrional, où se trouvent les ports européens. 

Par toutes ces considérations, j’affirme que la marée 
qui aura lieu dans les ports d’Europe, dans la soirée du 
1 5 septembre prochain 1871, sera un peu plus grande 
que celle qui arrivera dans la matinée du même jour, 
12 heures, 25 minutes et 14 secondes antérieurement. 





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V t 

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^ 94 - 


INDICATION DE LA CAt'SE POUR LAQUELLE LES PLUS GRANDES 
MARÉES DANS LES PORTS EUROPÉENS SONT GÉNÉRALEMENT 
CELLES QUI ONT LIEU ENVIRON 36 HEURES APRÈS LES ST- 
ZYGIES. 

La situation en latitudè du diviseur des eaux est une 
des principales causes pour lesquelles les plus grandes 
marées des ports d’Europe sont généralement celles qui 
ont lieu environ 36 heures après les syzygies, car voici 
ce qui se passe à l’égard d’une marée équinoxiale quand 
la lune, en conjonction ou en opposition^ décrit la ligne 
équatoriale. 

Les déplacements en latitude des rayons vecteurs de 
la lune par rapporta l’équateur dans les deux hémis- 
phères à la fois étant (ainsi que je l’ai dit page 88) de la 
valeur de 3 degrés, -'i5 centièmes de degré par jour, cela 
ne fait qu’un peu plus de 5 degrés dont les mascarets 
lunaires se portent au nord et au midi de l’équateur en 
36 heures, ou pendant la durée de trois marées consé- 
cutives. 

11 résulte naturellement de ce fait que l’espace de 10 
degrés contenu entre les deux mascarets lunaires à 
droite et à gauche de l’équateur se trouve tout au nord 
du diviseur des eaux, parce que le mascaret occasionné 
par la pression lunaire qui, dans cette circonstance, se 
porte en latitude méridionale, n’atteint pas les 6 degrés 
de latitude où se trouve situé ce dernier diviseur. 


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- 93 — 


Par la mê/ne raison, tout le surplus d’eau qu’occa- 
sionnent lo3 écarts des deux mascarets lunaires est 
dirigé vers le rivage qui conduit aux ports euro- 
péens, et les marées de ces derniers ports sont plus 
grandes jusqu’à ce que l’écart en latitude de l’un des 
mascarets lunaires ait dépassé les six degrés où sc trouve 
le diviseur des eauco. 

Comme ce n’est qu’après la troisième marée qui sui- 
vent celles des syzygies que l’un des deux mascarets lu- 
naires se trouve assez en latitude méridionale pour que 
ses eaux soient poussées vers le rivage qui conduit dans 
le Grand Océan et dans la mer des Indes, ce n’est 
qu’après la troisième haute mer, à partir de celle de la 
syzygie, que les grandeurs des marées des ports européens 
cessent d’augmenter. 

A l’appui du volume d’eau qu’occasionnent les écarts 
en latitude des mascarets lunaires après la syzygie, il 
faut encore faire la part des écarts en longitude des mas- 
carets solaires qui, en se portant à l’occident des mas- 
carets lunaires, précèdent l’entrée de ces derniers dans 
l’Océan Atlantique, et ils augmentent encore le volume 
des eaux qui sont poussées dans le rivage qui conduit 
vers les ports d’Europe. 

Les déplacements en longitude des mascarets solaire» 
par rapport aux mascarets lunaires augmentent encore, 
pendant un Jour et demi, ou deux jours, le volume des 
eaux qui sont dirigées vers les ports européens, parce 
que les mascarets solaires se déplacent peu en latitude 


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— 96 — 


pendant les 36 heures ou 48 heures postérieures à une 
conjonction ou opposition de la lune envers le soleil. 

Cette augmentation d’eau durerait indéfiniment si elle 
n’était pas arrêtée par les côtes d’Amérique sur les- 
quelles portent les pressions solaires avant l’entrée des 
pressions lunaires dans l’Océan Atlantique, un jour et 
demi ou deux jours après les époques des syzygies, sui- 
vant dans quelle latitude se trouvent le soleil et la 
lune. 

Le soleil se dépla(;ant oceidentalement d’un peu plus de 
demi-degré par heure que la lune par rapport à la sur- 
face des mers, il s’ensuit qu’en 36 heures il dépasse la 
lune de toute l’étendue qui sépare les deux continents 
d’Afrique et d’Amérique aux endroits les plus rappro- 
chés. A d’autres endroits, il lui faut plus de temps, et 
c’est pour cela que je dis suivant dans quelle latitude la 
lune et le soleil se trouvent un jour et demi ou deux jours 
après une pleine ou nouvelle luue. 

Je n’entrerai pas dans des plus longs détails parce que 
je crois qu’en voilà assez pour conclure que la seule et 
véritable cause de la variation de la grandeurdes marées 
dans les ports européens dépend des variations en lati- 
tude des pressions lunaires et solaires par rapport à la 
pointe orientale de l’Amérique méridionale, que j’ai ap- 
pelée le diviseur des eaux. 

Néanmoins, pour rendre la vérification des faits que 
j’avance le plus facile possible, je ferai encore remarquer 


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- Ü7 - 


que pluâ il y a des (litléreuces eu latitude entre les deux 
pressions lunaires diamétralement opposées Tune à 
l’autre, plus il y a de düTérence dans la grandeur de 
deux marées qui se succèdent dans un même pays en 24 
heures, 50 minutes et 28 secondes. 

Cela vient naturellement de ce que la marée dépen- 
dante de la pression lunaire qui se trouve en latitude 
méridionale par rapport au diviseur des eaux est moins 
grande pour les mers qui baignent les ports d’Europe 
que la haute mer dépendante d'une pression lunaire qui 
se trouve en latitude septentrionale par rapport à ce même 
diviseur. 

Pour ne rien laissera désirer pour qu’on puisse faci- 
lement et naturellement se rendre compte delà véritable 
cause de la variation de la grandeur des marées dans les 
ports européens, je prendrai une époque où les deux 
pressions lunaires diamétralement opposées l’une à l’au- 
tre auront une grande différence en latitude aGn que 
cette différence les place l’une au nord et l’autre au midi, 
du diviseur des eaux. 

Dans cette circonstance, pour que la pointe orientale 
de l'Amérique méridionale soit considérée comme 
étant la seule et véritable cause de la variation de la 
grandeur des marées, il faudra que la plus haute des 
deux marées qui se suivront dans les ports d’Europe 
soit celle qui dépendra de la pression lunaire située 
au nord du diviseur des eaux, comme aussi il faudra 


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— 98 — 


quo la plus petite des deux marées qui se sucoèderuot 
dans les ports européens soit œlle qui sera la consé- 
quence de la pression lunaire située au midi de ce même 
diviseur. 

Pour avoir des positions bien tranchées, pour qu’il 
ne puisse exister aucun doute, pour qu'enfin toutes les 
personnes qui le désireront soient à même déjuger cette 
question, je choisis le 26 décembre prochain de 1871, 
que la lune sera en opposition et en grande latitude sep- 
tentrionale, pendant que le soleil décrira une grande la- 
titude méridionale. 

Dans cette circonslance^'le soleil et.Ia lune se trouve- 
ront dans des positions opposées de toutes manières par 
rapport à la terre, et ces positions seront bien convena- 
bles pour faire cette expérience. 

Pour qu’on apprécie bien les positions qu’occuperont 
les pressions lunaires et solaires situées du côté de la 
• terre diamétralement opposé soit à la lune, soit au scfeil, 
quand le globe lunaire arrivera en opposition, poV 
rendre les positions des pressions opposées faciles à com-^ 
prendre, je ferai remarquer que, le 26 décembre pro- 
chain, à 9 heures, 44 minutes du soir (époque de l’oppo- 
sition), il sera midi pour les pays qui, en cet instant, 
se trouveront sous le soleil, et minuit pour ceux qui, en 
même temps, se trouveront vers le méridien que croisera 
le globe lunaire. 


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Comme ausüi ie soleil décrira le solstice d’hiver et la 
lune décrira le solstice d’été. 

La pression solaire située du côté de la terre diamétra- 
lement opposé au soleil décrira le solstice d’été comme 
la lune, et, par la même raison, la pression lunaire située 
du côté de la terre diamétralement opposé à la lune dé- 
crira le solstice d’hiver comme le soleil. 

Ainsi donc, les deux pressions solaires diamétralement 
opposées l’une à l’autre se trouveront réunies aux deux 
pressions lunaires, et ces deux doubles mascarets décri- 
ront des parallèles séparées en latitude de toute la gran- 
deur de la zone torride. 

La pression lunaire de la lune même décrira le solstice 
d’été et la pression lunaire située du côté de la terre dia- 
métralement opposé à la lune décrira le solstice d’hiver. 

Ceci devant être compris, je ferai encore remarquer 
que les deux sommets des deux montagnes liquides que 
feront surgir les deux pressions lunaires, ces deux som- 
mets, dis-je, décriront les mêmes latitudes que les deux 
pressions, et lorsque ces mascarets circuleront successi- 
verpent dans l'Océan Atlantique, après avoir contonmé 
le continent d’Afrique, les parallèles qu’ils décriront au- 
ront une différence en latitude de 46 degrés, dont 23 au 
midi de l’équateur et 23 au nord. 

Lo sommet de la montagne liquide qni précédera le 
déplacement occidental de la pression de la Inné même 
circulera à 23 degrés de latitude septentrionale de 


100 — 


l’équateur, ce qui correspondra à 29 degrés de latitude 
septentrionale du diviseur des eaux. 

' Il résultera de ce fait que la majeure partie de cette 
montagne liquide sera dirigée vers le rivage qui conduit 
dans le golfe du Mexique, et ensuite vers le côté oriental 
de l’Océan Atlantique septentrional, où se trouvent les 
ports européens. 

Le sommet de la montagne liquide qui précédera le 
déplacement occidental do la pression lunaire située du 
côté de la terre diamétralement opposé à la lune, ce 
mascaret (qui traversera l’Océan Atlantique 1 2 heures, 
25 minutes, 14 secondes après celui dont je viens de 
parler) circulera à 23 degrés de latitude méridionale de 
l’équateur, et, par conséquent, à 1 7 degrés de platitude 
méridionale du diviseur des eaux. 

Dans cette circonstance, la plus grande partie d’eau 
de CO dernier mascaret sera poussée dans le Grand Océan 
et la mer des Indes après avoir contourné la pointe sud 
de l’Amérique méridionale. 

De ces deux faits, il s’ensuivra que la marée qui aura 
lieu dans les ports d’Europe, dans la matinée du 27 
décembre prochain 1871, sera beaucoup plus grande 
que celle qui aura lieu dans les mêmes ports 12 heures, 
25 minutes , 1 4 secondes après. 

Par les explications que je viens de donner, ou voit 
matériellement pourquoi deux marées qui se succèdent 
en 24 heures dans un même paya sont parfois beaucoup 



— 101 - 


plus grandes l’une que l’autre; mais pour que tout soit 
bien compris, je vais démontrer séparément comment 
s’efTectuent les deux marées dépendantes des deux pres- 
sions lunaires diamétralement opposées l’une à l’autre, 
lorsque, à l’exemple du 26 décembre prochain 1871, 
CCS deux pressions lunaires décrivent des parallèles bien 
séparées en latitude. 

Pour éviter la confusion, je vais indiquer par ordre, 
d’orient en occident, les positions qu’occuperont en lon- 
gitude et en latitude, à un moment donné, les deux pres- 
sions lunaires diamétralement opposées l’une à l’autre, 
^insi que les deux montagnes liquides qui précéderont 
ces deux pressions dans leur déplacement occidental 
par rapport à la surface des mers. ' 

Ainsi donc, le 26 décembre prochain 1871, à 3 heu- 
res, 31 minutes et 23 secondes du soir, au méridien de 
Paris, la pression de la lune même se trouvera dans la 
mer de la Chine, par 124 degrés de longitude est, et 23 
degrés de latitude septentrionale. 

Le sommet de la montagne liquide qui précédera cette 
pression lunaire se trouvera sur le bord oriental de la 
mer Rouge, par 34 degrés de longitude est, et 23 degrés 
de latitude septentrionale. 

La pression lunaire diamétralement opposée à la lune 
sera au-dessus de l’Amérique méridionale, par 56 de- 
grés de longitude ouest, et 23 degrés de latitude méri- 
dionale. 

1 


r 


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Le sommet de la montagne liquide qui précédera la 
pression lunaire diamétralement opposée à la lune se 
trouvera sur le Grand Océan Pacifique, par 146 degrés 
de, longitude ouest, et 23 degrés de latitude méridionale. 

Ces quatre positions étant connues, je ferai remar- 
quer qü’à partir du moment indiqué plus haut, c’est-à- 
dire à partir du 26 décembre prochain, à 3 heures, 31 
minutes et 23 secondes du soir, les deux pressions lu- 
naires, ainsi que les deux montagnes liquides qui les 
précéderont, se déplaceront rapidement en longitude, 
d’orient en occident, en conservant à peu près la même 
latitude, parce que les pressions lunaires ne varient en 
latitude que de la valeur d’un degré et trois quarts de de- 
gré pendant la moitié d’un jour lunaire. 

Par suite de ce déplacement longitudinal et occidental, 
les deux pressions lunaires, ainsi que les deux montagnes 
liquides qui précéderont ces deux pressions, parcourront 
chacune la moitié de la circonférence de la terre en 12 
heures, 25 minutes, 14 secondes, et, par ce parcours, 
elles changeront mutuellement de place en longitude. 

‘ La pression de la lune même occupera en longitude 
la place qu’occupait la pression opposée, tout comme la 
pression opposée occupera en longitude la place qu’oc- 
cupait la pression de la lune, 12 heures, 25 minutes et 
1 4 secondes antérieurement. 

hln renouvelant ce parcours en longitude, pour les 
deux autres demi-circonférences de la terre, pendant un 


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— 103 — 


nouveau temps de! 2 heures, 25 minutes et 1 4 secondes, 
il s’ensüivra que les deux pressions lunaires, ainsi quë 
les deux montagnes liquides qui précéderont ces pres- 
sions, achèveront leur révolution occidentale autour de 
la terre, et.èlles reviendront positivement aux mêmes 
longitudes qu’elles étaient à l’époque qui aura marqué 
leur point de départ. 

Ces retours aux mêmes longitudes auront lieu 24 
heures, 50 minutes et 28 secondes après le 26 décembre, 
à 3 heures, 31 minutes, 23 secondes du soir, et cela 
portera au 27 décembre, à 4 heures, 2t minutes, 51 
secondes du soir. ' ' 

Ces faits expliquent pourquoi il y a deux marées à la 
fois, une de chaque côté de la terre diamétralement op- 
posés l’un à l’autre, et aussi pourquoi les retours* pério- 
diques de ces marées, pour les mêmes pays, retardent en 
moyenne de 50 minutes, 28 secondes par jour. 

Ainsi donc, pendant les 24 heures, 50 minutes et 28 
secondes qui s’écouleront à partir du 26 décembre pro- 
chain, à 3 heures, 31 minutes et 23 secondes du soir, 
les deux pressions lunaires diamétralement opposées 
l’une à l’autre, ainsi que les deux montagnes liquides qui 
les précéderont, parcourront complètement la circonfé- 
rence de la terre d’orient en occident, et elles arriveront 
absolument aux mêmes longitudes qu’elles occuperont 
lors du point de départ. 

Par ces faits, et pendant ce tempe de 24 heures, 50 


— 104 — 


minutes, 28 secondes, il y aura deux marées eonsécu- 
tives dans les ports d’Europe, dont l’une dépendra de la 
pression de la lune même, et l’autre sera la conséquence 
de la pression lunaire située du côté de la terre diamétra- 
lement opposé à la lune. 

Une de ces deux hautes mers (celle qui dépendra de la 
pression de la lune] sera beaucoup plus forte dans les 
mers qui baignent les ports d’Europe que celle qui, pour 
ces mômes ports, aura lieu 1 2 heures, 25 minutes, 1 4 
secondes plus tard, et qui dépendra de la pression lu- 
naire diamétralement opposée à la lune. 

Maintenant il s’agit de suivre, à la surface de la terre, 
les parcours de ces deux pressions lunaires opposées l’une 
à l’autre, pour se rendre matériellement compte de la 
véritable cause pour laquelle la marée occasionnée par 
la pression de la lune même dans les ports européens 
sera beaucoup plus grande que celle qui dépendra de la 
pression lunaire diamétralement opposée à la lune. 

La première marée qui aura lieu dans les ports d’Eu- 
rope, à partir du 26 décembre prochain, à 3 heures, 
31 minutes, 23 secondes du soir, étant celle qui sera oc- 
casionnée par la pression de la lune même, c’est par le 
parcours autour de la terre de la pression du globe lu- 
naire même que je vais commencer mh démonstration. 

Après cela j’expliquerai comment s’effectuera la marée 
qui dépendra de la pression lunaire diamétralement op- 
posée à la lune, laquelle marée aura lieu, pour les ports 


1 


— 105 — 

européens, 12 heures, 25 minutes et 14 secondes après 
la haute mer qui dépendra de la pression de la lune 
même. 


0 




OigItIzecI by 


— 106 — 


DÉMON6TRAT1UN DU PARCOUBS DE LA PRESSION DE LA LUNE 
AUTOUR DE LA TERRE, AINSI QUE DE CELUI DE LA MON- 
TAGNE LIQUIDE QUI PRÉCÉDERA CETTE PRESSION DANS SON 
DÉPLACEMENT OCCIDENTAL, A PARTIR DU 26 DÉCEMBRE 
PROCHAIN 1871 , A 3 HEURES, 31 MINUTES, 23 SECONDES 
DU SOIR. 

Ainsi que je l’ai dit (page 101), le 26 décembre pro- 
chain 1871, à 3 heures, 31 minutes, 23 secondes du 
soir, la pression de la lune se trouvera dans la mer de la 
Chine, par 1 24 degrés de longitude est, et 23 degrés de 
latitude septentrionale. 

Au même instant, le sommet de la montagne liquide 
qui précédera la pression de la lune se trouvera à la 
même latitude septentrionale que ladite pression, et à 
90 degrés occidental, ce qui correspondra avec le bord 
oriental de la mer Rouge par 34 degrés de longitude est, 
et 23 degrés de latitude septentrionale. 

A partir de ce moment, la pression de la lune, ainsi 
que la montagne liquide, se déplaceront, en 4 heures, 
de 58 degrés en longitude occidentale et du 3/4 d’un 
degré en latitude méridionale. 

Cela portera la pression de la lune au nord de la mer 
d’Omand, par 66 degrés de longitude est, et 22 degrés et 
1/4 de latitude septentrionale. 

Quant à la montagne liquide, ce déplacement la por- 
era dans l’Océan Atlantique (aprte avoir coutoumé l’A- 


Digilized by GoOgle 



— 107 — 


frique), et elle se trouvera au-dessous de l’Ile-de-Fer, 
par 24 degrés de longitude ouest, et 22 degrés et 1 /4 de 
latitude septentrionale. 

Dans cette circonstance, le sommet de cette montagne ' 
liquide se trouvera à 28 degrés et 1/4, en latitude nord, 
par rapport au diviseur des eaux, et il en résultera qu’à 
mesure que ce mascaret sera poussé vers l’occident par 
la pression de la lune, la majeure partie de ses eaux se- 
ront dirigées dans le rivage qui conduit vers les ports 
européens. 

11 en sera ainsi, parce que, la montagne liquide se 
trouvant en grande latitude septentrionale par rapport 
à la pointe orientale de l’Amérique méridionale, la 
presque totalité des eaux de ce mascaret seront poussées 
dans le golfe du Mexique, et de là vers le côté de l’O- 
céan Atlantique septentrional, où se trouvent les ports 
d’Europe. 

En ajoutant les 4 heures que la pression de la lune et 
le mascaret emploieront pour se déplacer de 58 degrés 
en longitude et 3/4 de degré en latitude, aux 3 heures, 31 
minutes, 23 secondes du soir (époque du point de dé- 
part), cela correspondra à 7 heures, 31 minutes, 23 se- 
condes du soir. > ' ' 

A partir de ce dernier moment, 7 heures, 31 minutes, 

23 secondes du soir, jusqu’à minuit, 43 minutes, et 23 
secondes, pendant-ces 5 heures, 12 minutes, la pression 
de la lune, ainsi que la montagne liquide, se déplaceront. 






- 108 - 


d’orient en occident, de 76 degrés en longitude occiden- 
tale et d’un degré en latitude méridionale. Cela portera 
la pression de la lune sur le côté occidental d’Afrique par 
1 0 degrés de longitude ouest, et 21 degrés et 1 jU de lati- 
tude septentrionale. 

Quant à la montagne liquide, elle sera divisée par la 
pointe orientale de l’Amérique méridionale, qu’elle ren- 
contrera à 8 heures, 20 minutes; la presque totalité de 
ses eaux sera poussée vers le golfe du Mexique, au fond 
duquel elle arrivera à minuit, 43 minutes et 23 se- 
condes, en circulant par la mer des Antilles, dans laquelle 
elle passera à 1 1 heures du soir. 

Une faible partie de cette montagne liquide, celle qui, 
au moment de la division, n’entrera pas dans le rivage 
qui conduit dans le golfe du Mexique, cette faible quan- 
tité d’eau (comparativement avec celle qui passera au 
côté nord du diviseur) circulera dans le Grand Océan 
après avoir contourné la pointe sud de l’Amérique méri- 
dionale; et à minuit, 43 minutes, 23 secondes, cette petite 
partie de la montagne liquide arrivera au sud du Mexi- 
que par 1 00 degrésde longitude ouest, et 21 degrés et 1 /4 
,> de latitude septentrionale. 

Dans cette circonstance, il arrivera que, malgré la di- 
vision de la montagne liquide qui précédera le déplace- 
ment de la pression de la lune, les eaux de ce mascaret 
ne seront séparées que de l’épaisseur du Mexique, à mi- 
nuit 43, minutes, 23 secondes. 


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— 109 — 


11 en sera ainsi, parce que les deux parties de cette 
montagne liquide conserveront leur distance rigoureuse 
de 90 degrés, par rapport à la pression de la lune, jus- 
qu’à minuit, 43 minutes, 23 secondes, que la plus forte 
partie de ces eaux arrivera au fond du golfe du Mexique. 

A partir de cette dernière époque de minuit, 43 mi- 
nutes et 23 secondes, les choses ne se passeront plus de 
la même manière, car les deux parties d’eau dépendantes 
du même mascaret, avant la division, circuleront en 
sens opposé l’une à l’autre : la plus faible partie, celle qui 
' circulera dans le Grand Océan, continuera sa marche 
occidentale en conservant sa distance de 90 degrés par 
rapport à la pression de la lune, tandis que la plus forte 
partie d’eau, celle qui aura été poussée dans le golfe du 
Mexique, circulera (faute d’issue occidentale) d’occident 
en orient, en allant à la rencontre de la pression de la 
lune, et en se dirigeant vers le côté oriental de l’Océan 
Atlantique septentrional, où se trouvent les ports eu- 
ropéens. 

Ceci explique pourquoi plus les ports d’Europe sont 
situés au nord et à l’orient de l’Océan Atlantique, plus ils 
tardent d’avoir la haute mer; et, par la même raison, plus 
il y a de temps que la pression de la lune, ou la pression 
diamétralement opposée, ont croisé les méridiens de ces 
ports quand la haute mer leur arrive. 

C’est ce qui a occasionné ce qu’on appelle Vélablisse- 
ment des ports. 


110 — 


A. partir de minuit, 43 minutes, 23 secondes jusqu’au 
27 décembre, à 3 heures, 56 minutes, 37 secondes dn 
matin, pendant ces 3 heures, 13 minutes, 14 secondes, 
la pression de la lune se déplacera de 46 degrés en lon- 
gitude occidentale, et de 1 /4 de degré en latitude méri- 
dionale; elle se trouvera dans l’Océan Atlantique par 56 
degrés de longitude oueet, et 21 degrés de latitude sep- 
tentrionale, ce qui correspondra en longitude avec le mé- 
ridien qui passe sur l’île de Terre-Neuve. 

Quant aux eaux du mascaret divisé, la petite partie, 
qui aura été poussée dans le Grand Océan, aura con- 
servé sa distance de 90 degrés par rapport à la pression 
de la lune; en circulant occidentalement, elle aura croisé 
le golfe de Californie, dans lequel il y aura haute mer à 
2 heures du matin; et à 3 heures, 56 minutes et 37 se- 
condes, cette petite partie d’eau se trouvera dans le 
Grand Océan par 146 degrés de longitude ouest, et 21 
degrés de latitude septentrionale. 

Cette dernière longitude où se trouvera la faible partie 
d’eau (dépendante du mascaret qui précédera la pression 
de la lune) sera la même que celle où se trouvera, 12 
heures, 25 minutes, 14 secondes avant, le mascaret op- 
posé, mais elle en sera encore séparée en latitude par 
42' degrés, qui font presque l’étendue de la zone torride. 

Quant à la forte partie d’eau de la montagne liquide 
divisée, celle qui sera poussée dans le golfe du Mexique 
par la pression de la lune, ces eaux, faute d’issue à l’oc- 


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cident, seront revenues d’occident en orient, et à 3 
heures, 56 minutes, 37 secondes du matin, elles se trou- 
veront dans l’Océan Atlantique, par 54 degrés de longi- 
tude ouest, et 21 degrés de latitude septentrionale. 

Cette position correspondra avec le méridien qui passe 
sur le côté oriental de l’île de Terre-Neuve et se trouvera 
entre cette dernière île et la place qu’occupera en même 
temps la pression de la lune, à 2 degrés près en longitude, 
et à 20 degrés de distance en latitude. 

Je dis à 2 degrés près en longitude, parce que c’est 
au 55*°* degré en longitude ouest que le croisement aura 
lieu, et le 27 décembre, à 3 heures, 56 minutes, 37 se- 
condes du matin, la pression de la lune et les eaux dé- 
pendantes de son mascaret auront parcouru, en sens 
inverse, après s’être croisées, chacune d’un degré, qui 
'constitueront les deüx degrés de différence en longitude. 

A partir de ce dernier moment, 3 heures, 56 minutes et 
37 secondes du matin, la grande partie des eaux'du mas- 
caret divisé ralentira sa marche orientale en s’éten- 
dant au nord de l’Océan Atlantique (n’étant plus res- 
serrées entre les deux Amériques), et ces eaux afflueront 
lentement vers les ports d’Eûrope, dans lesquels elles 
arriveront successivement, selon les positions orientales 
et septentrionales desdits ports. 

A mesure que ces eaux s’éloigneront du lieu où elles 
aunmt reçu l’impulsion qui les fera circuler vers le nord 
éi vcn l’orient de l’Océan Atlantiqne, leur déplacement 


- 112 - 


se ralentira, et ce déplacement cessera totalement quand 
l’impulsion ne produira plus d’effet. 

Comme, par exemple, dans l’extrême nord, au-dessus 
de la Norvège, les mers de ces pays ne doivent plus avoir 
des marées, et voici pourquoi : 

 partir du golfe du Mexique, les pressions lunaires et 
solaires ne peuvent plus avoir d’action sur le mascaret 
qui se dirige en sens opposé d’occident en orient, 
parce que ces pressions sont séparées par les côtes d’A- 
mérique, qui en arrêtent les effets. 

Il résulterait, selon ma manière de voir, que, passé 
90 'degrés en longitude orientale, à partir du golfe du 
Mexique, l’impulsion dépendante des pressions lunaires 
et solaires sur les eaux qui circulent d’occident en 
en orient vont en s’amortissant. 

Voici les époques auxquelles la haute mer arrivera 
dans les ports de Brest, de Saint-Malo et de Dieppe, dans 
la platinée du 27 décembre prochain 1871. 

Dans le port de Brest, à 4 heures, 1 0 minutes du 
matin; dans celui de Saint-Malo, à 6 heures, 28 minutes 
idem, et dans le port de Dieppe, à 1 0 heures, 50 minutes 
aussi du matin. ’ 

Cette marée sera beaucoup plus grande dans les ports 
d’Europe que celle qui aura lieu 1 2 heures, 25 minutes, 
14 secondes plus tard, parce que la haute mer dont je 
viens de parler dépendra de la grande quantité d’eau 
qui passera au nord du diviuur da eauœ dans la soirée 


Digit.i 



— 113 — 


du 26 décembre^ et qui sera beaucoup plus forte que celle 
qui passera vers ce même diviseur, 12 heures, 25 mi- 
nutes, 14 secondes après. 

Cela viendra (ainsi que je l’ai déjà dit bien des fois) 
de ce que la haute mer qui arrivera dans les ports d’Eu- 
rope, dans la matinée du 27 décembre prochain, dé- 
pendra de la pression de la lune même, qui se trouvera 
au nord du diviseur des eauœ, tandis que la marée qui 
viendra après cette haute mer, et qui aura lieu dans la 
soirée du 27 décembre prochain,dépendrade la pression 
lunaire située du côté de la terre diamétralement opposé à 
la lune. Cette pression se trouvera en latitude méridionalè 
par rapport au diviseur des eauœ, et la majeure partie 
des eaux de la montagne liquide qui précédera le dé- 
placement occidental de ladite pression sera dirigée 
dans le rivage qui conduit vers le Grand Océan et la 
mer des Indes. 


# 




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lU - 


INDICATION DU PARCOURS DE LA PRESSION LUNAIRE DUKÉ- 
TBALEMENT OPPOSÉE A LA LUNE, AINSI QUE CELUI DE LA 
MONTAGNE LIQUIDE QUI PRÉCÉDERA CETTE PRESSION LU- 
NAIRE, A PARTIR DU 26 DÉCEMBRE PROCHAIN 1871, A 3 
HEURES, 31 MINUTES, 23 SECONDES DU SOIR. 

Pendant que la pression do la lune et la montagne li- 
quide qui la précédera se déplaceront de \ 80 degrés en 
longitude occidentale, et 2 degrés en latitude méridionale, 
en 12 heures, 25 minutes, 14 secondes, la pression lu- 
naire diamétralement opposée à la lune, ainsi que le 
mascaret qui la précédera, effectueront le même dépla- 
' cernent occidental en longitude et 2 degrés en latitude 
septentrionale. 

11 en sera ainsi parce que les rayons vecteurs de la 
lune s’écartent et se rapprochent de l’équateur pour les 
deux hémisphères de la terre à la fois. 

De ces faits il résultera qu’à partir du 26 décembre 
prochain 1871, à 3 heures, 31 minutes, 23 secondes du 
soir, la pression lunaire diamétralement opposée à la 
lune, et le mascaret qui précédera cette pression , par- 
courront la demi-circonférence de la terre opposée à celle 
que parcourra en même temps la pression de la lune 
même, ainsi qu’un des mascarets qui précédera cette der- 
nière pression. 

Par ce double fait, il s’ensuivra que les deux pressions 
lunaires diamétralement opp<»ées l’une à l’autre pren- 


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— 115 — 


dront mutuellement et longitudinalement la place l’une 
de l’autre en 12 heures, 25 minutes, 14 secondes; mais 
il n’en sera pas de même en latitude, car pendant ce 
temps elles ne so rapprocheront l’une et l’autre de l’é- 
quateur que de chacune 2 degrés ; cela les réduira à 42 
degrés de distance en latitude au lieu de 46 degrés dont 
elles seront séparées l’une de l’autre à l’époque du point 
de départ. 

De ces divers faits il résultera que. le 27 décembre pro- 
chain 1871, à 3 heures, 56 minutes, 37 secondes 64 
matin, la presion lunaire diamétralement opposée à la 
lune, et la montagne liquide qui précédera cette pression, 
auront, ocidentalement et longitudinalement, parcouru la 
demi-circonférence de la terre opposée à celle qu’auront 
parconru en même temps la pression de la lune et une 
partie des eaux de son mascaret. 

Ainsi donc, on a vu (page 101), que le 26 décembre 
prochain, à 3 heures, 31 minutes, 23 secondes du soir, 
il arrivera : 

1 * Que la pression de la lune même se trouvera dpns 
la mer de la Chine par 1 24 degrés de longitude est, et 
23 degrés de latitude septentrionale. 

2* Que le sommet de la montagne liquide qui pré- 
cédera cette dernière pression se trouvera sur le bord 
oriental de la mer Rouge, par 34 degrés de longitude est, 
et 23 degrés de latitude septentrionale. 

3* Que la pression lunaire diamétralement opposée à 



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— 116 — 


ia lune sera sur l’Amérique méridionale par 56 degrés 
de longitude ouest, et 23 degrés de latitude méridionale. 

4' Et enfin, que le sommet de la montague liquide 
qui précédera la pression lunaire diamétralement op- 
posée à la lune se trouvera dans le Grand Océan Paci- 
fique par 1 46 degrés de longitude ouest, et 23 degrés de 
latitude méridionale. 

Par suite des déplacements en longitude et en latitude 
des deux côtés de la terre à la fois, parles deux pressions 
lunaires diamétralement opposées l’une à l’autre, ainsi 
que par les deux montagnes liquides qui précéderont ces 
deux pressions dans leur marche occidentale , il s’en- 
suivra que, 1 2 heures, 25 minutes, 1 4 secondes après 
le 26 décembre prochain, à 3 heures, 31 minutes, 23 
secondes du soir, il s’ensuivra, dis-je, qu’après le laps de 
temps cité plus haut (qui correspondra avec le 27 dé- 
cembre, à 3 heures, 56 minutes, 37 secondes du matin), 
les deux pressions lunaires, ainsi que leurs deux masca- 
rets, occuperont sur la terre les places suivantes : 

1 * La pression de la lune se trouvera dans l’Océan At- 
lantique par 56 degrés de longitude ouest, et 21 degrés 
de latitude septentrionale. 

2* Une partie du mascaret qui précédera 1a pression 
de la lune sera dans le Grand Océan Pacifique par 146 
degrés de longitude ouest, et 21 degrés de latitude sep- 
tentrionale. 

3* La pression lunaire diamétralement opposée à la 


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h» 


— 117 — 


lune se trouvera sur l’Australie, par 124 degrés de lon- 
gitude est, et 21 degrés de latitude méridionale. 

4° Et enfin, le sommet de la montagne liquide qui 
précédera la pression lunaire diamétralement opposée à 
la lune se trouvera dans le canal de Mozambique, par 
34 degrés de longitude est^ et 21 degrés de latitude mé? 
ridionale. • 

On a dû remarquer qu’après le parcours de la demi- 
circonférence de la terre par la pression de la lune même 
il n’y aura qu’une partie du mascaret dépendant de 
cette pression qui se trouvera dans le Grand Océan Pa- • 

cifique, par 14G degrés de longitude ouest, et 21 tlogrés 
de latitude septentrionale. 

Cela viendra de ce que (ainsi que je l’ai expliqué pré- 
cédemment), pendant le parcours de la demi-ci rconfé- 
rence de la terre, où se trouvent les continents d’Afrique 
et d’Amérique, les montagnes liquides qui précèdent les 
pressions lunaires sont alternativement entravées par ces 
deux continents. 

C’est ce qui aura lien pendant le parcours de la pres- 
sion de la lune autour de cette demi-circonférence de la ' 

terre, car, ainsi que je l’ai expliqué (page 108 et autres}, 
une faible partie des eaux de la montagne liquide qui 
précédera la pression de la lune passera au midi du t/j- 
vjseur des eaux et sera poussée dans le Grand Océan, 

Pacifique. 

L’autre partie de cette montagne liquide, la pUis 

* 


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— 118 — 


grande quantité, passera au nord du diviseur des eaux 
et sera poussée dans le rivage qui conduit au côté oriental 
de l’Océan Atlantique septentrional , où se trouvent les 
ports d’Europe. 

Ainsi que je l’ai déjà dit bien souvent, c’est cette par- 
ticularité qui est cause que la marée qui aura lieu dans 
les ports d’Europe dans la matinée du 27 décembre 
prochain, sera beaucoup plus grande que celle qui ar- 
rivera 12 heures, 25 minutes, 14 secondes plus tard, 
dans les mêmes ports. 

On verra matériellement la raison de ce fait par les 
explications qui vont suivre, à l’égard de la continuation 
des déplacements des deux pressions lunaires, ainsi que 
des deux montagnes liquides qui précéderont les dépla- 
cements de ces deux pressions. 


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DÉMONSTRATION DES DÉPLACEMENTS DES DEUX PRESSIONS 
LUNAIRES, AINSI QUE DE LEURS DEUX MASCARETS, A PARTIR 
DU 27 DÉCEMBRE PROCHAIN, A 3 HEURES, 56 MINUTES, 
37 SECONDES DO MATIN. 

A partir de l’cpoque citée ci-dessus, la pression de la 
lune, ainsi que la montagne liquide qui précédera cette 
dernière pression, se déplaceront sans interuption en 12 
heures, 25 minutés, 14 secondes, de 1 80 degrés en lon- 
gitude occidentale et 2 degrés en latitude méridionale. 

Ce déplacement reportera la pression de la lune dans 
la mer de la Chine par 1 24 degrés de longitude est et 1 9 
degrés de latitude septentrionale. 

Le sommet de la montagne liquide qui précédera 
cetle pression, se retrouvera sur le bord oriental de la 
mer Rouge, par 34 degrés de longitude est, et 19 degrés 
de latitude septentrionale. 

Après ce laps de temps de 1 2 heures, 25 minutes, 1 4 
secondes (qui correspondra avec le 27 décembre à 4 
heures, 21 minutes, 51 secondes du soir], la pression de 
la lune et son mascaret se retrouveront dans les mêmes 
positions en longitude qu’elles occuperont à l’époque qui 
marquera leur point de départ, soit 26 décembre, à 3 
heures, 31 miuutes, 23 secondes du soir, mais il n’en 
sera pas de même à l’égard de la latitude, qui aura varié 


de quatre degrés du côté méridional en se rapprochant 
de l’équateur. 

Cette variation en latitude sera cause que, le 27 dé* 
ccmbre prochain, à 4 heures, 21 minuU'S, 51 secondes 
du soir (1], la pression de là lune ne se trouvera plus 
qu’à 19 degrés de latitude septentrionale. 

Comme aussi, par la même raison, la montagne li- 
quide qui précédera le deidacement de la pression de la 
lune ne se trouvera plus qu’à 19 degrés de latitude sep- 
tentrionale, le 27 décembre prochain, à 4 heures, 21 
minutes, 51 secondes du soir; et cela correspondra avec 
la Nubie, par 34 degrés de longitude est, et 19 degrés de 
latitude septentrionale. 

Quant à la pression lunaire diamétralement opposée 
à la lune, cette pression se portera également de 1 8U 
degrés en longitude occidentale, et 4 degrés en latitude 
méridionale, en 12 heures, 25 minutes, 14 secondes. 

Dans cette circonstance, la pression lunaire dihmétra- 
lement opposée à la lune reviendra dans la même posi- 
tion en longitude qu’elle occupera à l’époque du point de 
départ (2). et elle n’aura varié que de 4 degrés en lati- 
tude, dont elle se sera rapprochée de l’équateur. 


( 1 } Epoque S Iac[uell i la pression lunaire sera reveDue à la même loflgitude 
qu'elle occupera le 26 tlccembre prochain, à 3 heures, 31 miuulcs, 23 se. 
condes du soir. 

(2) 26 décembre proehaiii, i S heures. 31 trinoles, 23 sreondet du 

«Air. 


Digitizcri t-.y Google 



1 ?! 


Cette variation en lalitiuie sera cause que, le 27 dé- 
cembre prochain, à 4 heures, 21 minutes, 51 secondes 
du soir, la pression lunaire diamétralement opposée a 
la lune ne se trouvera plus qu’à 19 degrés de latitude 
méritlionale, ce qui correspondra avec l’Amérique sud. 
par 5Ci degrés de longitude ouest, et 19 degrés de lati- 
- tude méridionale. 

I 

Quant à la montagne liquide qui précédera la pres- 
sion lunaire diumélralemont opposée à la lune, et dont 
je viens de parler, il n’y aura qu’une partie des eaux de 
ce mascaret qui parcourra 180 degrés de longitude occi- 
dentale et 2 degrés de latitude septentrionale, en 12 
heures, 25 minutes et 14 secondes, et dont le parcours 
correspondra avec le Grand Océan Pacifique, par 146 
degrés de longitude ouest, et 1 9 degrés de latitude mé- 
ridionale. 

Une Faible partie de cette montagne liquide sera sous- 
traite par le f/i’ü4<eur, lorsque ce mascaret ren- 
coulrcra CLMleriiier rfitiicar en traversant l’Océan At- 
lantique. 

Les choses se passeront absolument delà même ma- 
nière qu’au sujet de la montagne liqiiiile qui précédera 
le deplactiiiient ofcideulal de la pression de la lune, et 
qui traversera c-etlc iiiéiue bramha de mer dans la soirée 
du 2G décembre proebain. 

Je ne reproduirai pas les détails dans lesquels je suis 
entré, page 107 et suivantes, à l’égard du passage 



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- 12-3 - 


lie la pression de la lune dans l’Océan Atlantique, uinei 
que de celui de son mascaret, olicndu que les choses 
élaiit identiques, elles se passeront absolument de la 
Oléine manière, et cela ne servirait qu’à répéter les mêmes 
faits qui doivent avoir été compris. 

Seulement, je ferai encore remarquer que le passage 
de la pression de la lune et son mascaret, qui auront 
lieu dans la soirée du 26 décembre prochain, ses jias- 
siges s’eTectueront à 28 degi'és de latitude- nord par 
rapport à la pointe orientale de rAmérique méridionale, 
que j’ai appelée le dici^eur des eaux, tandis que ces 
mêmes passages de la pression lunaire diaiuélralt-ment 
opposée à la lune, ainsi que celui de son mascaret, et 
qui auront lieu dans la matinée du 27 décembre pro- 
chain. CCS mêmes passages, dis-je, s’effectueront à 15 
degrés de latitude méridionale par rapjiort à ce même 
diviseur. 

Do ce fait il s’ensuivra naturellement que les eaux de 
la montagne liquide qui passeront au miili du diviseur, 
dans la matinée du 27 décembre proebain, et qui, par 
ce fait, circuleront dans le ri\age qui conduit dans le 
Grand Océan et la mer des Indes, seront plus abon- 
dantes que celles qui passeront dans ce même endroit 
12 heures, 23 minutes, 14 secondes avant. 

Comme .aussi, les eaux qui passeront au nord de la 
pointe orientale de l’Amérique méridionale, dans la 
soirée du 26 décembre prochain, et qui seront poussées 


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133 


dans le golfe du Mexique, et de là vers le côtéorienlnl de 
l’océan Atlantique septentrional, où se trouvent les ] orts 
européens, ces eaux seront beaucoup plus abondantes 
que ailes qui passei’onl dans ces mêmes lieux 12 heures, 

25 minutes, 14 secondes plus tard. 

Il résultera naturellement de ces faits : 

1“ Que la marée qui aura lieu dans les ports de l'Eu- 
rope dans la mâtiné? du 27 décembre prochain, et 
qui dépendra de la pression do la lune même, sera 
beaucouj) plus grande que celle qui aura lieu dans 
les mêinès ports, 12 heures, 25 minutes, 14 secondes 
après ei qui dépendra de la pression lunaire diamétra- 
lement o|iposée à la lune, 

2" Que le sommet de la montagne liquide qui longera 
le Grand Océan et la mer des Indes, dans la nuit du 26 
au 27 décembre prochain, et qui dépendra de la pres- 
sion de la lune, ce mascaret circulera par 23 degrés de 
latitude septentrionale, au début, et se terminera par 21 
degrés. 

Il croisera successivement le golfe de Californie, les 
îles Philippines, la mer de la Chine, 1 p golfe de Siam, , 
le golfe du Bengale, le golfe Persique et le golfe d’A- 
rabie, dans lequel il se trouvera, le 27 décembre pro- 
chain, à 3 heures, 56 minutes, 37 secondes du matin. 

3® Et enfin, que le sommet de la montagne liquide 
qui parcourra le Grand Océan et la mer des Indes, 12 
heures, 25 minutes, 14 secondes plus tard, et qui dé- 


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— 194 — 


pendra de la pression lunaire diamétralement opposée a 
la lune, le parcours de ce sommet s’effectuera par 21 
degrés de latitude méridionale au début; il croisera 
l’Australie le 27 décembre prochain, à 8 heures du 
matin, et il arrivera dans le canal de Mozambique, près 
de l’Afrique, le même jour, à 4 heures, 21 minutes, 51 
secondes du soir ; et, dans ce moment, il ne sera plus 
qu’à 19 degrés de latitude méridionale. 


» 


Digiljzed b>^o^gle 



DIMERTATION SUR LES ECARTS EN LATITUDE DES RATOKS 
VECTEURS DU SOLEIL ET DE LA LUNE. 

Les rayons vecteurs de la lune se portant alternative- 
ment dans les deux hémisphères, à la fois, do l’éqiialeur 
à leur plus grande latitude, et de celte dernière à l’équa- 
teur, il s’ensuit que les sommets des montagnes liquides 
occasionnées par les deux pressions lunaires s’éloignent 
et se rapprochent alternativement de l’équateur en cir- 
culant dans le Grand Océan et la mer des Indes, où leur 
marche n’est pas sérieusement entravée. 

% 

Les rayons vecteurs de la lune n’employant en 
moyenne que 13 jours, 15 heures, 51 minutes et 32 
secondes pour se porter de l’équateur à leur plus grande 
latitude, et de cette dernière à l’équateur, il s’ensuit que 
les deux mascarets formés par les deux pressions lu- 
naires^ se portent alternativement de l’équateur aux 
plus grandes latitudes de la lune, et de ces dernières à 
l’équateur, tous les 13 Jours, 15 heures, 51 minutes, 
32 secondes en moyenne. 

Les petits mascarets formés par les pressions solaires 
efTecluent cette même variation en latitude, mais beau- 
coup plus lentement, parce qu’ils suivent celles des 
rayons vecteurs du soleil, et comme les rayons vecteurs 
du globe solaire emploient en moyenne 182 jours, 14 
heures, 54 minutes et 22 secondes pour se porter alter- 


nativement de réquateur aux deux lro|)i(iuei et revenir 
sur l’équateur, il s’ensuit que les deux petites montagnes 
liquides funnées par les pressions solaires emploient le 
temps que je viens d’indiquer pour cette même varia- 
tion dans le Grand Océan et dans la mer des Indes. 

Ainsi qu’on a déjà dû le reconnaître, léchantes mers 
qui ont lieu dans le Grand Océan et la mer des Indes ne 
reiseuiblent pas à celles qui ont lieu dans l’Océan At- 
lantique septentrion il, où se trouvent les ports euro- 
péens, et ne s’eiTeetnent pas de la même manière. 

Les hantes mers ou marées des grandes mers (exem|)tes 
de barrages assez forts pour en entraver séiieuseinent 
la marche occiilentale) circulent librement avec une vi- 
tesse égale aux dé|)lacemeuts occidentaux de la lune et 
du soleil par rapport à la surface des mers ; elles cou- 
vrent ou renversent les petits obstacles qui se présentent 
sur leur passage, et elles jirécèdent régulièrement, à une 
distance de 90 degrés occidentale, les influences qui les 
occasionnent. 

Ainsi donc, en sachant où se trouvent les deux som- 
mets des deux montagnes liquides formées par les deux 
pressions lunaires, (qui produisent les haute.s mers), on 
sait où se tminent les basses mers. Les basses mci-s ont 
lieu aux endi-oits où se trouvent les |)res>ions lunaires; 
elles partagent les distances entre les sommets des mon- 
tagnes. liquides, et, comme les hautes mers, elles ont lieu, 
pour un même pays, toutes les 12 heures, 25 minutes. 


Digilizcd 



14 secundes, qui constiluent la moitié d’un jour lu- 
naire. 

II n’cn est pas ainsi pour les marées des ports que 
baigne le côté oriental de l’Océon Allanliqug septen- 
trional, où se trouvent les ports d’Kurope, car, ainsi que 
je l’ai démontre, et que cela s'elléctue uaturellemcnl, les 
mascarets formés par les pressions lunaires et solaires 
dans rOcéan Allantiqne décrivent des circnils en sui- 
vant parfois la direction de l’astre qui les produit, et en 
revenant ensnile à sa rencontre. 

Tout cela est cause que dans des ports européens il y 
a inégalité entre les temps qu’emploientjes marées pour 
s’élever à leur |)lns grande hauteur et celui qu’elles met- 
tent pour s’abaisser. 

Voici une particularité bien prononcée entre les ma- 
rées deanranils Océans et celles qui ont lieu an côté orien- 
tal de l’Océan Allantiipie qui baigne les ports d’Iiurope, 
et cette particularité mérite attention. 

Dans les grandes mers libres, les mascarets doivent cir- 
culeravec im()étunsilé pendanltout leur parcours, en étant 
constamment poussés d’orient en occident par l’astre 
qui les faitsiirgir, tandis que vers le côté oriental, on se 
trouvent les port.s d’fiuro|)e, la mer doit s’élever paisible- 
ment; elle no doit avancer dans les t«rpes qu’elle envahit 
par sa croissance que par le propre poids des eaux, et 
elle doit redescendre de la même manière. Cela vient de ce 
qnola configuration des terrains dans lesquels se trouve 


12S - 


rOcéan Atlanliquo septentrional imite un grand réser- 
voir, dans lequel sont poussées alternativement des eaux 
en plus ou moins grande quantité à chaque passage des 
pressions lunaiies et solaires dans la zone torride de l’O- 
céan Atlantique, et dont elles en aplanissent la sphé- 
ricité. 

Loreque ces pressions ont passé, et qu’elles portent 
sur le continent d’Amérique ou dans le Giand Océan, la 
zone torride de l’Océan Atlantique reprend son niveau 
sphérique, et les eaux qui ont été poussées vers le nord 
et l’orient de l’Océan Atlantique septentrional redescen- 
dent naturellement par leur poids. 

Dans l’Océan Atlantique on ne peut pas distinguer les 
nombreuses variations des écarts en latitude de^ rayons 
vecteurs de la lune comme dans le Grand Océan 
et la mer des Indes j parce que ces écarts sont 
dénaturés par les deux continents d’Afrique et d’Amé- 
liqie, et surtout par la pointe orientale de l’Amérique 
méridionale, qui divise les eaux des mascarets quand ils 
croisent cette dernière [lointe. 

La variation en latitude des rayons vecteurs du soleil 
et d î la lune ne font qu’augmenter ou dimiuuerla gran- 
deur des marées qui ont lieu dans l’Océan Atlantique 

septentrional, où se trouvent les ])orts européens. 

• . 

Cis augmentations et diminutions viennent, ainsi que 
je l'ai dit, des cbanguneats de position en latitude que 
prennent alternativement les pressions lunaires et so- 


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1:^9 — 


r' 


laires par rapport à la pointe orientale de l'Amériqui 
méridionale, que j’ai appelée le dioiseur des eaux. 

Je conclus donc : que les nombreuses variations qui 
existent dans les écarts en lalituile do la lune ne laissent 
pas de traces dans l’Océan Atlantique septentrional, et 
ces écarts se bornent à faire varier la grandeur îles ma- 
rées qui ont lieu dans celle dernière branche do mer. 

11 n’en est pas do même dans le Grand Océan et la mer 
des Indes, car on a vu (page 120) que le rapproche- 
ment de l’équalcur des rayons vecteurs de la lune pon 
dant la durée d’un Jour lunaire seulement fera rap- 
procher de la ligne équatoriale les deux pressions lu- 
naires de A degrés chacune. 

.* , î. 

Six jours poslérieui's a 1 epoquecilée à cette occasion, 
les deux pressions lunaires se rencontreront et se croise- 
ront sur l’équateur, en s’écartant mutuellement vere les 
plus grandes latitudes où se portent les rayons vecteurs 
de le lune. 

Ainsi jJo suite, tous les 13 jours, 15 heures, 51 mi 
mîtes et 32 secondes, les deux pressions lunaires, ainsi 
que les deux mascarets, se porteront d’un côté à l’autre 
de la zone torride, en se croisant sur l’équateur. 

Par lo temps qui court, les écarts eu latitude des 
rayons vecteurs de la lune par rapport à l’équateur sont 
à peu près de 23 degrés, parce que les nœuds de la luno^ 
concourent en ce moment avec les tropiques. Ces écarts 


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130 — 


iront en augmentant jusqu’à l’année 1876, où ils seront 
d’environ 28 degrés et demi, ainsi qn’on l’a vu (page 53). 
où j’ai indiqué les époques auxquelles la pression lunaire 
s’écartera presque jusqu’à la hauteur de la mer Médi- 
terranée. 

Dans CCS circonstances, la pression lunaire diamétra- 
lement opposée à la lune ne louchera la pointe de l’\- 
friipic méridionale que de la valeur d’environ 5 degrés, 
les deux marées qui, à celle époque, se succéderont à 
12 heures, 25 minutes, 14 secondes d’intervalle, ces 
deux marées, dis-je, circuleront à une distance en la- 
titude de presque toute l’étendue de l’Afrique, c’est à- 
direà une distance de 57 degrés , qui font à peu près 
1,400 lieues. 

A partir de l’année 1876 jusqu evers le milieu de l’année 
1885 (que le nœud ascendant de la lune concourra avec 
l’équinoxe d’automne), les écarts en latitude de la lune 
ne seront plus que d’environ 18 degrés cl demi. Alors 
les plus grandes séparations en latitude des deux pres- 
sions lunaires ne seront plus que d’environ 37 degrés. 

Par la même raison, les deux marées, qui, dans ces 
temps, se succéderont à un intervalle de 12 heures, 25 
minutes et 14 secondes, ne seront plus séparées que 
d’environ 37 degrés pendant les plus grands écarts en 
latitude de la lune. 

A l’appui des nombreux et larges sillons que les pres- 
sions lunaires décrivent dans la zone torride du Grand 


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Océan et la mer des Indes, en moins de 14 Jours (1), il 
faut encore ajouter les petits sillons tracés par les deux 
pressions solaires qui circulent un peu plus vile, lonpi- 
tud nalement, que les deux pressions lunaires, et se dé- 
placent bien plus lentement en latitude (2). 

En faisant la part dos nombreuses ondulations que 
ces diverses pressions doivent faire surpir sur ces gran- 
des mers, en réflécliissant, surtout, que ces perturbations 
doivent continuellement changer de position, on peut sc 
faire uneidéedes avantages qu’on pourrait obtenir par 
la connaissance, par avance, et des endroits et des épo 
ques où ces ondulations et ces courants extraordinaires 
doivent avoir lieu. 

On comprendra, je l’espère, que les connaissances 
des causes de ces diverses perturbations, jointes à la 
pratique des voyages sur les mers, ne peuvent éviter 
d’offrir quelques sécurités aux marins pour effectuer 
leurs voyages à longs cours. 

Ceci étant dit en passant, comme une observation que 
je crois utile, je vais reprendre mes explications à l’égard 
de rOcéân Atlantique , où se trouvent les ports 
d’Europe. 


(1) On a v»i (page 129) ijno les rayons vecteurs de la lune emplolem 
en moyenne 13 jours, 15 heures, 51 minutes, 32 secondes, pour seporlrr 
de l'équaleur à leur plus grande latitude, cl revenir vers l'équateur. 

(2) Pour SC porter alleriiativemenl de l'équaleur vers les tropiques, cl 
revenir vers l'équateur, les deux pressions sulaire* emploient en moycr.n.- 
182 jours, IV heures, 54 minutes et 22 secondes. 


— 132 ^ 


CONTINUATION DES EXPLICATIONS AU SUJET DE LA DEUXlÈitR 
MARÉE QUI AURA LIEU DANS LES PORTS EUROPÉENS A 
PARTIR DU 2fj DÉCEMBRE PROCHAIN 1871, A 3 HEURES, 31 
MINUTES, 23 SECONDES DU SOIR. 

■ On a VU (page 123} que la marée qui aura lieu dans 
les ports d’Euroiie, dans la matinée du 27 décembre 
prochain (et qui dépendra de la pression de la lune 
même), sera beaucoup plus grande que celle qui aura 
lieu dans les mêmes ports 12 heures, 23 minutes, 14 
secondes plus tard. 

J’ai fait connaître (page 1 12) la cause pour laquelle la 
marée antérieure sera beaucoup plus grande que la 
marée postérieure de 12 beures, 25 minutes, 14 se- 
condes; j’aidit, et je le répète, que la véritable cause de 
cette diiïcrence de grandeur de ces deux marées venait 
de ce que la haute mer qui arrivera dans les ports d'Eu- 
rope dans la matinée du 27 décembre prochain 1871 
dépendra de la pre.ssion de la lune même, qui se trouvera 
au nord, par rapport au dimeur des eaux, lorsqu'elle 
traversera l’Océan Atlantique. 

Tandis que la marée qui arrivera immédiatement 
apres dans les ports d’Europe dépendra de la pression 
lunaire diamétralement opposée à la lune, et que, par 
ce fait, celte dernière pression lunaire se trouvera en 
latitude méridionale, par rapport au diviseur des eatm, 
quand elle traversera l’Océan Atlantique. 


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— I3;i — 


J’ai ajouté, et je le maintiens, que, par suite de cette 
position en latitude, la majeure partie de la montagne li- 
quide occasionnée par cette dernière pression lunaire 
sera poussée dans le rivage qui conduit dans le Grand 
Océan et la mer des Indes, et que ce fait est Tunique 
cause pour laquelle la marée postérieure, qui arrivera 
dans les ports d’Europe dans Taprès-midi du 27 dé- 
cembre prochain 1871, sera beaucoup moins grande 
que celle qui, dans les mêmes ports, aura lieu antérieu- 
rement dans la matinée du même jour. 

Pour rendre la vérification de ces faits bien facile à 
faire par toutes les personnes qui en auront la volonté, 
j’ai indiqué (page 112) les époques auxquelles la pre- 
mière de ces deux marées sera à sa plus grande hauteur 
dans les ports de Brest, de Saint-Malo et de Dieppe, et 
voici les instants auxquels aura lieu, dans les mêmes 
ports, la haute mer qui dépendra de la pression lunaire 
diamétralement opposée à la lune. 

Dans le port de Brest, le 27 septembre 1 87 1 ,à 4 heu- 
res, 35 minutes, 14 secondes du soir. 

Dans celui de Saint-Malo, le même jour, à 6 heures, 
53 minutes, 14 secondes du soir, et dans le port do 
Dieppe, également le même jour, mais à 1 1 heures, 1 5 
minutes, 14 secondes du soir. 

Comme ce n’est qu’en moyenne que les hautes mers 
consécutives reviennent dans les mêmes lieux toutes les 
12 heures, 25 minutes et 14 secondes, il pourra exister 


9 


- t:j4 - 


quelques petites diiTérences dans les époques indiquées 
pour les trois ports de Brest^ de Saint-Malo et de Dieppe, 
à l’égard des deux hautes mers qui auront lieu dans ces 
ports dans la journée du 27 décembre prochain 1871, 
mais ces petites diiTérences ne pourront être que de 
quelques miuutes. 

Ainsi done, pour vérifier s’il est vrai, comme je le 
dis, que les diiTérences de grandeur dans les marées des 
ports d’Europe ne dépendent uniquement que des diffé- 
rentes positions qu’occupent en latitude les pressions lu- 
naires et solaires, par rapport au diviseur des eauœ pen- 
dant les passages desdites pressions sur l’Océan 
Atlantique, 

11 suifirâ : r de se rendre, le 27 décembre prochain 
1871 , dans l’un des trois ports que j’ai indiqués, n’im- 
porte lequel ; 

2* D’observer si la marée qui arrivera le matin dans 
ce port sera plus grande que celle qui aura lieu après, 
dans l’après-midi ; 

3° Et enfin, se rendre compte si, pendant la nuit 
précédente, la lune aura passé au zénith du lieu où l’on se 
trouvera. 


A 




Si cela a lieu ainsi, comme j’en suis certain, on saura 
que la première de ces deux marées sera la conséquence 
de la lune même, qui aura passé sur l’Océan Atlantique 
pendant la nuit précédente, et que la deuxième marée 
dépendra de la pression lunaire diamétralement opposée 


t/'t. 


« 


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— 135 - 

à la lune, et qui ne passera sur l’Océan Atlantique que 
quand la lune se trouvera sous l’horizon, au méridien 
ihférienr. 

J’espère que dans l’intérêt du progrès des sciences, et 
surtout dans l’intérêt des navigateurs à long cours, on 
se rendra à mon appel pour vérifier matériellement sur 
la terre si ce que j’avance est vrai ou non. 



— I3r, — 


NOUVELLES BXPLtCATrONS A l’ÉGAKD DES DEUX MAEÉE5 QVl 
PARCOURRONT LE GRAND OCÉAN ET LA MER DES INDES 
DANS l’après-midi DU 26 DÉCEMBRE PROCHAIN 1871 , BT 
DANS LA MATINÉE DU LENDEMAIN 27 DÉCEMBRE (HEURE PE 
paris). 

La première de ces deux marées dépendra de la pres- 
sion lunaire diamétralement opposée à la lune ; elle par- 
courra occidentalement, et par 23 deji;rés de latitude 
méridionale, au début, tout le Grand Océan et la mer des 
Indes, à partir du cûté occidental de l’Amérique méri- 
dionale, au côté oriental de l’Afrique (1 ). 

Par ce parcours (qui sera de 250 degrés en longitude 
et s’effectuera en 17 heures et 15 minutes], le sommet 
de la montagne liquide qui constituera cette marée 
croisera les terrains qui se trouveront sur son passage, 
principalement l’Australie et l’îlc Madagascar. Il arrivera 
vers le côté oriental de l’Australie le 26 décembre pro- 


(I) Pendant que celte première marée aura lieu dans le Grand Océan 
et la mer des Indes, à 23 degrés de latitude méridinnalc, une autre marée 
aura lieu en même temps du côté de la terre diamétralement opposé, soit 
en longitude soit en latitude. 

Le parcours occidental du sommet de la montagne liquide qui coosti- 
luera cette marée sera entravé et dénaturé par les deux continents d'A- 
(rique et d’Amérique; il fera aller et retour, et son parcours se terminera 
vers le côté oriental de l'Océan Atlantique septentrional, où se trouvent las 
ports européens 




chaia 1871, à 7 heures, 55 miaules, 23 secoades du 
soir, par 150 degrés dé longitude est, et 22 degrés de 
latitude méridionale, et il se trouvera vers le côté oriental 
de nie Madagascar le 27 décembre prochain 1871 , à 3 
heures, 7 minutes, 40 secondes du matin, par 45 degrés 
de longitude est, et 21 degrés de latitude méridionale. 

La deuxième de ces deux marées dép3udra de la pres- 
sion de la lune même; elle parcourra occidenlalement, par 
21 degrés de latitude septentrionale, au début, le Grand 
Océan et la mer des Indes, à partir de l’embouchure du 
golfe de Californie (1). 

Par ce parcours (qui sera de 21 0 degrés en longitude, et 
s’effectura en 14 heures et 30 minutes), le sommet de la 
montagne liquide, qui constituera cette marée, croisera 
les terrains qui se trouveront sur son passage et princi- 
palement tout le littoral de la mer des Indes. 


(1) Pendant qne eette deuxième marée aura lieu dans le Grand Océan 
et la mer des Indes, par une grande latitude septentrionale, une autre 
marée aura lieu en même temps du coté de la terre diamétralement op- 
posé en longitude et en lallludc; mais les rontincnls d'Afrique et d'Amé- 
rique riB|iécberont au sommet de la montagne liquide, qui constituera 
cette marcr, de continuer aon parcours occidental, comme cela aurait lieu 
sans ces barrages. 

Les deux continents d'Afrique et d'Amérique dénatureront également 
la position en latitude du sommet de la montagne liquide, car, an lieu 
de rester en latitude méridionale, une partie des eaux de ce mas- 
caret sera poussée vers le cété oriental de l'Océan Atlantique septen- 
trional, oit se trouvent les ports d'Europe, et, par conséquent, à une grande 
thtHude saptenlrionale. 


— 138 — 


Cemêinesommelde la montagne liquide, qui précédera 
le déplacement occidental de la lune, se trouvera : 

1* Vers l’embouchure du golfe de Californie, par <10 
degrés de longitude ouest^ et 21 degrés de latitude sep- 
tentrionale, le 27 décembre prochain 1 87 1 , à 1 heure, 
26 minutes, 37 secondes du matin. 

2* Vers une des iles Philippines, appelée île Lucon, 
par 120 degrés de longitude est, et 20 degrés de latitude 
septentrionale, le même jour, à 1 0 heures^ 26 minutes, 
37 secondes du matin. 

3” Vers le côté oriental de l’Arabie, par 56 degrés de 
longitude est, et 1 9 degrés de latitude septentrionale, 
le même jour, à 2 heures, 51 minutes, 37 secondes du 
soir. 

4* Et enfin vers le côté oriental de la mer Rouge, par 
40 degrés de longitude est, et 1 9 degrés de latitude sep- 
tentrionale. et toujours le même jour, 27 décembre pro- 
chain 1871, à 3 heures, 56 minutes, 37 secondes du 
soir. 

Les positions qu’occuperont, à diverses époques, les 
deux sommets des deux montagnes liquides, qui précé- 
deront les deux pressions lunaires étant connues, je ferai 
rappeler que le déplacement occidental de ces deux mon- 
tagnes liquides s’effectue par une vitesse de 14 degrés et 
49 centièmes de degré par heure, et d’un sixième de 
degré seulement , aussi par heure , en laUtude sep- 


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— 139 — 


tentrionale ou méridionale, suivant où ces latitudes se 
trouvent par rapport à l’équateur. 

J’explique tout cela pour qu’on puisse se rendre compte 
au sujet des endroits où devront se trouver les sommets 
des deux montagnes liquides, dans l’après-midi du 2ü 
décembre prochain 1871, pour celui qui précède le dé - 
placement occidental de la pression lunaire diamétrale- 
ment opposée à la lune, et dans la matinée du 27 dé 
cembre prochain 1871, pour celui qui précédera la pres- 
sion de la lune. 

Pour fournir une preuve de l’harmonie qui existe dans 
les faits que j’avance, et prouver, en même temps, leur 
réalité, je ferai remarquer que, lorsque pendant la pre- 
mière des deux marées en question , le sommet de la 
montagne liquide (qui précédera la pression lunaire 
diamétralement opposée à la lune) arrivera vers un ter- 
rain quelconque,' vers l’Australie, ou vers l'île Mada- 
gascar, ou n’importe vers quel terrain qui se trouvera 
sur son passage, je ferai remarquer, dis-je, qu’il arrivera 
ce qui suit : 

1 ® Que ce terrain aura la haute mer ; 

2 " Qu’il sera 6 heures du matin pour ce pays ; 

3* Que le soleil figurera à l’horizon, au levaht, et la 
lune à l’horizon, au couchant ; 

4® Et enfin, que ce pays aura la saison d’été, et que, 
par ce dernier fait, les habiUmts de ces lieux pourront 
apercevoir le soleil et la lune au-dessus de l’horizon. 


— 140 — 


I 


Six beurea après, ce même pays aura la basse mer, le 
soleil figurera au zénith, et la lune croisera le méridien 
inférieur sous l’horizon. 

Pendant la deuxième de ces deux marées, lorsque le 
sommet de la montagne liquide (qui précédera la pres- 
sion de la lune) se trouvera vers l’un des nombreux ter- 
rains qui font partie du littoral de la mer des Indes, tels 
que la Chine, l’indoustan, l’Arabie, ou n’importe lequel, 
les faits suivants auront lieu : 

1“ Ce terrain aura la haute mer ; 

2* 11 sera 6 heures du soir pour ce pays ; 

3" Le soleil se trouvera du côté du couchant, et la lune 
du côté du levant ; 

4“ Et enfin, ce pays aura la saison d’hiver; et par ce 
dernier fait, les habitants de ces lieux n’apercevront ni 
le soleil, ni la lune, parce que le premier de ces deux 
astres sera couché, et l’autre ne sera pas encore levé. 

Six heures après, ce pays aura la basse mer, la lune 
sera au zénith, et le soleil sc trouvera vers le méridien 
inférieur sous l’horizon. 

Ayant indiqué (pages 136, 137 et 1 38) les époques 
(1 ) et les lieux vers lesquels se trouveront les sommets 
des deux montagnes liquides, qui précéderont les deux 
pressions lunaires pendant les deux marées des 26 et 27 


(1) R ne ftot pas oublier que et«.rpaqaet soat prises ior l*beure 4e 
Pirii. 


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— U1 - 


décembre prochaia, on pourra vérifier si (comme j’en 
suis certain) les choses se passeront de la manière que 
je les ai annoncées. 

Pour faire ces vérifications, il faudra se procurer une 
bonne montre ou un chronomètre marquant bien l'heure 
de Paris, et observer si, aux époques que j’indique, les 
hautes mers se trouveront vers les lieux fixés, et si, à ces 
mêmes époques, le soleil et la lune figureront comme je 
l'annonce par rapport à ces pays. 

Les retours périodiques des pressions lunaires vers 
un point quelconque de la terre, soit en longitude, soit en 
latitude, n’étant qu’en moyenne, il pourra exister quel- 
ques légères diltérences dans les époques et les lieux que 
j’ai prédits au sujet des hautes et basses mers, mais ces 
différences ne pourront être que de quelques minutes, 
et, généralement, plus les choses prédites sont postérieu- 
res, plus il y a d'exactitude dans les faits annoncés d’a- 
vance. 

Je crois que voilà assez des explications pour faire 
comprendre que les marées ne dépendent pas de l’attrac- 
tion, car en voyant les faits n latés dans les notes (pages 
136 et 137, et qui sont d’une vérité incontestable), il y 
aurait vrainnent do quoi faire pitié si les Newtoniens 
persistaient à vouloir faire croire que les flux et reflux 
des mers dépendent d’une puissance attractive. 

Pour continuer à faire accepter cette 6éuue, il faudrait 
supposer nne attraction intelligente, qui se courberait à 



- 142 — 


volonté pour se roiidre plus à l ui icul et plus uu uoixl 
que ne se rendraient naturellement les sommets des mon- 
tagnes liquides formées par les pressions lunaires et so- 
laires, si les barrages des continents d’Afrique et d’A- 
mérique ne forçaient pas ces mascarets à se dévier de la 
voie qui leur est naturellement tracée. 

Ce tour de force dépasserait encore celui qu’a fait 
t ^ Newton en imaginant aux planètes une force de projec- 
tion en ligne droite pour faire concorder les causes avec 
les faits, d'après son système d’attraction. 

En lisant les Annuaires du Bureau des longitudes, pu- 
bliés depuis fort longtemps par des hommes à grands 
talents, on y voit les mêmes moyens employés pour ex- 
pliquer les causes des flux et reflux des mers; on voit 
que les grandes intelligences, qui ont successivement 
publié ces annuaires, ont suivi une profonde ornière 
creusée par le célèbre mathématicien anglais, laquelle 
ornière les a maintenus dans une fausse voie. 

Cette fausse voie les a empêché d’apercevoir celle 
qu’ils auraient pu suivre pour découvrir les véritables 
et principales causes des marées, et, par cette décou- 
verte, ils auraient pu se rendre compte des divers dépla- 
cements qu’effectuent, sur le Grand Océan et la mer ‘des 
Indes, les nombreuses ondulations que font surgir les 
pressions lunaires et solaires. 

Ces perturbations, par leurs continuelles variations 
tn latitude, peuvent être dangereuses jxtur les naviga- 


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— U3 — 


leurs à long cours, faute de connaître par avance les 
époques et les endroits où elles doivent avoir lieu. 

Je crois que ce n’est pas émettre une opinion trop ha- 
sardée en disant que par les connaissances des véritables 
causes des marées, ainsi que des conséquence qui peu- 
venten résulter(surtout dans le Grand Océan et la mer des 
Indes), on éviterait plus des trois quarts des naufrage, 
qui ont lieu sur les mers lointaines . 

Mais, dira-t-on, les Annuaires publiés dans le Bureau 
des longitudes annoncent périodiquement les époques des 
plus grandes marées qui doivent avoir lieu dans le cou- - 
rant de l’année qui suit cette publication. 

A cela je répondrai qu’il est vrai que, par suite de 
nombreuses observations faites dans les ports européens, 
on a des connaissances sur les particularités qui occa- 
sionnent les plus ou moins grandes marées. 

On se base sur les périgées et apogées de la lune et du 
soleil, sur les syzygies et Ira quadratures de la lune, sur 
les plus ou moins grands rapprochements de l’équateur 
soit du soleil, soit de la lune. 

Toutes ces particularités ont plus ou moins d’in- 
fluence pour avoir des plus ou moins grandes marées, 
parce que lorsque le soleil et la lune sont plus rapprochés 
de la terre, leur disque occupant plus de place sur les 
mers, leur pression occasionne des plus fortes ma- 
rées que quand ils sont apogés. 

Comme aussi, quand la lune est en syzygie, les près- 


— 144 — 


sioDs solaireâ et lunaires sont réunies vers le même point; 
elles produisent beaucoup plus d’effet sur la sphéricité 
deJ mers que lors |ue la lune est en quadrature; car, dans 
ces circonstances, les pressions lunaires et solaires sont 
divisées et se neutralisent les unes par les autres. 

Quand la lune et le soleil décrivent l'équateur, leurs 
pressions mutuelles ont plus d'induence, parce qu’elles 
pèsent ensemble et plus directement sur le centre de la 
sphéricité des mers. 

J’ai fait la part de ces diverses influences dans cet 
ouvrage, et on a dû voir que ces particularités concor- 
dent parfaitement avec mon système de pressions lunaires 
et solaires des deux côtés de la terre à la fois. 

Quant aux plus ou moins grands retards des marées 
dans des ports d’Curope, après les passages de la lune 
aux méridiens de ces ports, j’ai fait connaître les véri- 
tables causes de ces faits (page 109 et autres), et les rai- 
sons que j’en ai données ne peuvent pas être révoquées en 
doute. 

Faute d’avoir la moindre notion sur les véritables 
causes de ces retards, les altraclionnaires (qui ont suc- 
cessivement publié des annuaires dans le Bureau des 
longitudes) les ont attribués à l’atlraclion, qui leur sert 
pour tout expliquer, en l'augmentant et en la dimiouaut 
à volonté pour faire concorder les causes avec les faits. 

En admettant que les connaissances qu’on possède 
sur las marées de l’Océan Atlantique (par suite des nom- 


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— 145 — 


breuses observations faites dans les ports européens) 
soient de nature à offrir quelques sécurités aux naviga- 
teurs dans cette branche de mer, cela ne garantit pas 
des dangers que font courir les marées qui ont lieu dans 
le Grand Océan et dans la mer des Indos. 

Ainsi que je l’ai démontré bien des fois dans le courant 
de cet ouvrage, les marées du Grand Océan et de la mer 
des Indes, qui n’ont pas de barrages capables d’entraver 
et de dénaturer leur parcours, ces marées ne sont pas 
du tout de la nature des flux et reflux qui ont lieu dans 
l’Océan Atlantique. 

Par les deux continents d’Afrique et d’Amérique, qui 
servent de bornes aux marées qui ont lieu dans l’Océan 
Atlantique, les montagnes liquides qui constituent ces 
marées sont successivement poussées dans le golfe du 
Mexique, et de là vers le côté oriental de l’Océan Atlan- 
tique septentrional, où se trouvent les ports européens. 

Là se termine le parcours des montagnes liquides, 
qui font aller et retour dans l’Océan Atlantique, et revien- 
nent à la môme longitude qui a marqué leur point de 
départ. 

Dans le Grand Océan et la mer des Indes, les grandes 
et petites montagnes liquides (que font surgir les pres- 
sions lunaires et solaires) circulent occidcntalement, sans 
interruption, avec une rapidité effrayante, en décrivant 
des parallèles qui ne restent jamais aux mômes latitudes. 

Ainsi que je l’ai démontré dans le courant de cet ou- 


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— 14 »; — 


vrage, et ainsi que cola a réellement lieu, les parallèles que 
décrivent les grandes ondulations que font surgir les 
pressions lunaires dans le Grand Océan et la mer des 
Indes s’éloignent considérablement les unes des autres 
en peu de temps, et elles se réunissent ensuite vers l’é* 
quateur, ou elles se croisent mutuellement. 

Ces grandes ondulations, précédées ou suivies par les 
petites, que font surgir les pressions solaires, ne doi- 
vent-elles pas souvent surprendre et faire périr les bâti- 
ments des navigateurs qui, faute de connaître par avance 
les époques et les endroits où ces perturbations doivent 
avoir lieu, se trouvent sur leur passage et en subissent 
les funestes conséquraces ? 

Pour fournir un exemple à cet égard, je citerai ce qui 
pourrait arriver sur le littoral de la merdes Indes, dans 
l’après-midi du 28 décembre prochain, pendant le pas- 
sage d’une marée qui dépendra de la pression de la lune 
et de la pression solaire diamétralement opposée au 
soleil. 

Pour procéder avec ordre, je ferai remarquer que cette 
marée succédera à celle qui aura eu lieu dans le même 
pays, et par les mêmes pressions lunaires et solaires, 24 
heures, 50 minutes et 28 secondes avant. 

Il en sera ainsi parce que la marée intermédiaire, qui 
aura lieu dans le Grand Océan, et qui partagera la durée 
d’un jour lunaire, cette marée circulera à une grande 


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latitude méridionale, et elle ne sera pas aperçue par les 
Indiens. 

Cette particularité (r|ui n’est pas compatible avec l’at- 
traction) est peut-être restée inconnue jusqu’à ce jour ; 
dans tous les cas, elle existe et prouve combien les flux 
et reflux des grandes mers lil)res diiïêrent d’avec ceux 
de l’Océan Atlantique (1). 

Ce qui me fait supposer que les faits que je viens de 
citer sont restés inconnus jusqu’à ce jour, c’est qu'il n’en 
a jamais été question dans aucun des annuaires publiés 
par le Bureau des longitudes, comme aussi, dans l’an- 
nuaire publié pour cette an née 1871, et que j’ai sous les 
yeux, il n’a pas été parlé de la marée du 28 décembre 
prochain, qui aura lieu sur le littoral de la mer des 
Indes. 

Par sa position, cette marée sera une des plus dan- 
gereuses, pour les navigateurs à long cours, de toutes 
les marées qui auront lieu cette année, quand même au 
28 décembre la lune sera apogée. 

En admettant que pendant l’intervalle des 24 heures. 
50 minutes et 28 secondes qui sépareront le; deux pas-- 


(t) Ed liunt les annuaires publies depuis fort longtemps par le Bureau 
des longitudes à l'égard des causes des flus et reflux des mers, les liidieni 
pourraient (sans craindre de porter un jugement téméraire) employer cette 
maxime : 

l'errenr est yronde, lu iVeietonieiw en sont les propAMes. 




— li- 


sages des deux marées des 27 et 28 déc^ubre prochain, 
au nord delà mer des Indes, quelques navigateurs, ve- 
nant de l'équateur, se rendraient dans ces parages, les 
uns dans la mer de Chine, d’autres dans legolfedu Ben- 
gale, et d'autres dans la mer d'Omand. 

En admettant aussi que ces marins ignorassent les 
passages des deux montagnes liquides qui devront suc- 
cessivement avoir lieu, en se suivant de près, dans l'a- 
près-midi du 28 décembre prochain (1), heure de Paris, 
et qui parcourront en quatre heures et demie tout l'espace 
contenu entre Cochinchine et la mer Rouge. 

N’est-il pas à peu près certain que la majeure partie 
des bâtiments de ces Oavigateurs seraient précipités sur 
les cètes d’Asie, et que bon nombre do ces vaisseaux 
feraient naufrage ? 

Dans cette circonstance, les navigateurs qui se trou- 
veraient dans ces parages auraient le même sort que 
beaucoup de marins à long cours doivent avoir subi, 
faute d’avoir connu antérieurement les époques et les en- 
droits auxquels doivent avoir lieu les grandes et petites 
ondulations qui surgissent dans le Grand Océan et la 
merdes Imles, et dont les parallèles qu’ils décrivent va- 
rient constamment. 


(1) Ce qui est fort probable, puisque jusqu'à ce jour il n'y a pas eu 
des règles qui établissent les variations en latitude des diverses ondula- 
tions qui ont lieu sur le Grand Océan et la mer des Indes, et qui sont le* 
conséquences des pressions lunaires et solaires. 


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La que^liuu que je traite ne pouvant qu'être utile à 
l’humanité, j’espère qu’on cherchera à l’approfondir . 
car il y a urgence d’arrêter autant que possible les dé- 
sastres qui ont journellement lieu sur les mers. 

Bon nombre de hardis explorateurs dans les mers 
lointaines n’ont pas reparu, faute d’avoir été suffisam- 
ment renseignés sur les nombreuses perturbations qui 
ont lieu sur les mers et dont les. parcours varient cons- 
tamment. 

Faute d’avoir connu les véritables causes de ces per- 
turbations, on a complètement ignoré les lignes qu’elles 
suivent sur les grandes mers libres, et les marins sont 
restés exposés à en subir les funestes conséquences. 

En attendant qu’on vériGe et qu’on approfondisse les 
faits que j’avance, j' affirme que du 24 au 28 décembre 
prochain il n’y aura qu’une marée par jour dans la mer 
septentrionale des Indes, et voici ce qui se passera à l’é- 
gard de celle du 28 : 

I 

Le sommet d’une montagne liquide venant du Grantl 
Océan, et qui précédera le déplacemeut occidental de la 
pression de la lune, arrivera vers le côté oriental de 
Annam (où se trouve Cxichinchine), le 28 décembre 
prochain, à midi, 1 1 minutes, 20 secondes (heure de 
Paris), par 107 degrés de longitude est, et 16 degrés de 
latitude septentrionale. 

Cette montagne liquide sera précédée de 1 heure trois 
^quarts par un mascaret dépendant d’une 'pression so- 



— 150 — 


lairu diamélralei^cnt opposée au soleil, et qui circulera 
par 22 degrés et demi dé latitude septentrionale. (1) 

Les deux sommets de ces deux monlacines liquidesoc- 
cuperont une latitude de 7 degrés et demi, laquelle la- 
titude correspondra avec les bords des mers, et s’étendra 
au large à près de deux cents lieues. 

La rapidité avec laquelle ces deux ondulations circu- 
leront occidentalement leur permettra de franchir la dis- 
tance contenue entre Cocliinchine et la mer Rouge, 
en 4 heures 36 minutes. 

Ainsi, qu’on apprécie les dangers auxquels seraient 
exposés les bâtiments qui, pendant le passage de ces fou- 
droyantes ondulations, se trouveraient, par 16 ou 17 
degrés de latitude septentrionale, soit dans la mer de la 
Chine, soit dans le golfe du Bengale, soit dans la mer 
d’Omand, il est certain que ces vaisseaux seraient tous 
précipités contre les côtes orientales de ces mers, et que 
la majeure partie ferait naufrage. 

J’ai dit plus haut que la question que je traite ne 


(1) Le maitcarct dcpeiidant d’une pression solaire précédera celui dc- 
pendanl d’uno pression lunaire, et il circulera par une plus grande latiUide 
seplejilrionale, parce que depuis l'époque de la sytjgie, où ils se trou- 
Teronl ensemble, le masrarct solaire aura dépassé, oceidentalcmenl cl lon- 
gitudmalcment, le mascaret lunaire, de la valeur dç 25 degrés, et il sera 
resté en retard de déplarcmcnl, en latitude, de la valeur de 7 degrés et 
Ueoû. 


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— 151 — 


peut qu’être profitable à rbumaiiitu, parce qu’elle Fera 
connaître une puissance extraordinaire qui étonnera 
beaucoup et dont on i)ourra tirer quelques avantages. 

Par ces motifs, j’ose esjièrer que, dans l’intérêt du 
prngrès'des sciences, et surtout dans celui de la sécurité 
de la navigation^ mes citations auront de l’écho , et 
seront prises en considération. 

Vienne (Isère), le 15 août 1871. 


Antoine DERYAUX 



I- 


ERRATA. 


Page 18, ligne 18*, lisez: Urams, au lieu de Uranie, 

Page 37, ligne 14*, lisez : jusqu’à ce jour, au lieu de 
jusqu’à ces jours. 

Page 45, ligne 22% lisez: Il faudrait que'la main 
pressât beaucoup plus fort, au lieu que la main presse 
beaucoup plus fort. 

Page 51, ligne 2% la virgule (,). au' lieu d’être mise 
après le mot flux, doit être mise après le mot reflux. 

Page 66, ligne 4', lisez : page 64, au lieu de page 65. 

Page 67, ligne 26', lisez : page 64, au lieu de page 6b. 




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TABLE 


131£S MA.TIKRBS. 


Préface 5 

Dissertation sur les deux forces opposées, connues 
sous les noms de force centrifuge et force cen- 
tripète !) 

Classification des corps célestes lô 

Dissertation sur la nature des corps célestes, con- 
nus sous le nom de comètes, 17 

Explication sur ce qui a fait croire que le soleil 
n'est pas un astre de première classe. ... 21 

Indication des positions qu’occupent les corps cé- 
lestes les uns par rapport aux autres. ... 2 1 

Dissertation sur les mouvements des centres de 
gravité autour de leur supérieur 27 

Découverte de la véritable cause des flux et 
REFLUX des mers BASÉE SUR LA FORCE CENTRIFUGE 
DES CORPS, CONTRADICTOIREMENT AU SYSTÈME d’aT- 
THACTION. 

Dissertation sur les particularités des flux et reflux 
des mers. 37 




k 


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Indications des causes primitives des flux et reflux 
des mers, . 44 

I 

Dissertations sur les courants des montagnes li- 
quides qui auraient lieu d’orient en occident, 
sans interruption, si les mers n’étaient pas bar- 
rées par les continents d'Afrique et d’Amé- 
rique 47 

Explication des causes pour lesquelles les petites 
mers intérieures n'ont pas de flux et reflux, et 
indication de l’influence que peut avoir la lune 


sur la mer Adriatique 51 

Dissertation sur les différentes natures des marées. 58 


Classification des positions cju’occuperont sur la 
terre, à un momentdonné, lesdeux pressions lu- 
naires, ainsi que les deux mascarets ou monta- 
gnes liquides, formés par lesdites pressions. . . 61 

Indication des déplacements qu'effectueront les 
deux mascarets, ou mortagnes liquides, à partir 
du 11 se|)tcmbre prochain 1871, à 2 heu- 
res et 20 minutes du soir 60 

Indication du parcours occidental d’un seul masca- 
ret pendant 24 heures, 50 minutes et 28 secondes, 
qui est la durée moyenne d’un jour lunaire. . . 74 


Dissertation au sujet des deux pressions solaires. 70 
Indication d'un fait inconnu jusqu’à ce jour et pro- 
duit par une chose que j’ai appelée le diviseur 
des eaux 82 

Dissertation sur les conséquences du diviseur des 
eaux à l'égard des variations de la grandeur des 
marées dans les ports européens fi*! 


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— i:.:. — 

Indication de la cause pour laquelle les plus gran- 
des marées, dans les ports européens, sont géné- 
ralement celles qui ont lieu environ 36 heures 

après les syzygies 91 

Démonstration du parcours de la pression de la lune 
autour de la terre, ainsi (}ue de celle de la mon- 
tagne liquide qui précédera cette pression dans 
son déplacement occidental, à partir du 26 dé- 
cembre prochain 1871, à 3 heures, 31 minutes, 

23 secondes du soir 106 

Indication du parcours de la pression lunaire dia- 
métralement opposée à la lune, ainsi que celui 
de la montagne liquide qui précédera cette 
pression lunaire, à partir du 26 décembre pro- 
chain 1871, à 3 heures, 31 minutes et 23 secondes 

du soir 111 

Démonstration des déplacements des deux pres- 
sions lunaires, ainsi que de leurs deux masca- 
rets, à partir du27 décembre prochain, à 3 heures, 

56 minutes, 37 secondes du matin 119 

Dissertation sur les écarts en latitude des rayons 

vecteurs du soleil et de la lune 125 

Continuation desexplications au sujet de la 2“* ma- 
rée qui aura lieu dans les ports européens, à 
partir du 26 décembre prochain 1871, à 3 heures, 

31 minutes, 23 secondes du soir 132 

Nouvelles explications à l’égard des deux marées 
qui parcourront le Grand Océan et la mer des 
Indes dans l’après-midi du 26 décembre pro- 
chain 1871, et dans la matinée du lendemain 27 
décembre (heure de Paris)' . ^ 136 

Errata. . . ■ 1.52 




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